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3 QUESTIONS A... : FEVRIER 2012





1/ L’état de santé et le recours aux soins des immigrés diffèrent-t-ils de ceux des Français ?

Cette synthèse des travaux français publiés depuis une trentaine d’années souligne l’existence de disparités d’état de santé et d’accès aux soins entre les populations française et immigrée. De meilleur, l’état de santé des immigrés est devenu moins bon que celui des Français : en 1980 et 1990, quels que soient l’âge et le sexe, les étrangers apparaissaient en meilleure santé, avec un vieillissement retardé de respectivement 1,6 et 1,2 an. Or en 2000-2002, la tendance s’inverse : on constate un vieillissement prématuré des étrangers, de 0,3 an. Si ces résultats ne prennent pas en compte la situation économique et sociale des immigrés, différentes enquêtes confirment leur moins bon état de santé perçu toutes choses égales par ailleurs. Cette situation peut témoigner d’une dégradation de la santé des immigrés à mesure que leur durée de résidence s’accroît sur le territoire.

Ces différences sont plus marquées chez les immigrés de première génération – notamment ceux originaires d’Afrique du Nord –, et elles sont également plus notables chez les femmes. En outre, certains travaux soulignent la diversité des situations selon le pays d’origine : globalement, les immigrés originaires d’Europe du Nord et d’Afrique subsaharienne bénéficient d’un meilleur état de santé que ceux originaires d’Europe du Sud et d’Afrique du Nord. Enfin, des inégalités en matière de recours aux soins viennent confirmer ces inégalités d’état de santé : à besoins de soins équivalents, les immigrés recourent moins souvent au généraliste et au spécialiste.

2/ Comment expliquer ces disparités ?

Ces disparités s’expliquent de multiples manières : si des phénomènes de sélection liés à la migration permettent d’expliquer le meilleur état de santé initial des immigrés – seuls les individus initialement en bonne santé sont les plus aptes à migrer –, une série de facteurs contribuent toutefois à la dégradation de leur état de santé dans la durée et au moindre recours à la médecine de ville.

D’une part, leur situation économique fragilisée dans le pays d’accueil : en effet, on sait que les conditions socio-économiques (niveau d’éducation, position sociale, revenus, accès à l’emploi…) figurent parmi les principaux déterminants sociaux de la santé. Ainsi, les différences de revenu et de profession et catégorie sociale (PCS) entre les populations immigrée et française de naissance expliquent respectivement 42,5 % et 16 % des disparités de santé perçue. A cela s’ajoutent des difficultés d’accès à la complémentaire : en France, 35 % des immigrés étrangers et 20 % des immigrés naturalisés n’y ont pas accès, contre 7 % des Français de naissance. Enfin, la perte de lien social et l’exclusion sociale sont des facteurs pouvant expliquer les disparités entre les populations française et immigrée. La migration peut entraîner d’importantes difficultés liées à l’insertion dans un nouvel environnement. En outre, la moindre connaissance du système et des filières de soins ou la moindre maîtrise de la langue peuvent être des obstacles à l’accès et contribuent à détériorer l’état de santé des immigrés.

3/ Au vu de ces constats, quels types d’action pourraient être envisagés en matière de santé publique ?

Ces résultats plaident pour le développement de politiques de santé publique adaptées afin d’améliorer l’état de santé et l’accès aux soins des populations d’origine étrangère. Plusieurs types d’action sont possibles : d’une part, la mise en place de programmes spécifiques de prévention et d’éducation à la santé afin d’aider les immigrés à exercer un plus grand contrôle sur leur santé et les orienter plus facilement vers les dispositifs de santé appropriés ; d’autre part, développer des actions de proximité ciblées visant à renforcer l’insertion sociale de ces populations ; enfin, il convient de simplifier l’accès aux droits à l’Aide médicale d’Etat (AME) et à la Couverture maladie universelle (CMU) afin de favoriser l’accès aux soins de toutes les personnes démunies vivant en France.

Propos recueillis par Anne Evans

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7 février 2012