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3 QUESTIONS À... : DECEMBRE 2011





3 questions à... Caroline Desprès et Paul Dourgnon à l’occasion de la sortie de deux Questions d’économie de la santé consacrés au renoncement aux soins, l’un d’un point de vue socio-anthropologique (QES n° 169 d’octobre 2011), l’autre économétrique (QES 170 de novembre 2011).

1/ Comment définissez-vous le concept de renoncement aux soins ?

Le renoncement aux soins a pour objet d’identifier les besoins de soins ressentis (ou exprimés) non satisfaits, c'est-à-dire une absence de soins nécessaires du point de vue du patient. De plus en plus mobilisé dans les enquêtes et le débat publique comme indicateur de difficultés d’accès aux soins, ce concept n’avait jusqu’alors pas fait l’objet d’un travail méthodologique qualitatif ou quantitatif. L‘approche socio-anthropologique, réalisée à partir d’entretiens semi-directifs, permet de préciser le sens que recouvre pour les personnes la déclaration d’un renoncement. Elle confirme l’intérêt de la mesure du renoncement pour raisons financières afin d’étudier l’accès aux services de santé. Elle souligne également que les raisons du renoncement, bien qu’articulées autour des motifs financiers, les dépassent. Elle distingue en particulier deux formes principales de renoncement aux soins qui, souvent, se combinent : le renoncement-barrière et le renoncement-refus. Le premier est clairement exprimé par les enquêtés comme l’impossibilité d’accéder à des soins en raison de contraintes budgétaires. Le second exprime un refus qui relève d’un acte d’autonomie à l’égard de la médecine conventionnelle, comme le recours à l’automédication par exemple. L’approche économétrique du renoncement pour raisons financières confirme également l’intérêt de cette mesure et son lien avec l’accès aux soins.

2/ Sur quels soins se concentrent les renoncements et quelles sont leurs conséquences sur l’état de santé ?

Selon les résultats de l’enquête Santé et protection sociale (ESPS), en 2008, le renoncement aux soins pour raisons financières sur les douze derniers mois concerne 15,4 % de la population adulte en France. Les barrières financières se concentrent surtout sur les soins dentaires (10 %), devant la lunetterie (4,1 %) et les consultations de médecins, généralistes et spécialistes confondus (3,4 %). Il s’agit des soins pour lesquels la couverture de l’assurance maladie obligatoire est la moins importante et qui, en outre, peuvent faire l’objet de dépassements ou d’honoraires libres. Le renoncement aux soins n’est pas neutre pour l’état de santé car les soins abandonnés ne sont pas tous superflus. Nous montrons, pour les soins dentaires, que renoncer entraîne une dégradation de l’état de santé déclaré à quatre années d’intervalle.

3/ Quels sont les principaux facteurs de renoncement aux soins ?

Le renoncement n’est pas indépendant de la situation sociale, au contraire, il permet d’identifier des situations d’inégalités sociales dans l’accès et le recours aux soins. Ainsi, le niveau de revenu, le prix des soins quand il n’est pas régulé et la couverture complémentaire jouent sur le renoncement. Les personnes sans complémentaire ni CMU-C (7 % des personnes interrogées) renoncent deux fois plus que les autres. De plus on observe un rôle très fort de la précarité dans le renoncement aux soins. Par précarité, nous entendons difficultés financières, périodes d’inactivité ou de chômage, d’isolement, d’absence de logement fixe, craintes de perdre son emploi… Les situations de précarité, actuelles, passées ou anticipées par les individus jouent de façon cumulée sur le renoncement, même lorsque les autres facteurs déjà évoqués sont pris en compte. Or il est important de noter que la précarité n’est pas un phénomène marginal, mais qu’elle touche, à des degrés divers, des pans de plus en plus larges de la population.

Propos recueillis par Anne Evans

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13 décembre 2011