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3 QUESTIONS À... : JUILLET 2011





1/ Quels sont les objectifs principaux du projet Epidaure-CDS ? Comment cette recherche a-t-elle été menée ?

Le projet Epidaure-CDS a pour objectif principal d’analyser la spécificité des centres de santé (CDS) dans l’offre de soins et de déterminer s’ils jouent un rôle particulier dans la réduction des inégalités sociales de santé, notamment en facilitant l’accès aux soins primaires des personnes en situation de précarité ou de vulnérabilité sociale. A l’initiative de la Fédération nationale des centres de santé (FNCS), ce projet a été réalisé en partenariat avec le Centre d’examen de santé de la Caisse primaire d’assurance maladie de Seine-Saint-Denis.

Le travail présenté dans ce Questions d’économie de la santé (QES) cherche à mesurer en quoi la population recourant aux médecins généralistes exerçant dans ces CDS se distingue de la population générale en termes socio-économiques, démographiques, d’état de santé et de précarité sociale. Il s’agit également de déterminer dans quelle mesure ces CDS se rendent accessibles aux populations précaires et vulnérables. Pour ce faire, il repose sur une enquête sociodémographique réalisée auprès de plus de 10 000 patients majeurs ayant recouru à la médecine générale et/ou à l’omnipratique dentaire, dans 21 CDS médicaux et polyvalents volontaires et adhérant à la FNCS.

Cette enquête constitue l’un des quatre modules de recherche du projet, les trois autres portant sur la caractérisation de l’implantation géographique des CDS et de la population desservie, les modalités d’organisation des CDS et la consommation de soins ambulatoires des personnes recourant aux CDS.

2/ Le niveau de précarité des patients recourant à la médecine générale en CDS a été évalué au moyen du score Epices. Qu’apporte cette nouvelle mesure à la compréhension de l’état de santé et du recours aux soins ?

Le score Epices (Evaluation de la précarité et des inégalités de santé dans les centres d’examens de santé), développé par le Centre technique d’appui et de formation des centres de santé (Cetaf), est une mesure individuelle de la précarité ou de la vulnérabilité sociale. Variant de 0 pour une absence de précarité à 100 pour une précarité maximum, il repose sur 11 questions tenant compte des dimensions matérielles et psychologiques de la précarité. Celle-ci est donc appréhendée au-delà des seuls critères socio-administratifs tels que l’attribution de minima sociaux. Aussi, la dimension continue du score Epices permet-elle d’analyser la précarité selon un continuum et non plus uniquement en opposant une population « non précaire » à une population « précaire », c’est-à-dire ayant un niveau de score supérieur à un seuil théorique.

Nous avions précédemment montré que ce score, utilisable dans des enquêtes en population générale, reflète bien plus qu’une précarité monétaire en décrivant mieux les liens entre précarité et état de santé, facteurs de risque, recours aux soins et vulnérabilité sociale qu’une précarité approchée par le revenu (Rapport Irdes n° 1800, 2010). Notre travail montre que la probabilité de se déclarer en bonne santé diminue à mesure que le score Epices augmente, toutes choses égales par ailleurs, et que l’intensité du recours à la médecine générale est plus élevée dès lors que le score est élevé.

3/ Quel est le profil des personnes recourant aux CDS en médecine générale par rapport à l’ensemble de la population consultant en médecine générale ? Les CDS de l’étude Epidaure prennent-ils en charge une population plus précaire ?

Comparativement à l’ensemble de la population recourant à la médecine générale, les patients recourant aux CDS de l’échantillon sont plus fréquemment des femmes et en moyenne légèrement plus jeunes. Ils sont moins diplômés, plus souvent inactifs et, parmi les actifs, plus nombreux à travailler à temps partiel, souvent sans l’avoir choisi. Les bénéficiaires d’une assurance maladie complémentaire, en proportion moins nombreux, ont plus fréquemment la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). Les personnes recourant à la médecine générale en CDS présentent également un état de santé plus dégradé.

Le score Epices est en moyenne plus élevé parmi les patients recourant aux CDS de l’échantillon qu’en population générale. Cet écart s’accroît dès lors qu’on considère des classes du score plus élevées. En tenant compte des caractéristiques sociodémographiques et d’état de santé, nous montrons aussi que le niveau du score et la probabilité d’être en situation de précarité demeurent plus élevés pour les patients recourant aux CDS. Enfin, la sur-précarité chez les personnes recourant à la médecine générale en CDS se concentre essentiellement chez les bénéficiaires d’une assurance maladie complémentaire autre que la CMU-C.

Propos recueillis par Anne Evans

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5 juillet2011