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3 QUESTIONS À... : JUIN 2010





1/ Comment se distribuent les dépenses en soins de ville des asthmatiques ?

Grâce à l’appariement des données d’ESPS 2006 avec celles de l’Assurance maladie, nous avons pu, pour la première fois, identifier les patients asthmatiques et affecter leurs dépenses médicales à l’asthme ou non. Selon nos résultats, en 2006 en France, la dépense totale des soins de ville des asthmatiques s’élève en moyenne à 1 605 € par an contre 1 100 € pour les non-asthmatiques, soit une fois et demie plus élevée.

Les soins liés à l’asthme lui-même coûtent en moyenne 331 € par asthmatique, parmi lesquels les médicaments forment le premier poste, soit les deux tiers (227 € en moyenne par an et par asthmatique). Parmi les médicaments liés à l’asthme, les antiasthmatiques « purs » (ß2 mimétiques et corticoïdes inhalés) additionnés aux corticoïdes oraux comptent pour 65 %, soit 148 €, loin devant les traitements additionnels (antileucotriènes et autres : 26 €) et les adjuvants (antiallergiques, antibiotiques, vaccins : 53 €). Néanmoins, la dépense est plus ou moins concentrée selon les classes thérapeutiques. Par exemple, les associations fixes de corticoïdes inhalés et de ß2 mimétiques de longue durée d’action constituent la dépense la plus forte (94 € par asthmatique) et concernent 29 % des asthmatiques alors que les traitements adjuvants en concernent moins de la moitié (14,5 %).

Par ailleurs, c’est le médecin généraliste qui se trouve en première ligne avec 44 € en moyenne de consultation par an et par asthmatique liés à l’asthme ; 60 % des asthmatiques ont eu au moins une prescription pour asthme de leur part. Par contre, seuls 10 % de l’ensemble des asthmatiques et 12,5 % des asthmatiques dont les symptômes ne sont pas contrôlés ont consulté un pneumologue de ville en 2006, malgré des recommandations de bonne pratique indiquant l’avis de ce spécialiste au moins une fois par an.

2/ Pourquoi à votre avis ?

Les dépenses médicales globales plus élevées des asthmatiques sont dues bien sûr aux soins liés à l’asthme mais également à un état de santé global vraisemblablement plus fragile. En effet, les asthmatiques souffrent notamment de maladies plus fréquentes chez eux, dont les rhinites allergiques, l’eczéma, le reflux gastro-œsophagien, mais aussi la dépression et l’obésité, résultat déjà trouvé sur nos données de 1998.

Par ailleurs, le niveau de contrôle des symptômes joue aussi sur la dépense. Si quatre asthmatiques sur dix sont contrôlés, du fait d’un asthme intermittent ou d’un traitement bien adapté, six sur dix présentent un contrôle insuffisant. Pourtant, leur dépense liée à l’asthme est plus importante, 1,6 fois globalement (385 € versus 246 € en cas de contrôle) et 1,4 fois pour les seuls médicaments (256 € versus 181 €). Mais ce traitement reste insuffisant ou inadapté, voire inexistant : 32 % d’entre eux n’ont acquis aucun médicament antiasthmatique dans l’année et 38 % aucun traitement de fond alors qu’il est indiqué pour tous ces patients.

Face à cette diversité des situations cliniques, il existe donc des marges de manœuvre thérapeutique en termes médicamenteux. Il n’en reste pas moins que certains asthmatiques sévères sont déjà aux limites de l’arsenal thérapeutique. Depuis 2006, l’arrivée de nouvelles molécules sur le marché a pu améliorer la qualité de vie d’une partie d’entre eux. Une meilleure prise en charge ambulatoire permettrait d’améliorer la qualité de vie des asthmatiques et éviterait des exacerbations aigües pouvant entraîner des hospitalisations coûteuses, voire des décès.

N’oublions pas, quel que soit le patient, la gestion des mesures environnementales et le traitement des causes allergiques, ainsi que l’intérêt de la mesure du souffle et de l’éducation thérapeutique pour un suivi optimal de l’asthme.

3/ Quels prolongements voudriez-vous donner à cette étude ?

Grâce à nos données, nous avons démontré qu’il existe des inégalités sociales en termes de prévalence et de niveau de contrôle de l’asthme. Or les médicaments antiasthmatiques sont d’un coût d’autant plus élevé qu’ils ne sont pas entièrement remboursés.

Ainsi, l’aboutissement de notre travail consiste à mesurer de manière plus précise les répercussions économiques d’une prise en charge adaptée de l’asthme selon les normes internationales. Qui sont les patients les plus éloignés des ces normes ? S’agit-il des catégories sociales les moins favorisées ? Quel serait le coût engendré par une première étape de gestion de la maladie selon le GINA 2006 ? Quel en serait l’effort financier associé et sur qui pèserait-il le plus ?

Propos recueillis par Anne Evans

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8 juin 2010