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3 QUESTIONS À... : AVRIL 2013





1/ Comment définissez-vous le concept de fragilité ?

Initialement élaboré en géronto-gériatrie, le concept de fragilité désigne un état précurseur de la dépendance fonctionnelle chez les personnes âgées. Parmi les différentes approches qui existent pour repérer et mesurer la fragilité, nous avons retenu le modèle de Fried. En restreignant son envergure à la seule dimension fonctionnelle, ce modèle reposant sur cinq critères physiologiques (fatigue, diminution de l’appétit, faiblesse musculaire, ralentissement de la vitesse de marche) permet de distinguer la fragilité des comorbidités et de l’incapacité. Ce modèle nous apparaissait ainsi plus opérationnel pour cibler les populations suffisamment en amont de la dépendance, et, étant réversible, rendre la prévention efficace.

2/ Quels sont les grands axes de recherche développés à l’Irdes à partir de cette nouvelle mesure ?

La recherche sur la fragilité à l’Irdes s’inscrit dans le champ de l’économie de la santé ; il s’agit de créer un « pont » entre l’approche clinique du paradigme médical et l’analyse économique. Dans ce cadre, l’approche de la perte d’autonomie s’intéresse particulièrement aux causes et conséquences économiques et sociales du processus de fragilisation des personnes âgées et aborde des enjeux tant en termes de protection sociale que d’efficacité du système de soins. Le premier axe de recherche développé à l’Irdes porte sur les déterminants socio-économiques de la fragilité des 50 ans et plus, à partir des données de l’Enquête sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe (SHARE) et de l’Enquête santé et protection sociale (ESPS) 2012. Les résultats préliminaires montrent que le processus de fragilisation s’accompagne de difficultés financières. Le deuxième axe porte sur la consommation de soins des personnes fragiles afin de mieux connaître leurs comportements de recours aux soins. Le troisième axe, enfin, pose la question de la fragilité comme déterminant de la souscription d’une assurance dépendance privée. Ainsi élargi au-delà de sa dimension clinique, le concept de fragilité permet de mieux comprendre la formation du processus de perte d’autonomie dans des aspects socio-économiques, jusqu’alors assez peu pris en compte par les études.

3/ Quel intérêt présente l’approche par la fragilité pour les questions de santé publique et de solidarité ? Comment ce concept peut-il être mobilisable ?

Dans un contexte global de vieillissement de la population, l’évolution de la santé de ces populations vieillissantes est une préoccupation majeure des décideurs politiques. De récents travaux indiqueraient effectivement une expansion des incapacités sévères chez les 50-64 ans. Un des principaux leviers d’actions envisagé pour infléchir cette tendance consiste à mettre en œuvre une politique de prévention efficace. Les enjeux sont d’ordres sanitaire et économique : prolonger les années de vie en bonne santé et assurer la soutenabilité du système de protection sociale tant dans sa dimension vieillesse et autonomie que du côté de l’Assurance maladie. A ce titre, le concept de fragilité offre un potentiel intéressant en termes de connaissance du processus de perte d’autonomie. Mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à l’incapacité sévère permettrait, d’une part, de détecter plus tôt les personnes à risques de dépendance, d’autre part, de prendre en compte de nouveaux facteurs de risques, et, enfin, d’élargir l’action au-delà du système de santé en analysant le rôle des déterminants socio-économiques dans le processus de perte d’autonomie.


Propos recueillis par Anne Evans

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16 avril 2013