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3 QUESTIONS À... : MAI 2012





3 questions à... Michel Naiditch à l’occasion du Questions d’économie de la santé à paraître très prochainement et comparant les politiques d’aide aux aidants des personnes âgées dépendantes en Europe.

1/ Pourquoi, en matière de dépendance, la politique d’aide aux aidants émerge-t-elle en Europe dans les années 1990 ?

Cette nécessité s’impose lorsque la crise financière et économique met à jour la difficulté des systèmes de protection sociale à financer l’aide professionnelle dont l’aide informelle contribue à atténuer le montant. Ceci se produit aussi bien dans les pays (dont la France et l’Allemagne) où l’aide professionnelle a commencé à se mettre en place dans les années 1990-2000, que dans ceux (pays scandinaves et Pays-Bas) où cette politique date des années 1960-1970. C’est aussi le moment où le maintien à domicile des personnes âgées est privilégié à l’institutionnalisation pour des raisons économiques et de préférences des personnes âgées et de leur famille. Ces orientations impliquent un plus fort recours à l’aide informelle alors que sa disponibilité commence à être remise en question par les évolutions au sein de la famille et de la société. S’assurer de sa pérennité est jugé d’autant plus urgent que le besoin d’aide va s’allonger en raison de l’augmentation de l’espérance de vie et que les aidants vont être sollicités plus longtemps en raison du recul de l’âge de la retraite.

2/ Quels sont les principaux critères retenus dans le cadre du projet de recherche européen Interlink pour isoler, décrire et évaluer les mesures spécifiques d’aides aux aidants selon les pays ? Quels sont les premiers résultats de cette étude ?

L’enjeu d’une politique d’aide aux aidants réside dans sa capacité à répartir de manière équilibrée les différentes mesures de soutien afin de répondre aux intérêts et besoins diversifiés des aidants et des aidés. En effet, ces derniers ne s’accordent pas spontanément, ce qui est trop souvent occulté par les décideurs publics. La distinction entre les mesures visant uniquement les aidants (mesures spécifiques) et celles visant les deux acteurs simultanément (mesures non spécifiques), est donc essentielle et a structuré le cadre d’analyse des politiques d’aides aux aidants en Europe. Ce cadre a ainsi permis d’identifier les effets différentiels de chaque mesure sur chacun des acteurs puis, de façon plus globale, de comparer les politiques d’aide aux aidants. Les premiers résultats montrent que seuls les pays scandinaves et les Pays-Bas développent une politique d’aide aux aidants répondant à la fois à leurs besoins en synergie avec la politique globale d’aide aux personnes âgées en perte d’autonomie.

3/ Quels enseignements tirer de ces comparaisons européennes pour la France ?

Une politique de soutien aux aidants faisant de l’aide informelle un complément efficace de l’aide professionnelle n’est envisageable que s’il existe un accès adéquat des personnes âgées en perte d’autonomie à des services professionnels. Mais elle nécessite aussi l’existence de mesures spécifiques répondant aussi bien aux besoins des aidants âgés qu’à ceux en âge de travailler ou en emploi. Une vision large et intersectorielle qui sollicite les politiques familiales, de l’emploi, du logement et du transport peut conduire à la mise en place de mesures spécifiques additionnelles ciblant les aidants en emploi contribuant ainsi à faire de l’aide informelle un outil individuel du bien-être de la personne aidée, mais aussi collectif, en contribuant au renforcement des liens sociaux.

Propos recueillis par Anne Evans

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11 mai 2012