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3 QUESTIONS À... : JUIN 2012





3 questions à... Catherine Pollak suite à la parution de son document de travail n° 45 intitulé « Employed and Happy despite Weak Health ? Labour Market Participation and Job Quality of Older Workers with Disabilities » (En emploi et heureux malgré une santé fragile ? Participation des travailleurs âgés au marché du travail et qualité du travail)

1/ Dans quels pays européens les travailleurs âgés atteints d’incapacités se maintiennent-ils majoritairement en emploi ? Pourquoi ?

Les seniors ayant des incapacités sont plus nombreux à se maintenir en emploi dans les pays nordiques (Suède, Danemark) et en Suisse. Leurs taux d’emploi sont intermédiaires dans les pays continentaux (Allemagne, Pays-Bas) et faibles en France, en Belgique, en Autriche et dans les pays méditerranéens (Espagne, Italie). Il est frappant de constater que les pays nordiques réussissent davantage à maintenir ces travailleurs en activité malgré des dispositifs plus généreux d’incapacité (en termes d’accès, de niveaux des prestations et de leur durée). De plus, ce maintien en emploi n’est pas mal vécu par les seniors concernés : dans ces pays, les travailleurs seniors se déclarent aussi plus satisfaits de leur travail. Il y a plusieurs explications à ces bonnes performances : d’une part, les conditions favorables du marché du travail (et notamment un faible taux de chômage) et les politiques actives de l’emploi (telles que la formation continue) bénéficient aussi aux personnes ayant des incapacités. D’autre part, dans les pays qui ont mis en œuvre des politiques volontaristes pour l’emploi des seniors, les entreprises ont dû adapter leurs pratiques à une main-d’œuvre vieillissante plus susceptible d’avoir des problèmes de santé.

2/ Quels sont les principaux facteurs de leur motivation à rester actifs ?

Du côté de l’offre de travail des seniors, la motivation à se maintenir en emploi s’explique principalement par la situation du conjoint, l’état de santé perçu, la distance à la retraite et la qualité du travail. Ainsi, les seniors ne sont pas seulement sensibles aux incitations financières (telles que le salaire et le niveau anticipé de la pension de retraite) mais prennent aussi leurs décisions en fonction des aspects non pécuniaires de leur travail. A ce stade, ce ne sont pas tant les aspects objectifs de l’emploi qui comptent le plus (statut, profession, taille de l’entreprise, temps de travail) mais plutôt la satisfaction vis-à-vis du contenu, des perspectives et de l’environnement de travail. Alors que la satisfaction à l’égard de l’emploi explique fortement le maintien en emploi des seniors en général, les seniors en incapacité sont quant à eux très sensibles aux conditions de travail psycho-sociales. On constate en effet que les seniors ayant des incapacités sont plus susceptibles de se maintenir en emploi lorsque leurs efforts sont compensés par des récompenses monétaires et non monétaires (reconnaissance, sécurité, perspectives d’avancement, latitude décisionnelle, soutien social, etc.).

3/ Quels enseignements tirer de cette comparaison européenne en matière de soutien à l’emploi des seniors ?

La comparaison européenne montre qu’il y a une marge importante pour accroître les taux d’emploi des seniors dans les pays méditerranéens, y compris pour les seniors ayant des problèmes de santé modérés. Les pays réussissant à intégrer cette main-d’œuvre sur le marché du travail sont aussi ceux où les seniors ont – toutes choses égales par ailleurs – plus de chances d’avoir un emploi de bonne qualité. Il est donc possible d’intégrer cette main-d’œuvre sur le marché du travail, et cela tout en ayant des niveaux de satisfaction élevés, à condition de lui offrir un environnement de travail favorable. En termes de recommandations de politiques publiques, il ressort que les incitations financières et la sécurité de l’emploi ne sont pas suffisantes si l’on souhaite maintenir en emploi une main-d’œuvre vieillissante. Il est au moins aussi important de promouvoir le développement des compétences, la latitude décisionnelle et la reconnaissance au travail. Dans cette perspective, on peut s’inspirer des pays qui ont mis en place des politiques actives de l’emploi favorisant la formation continue, les mobilités et les aménagements flexibles du temps de travail en fin de carrière.

Propos recueillis par Anne Evans

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8 juin 2012