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3 QUESTIONS À... : NOVEMBRE 2006





Comment repère-t-on les comportements de consommation d’alcool en population générale ?

Grâce au test Audit-C. Ce test est utilisé dans de nombreuses enquêtes pour repérer et analyser les comportements de consommation d’alcool. Il est validé par la communauté scientifique dans plusieurs pays et préconisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le test Audit-C est constitué de trois questions portant sur la consommation d'alcool au cours des douze derniers mois :
1) fréquence de consommation d’alcool,
2) quantité bue un jour ordinaire de consommation,
3) fréquence de la consommation de six verres ou plus au cours d’une même occasion.
Les réponses à ces questions permettent, via le calcul d’un score, de repérer les individus ayant une consommation excessive d’alcool. En France, en 2002, deux grandes enquêtes nationales sur la santé menées en population générale ont utilisé cet indicateur : l’Enquête Santé et Protection Sociale, conduite tous les deux ans par l’Irdes et l’Enquête Santé, menée tous les dix ans par l’Insee.


Dans votre étude, vous définissez différents types de consommateurs, à risque et sans risque, quels sont-ils ?

En effet, en partant des réponses au test Audit-C, nous avons construit une typologie fine comprenant trois grandes catégories de consommateurs d’alcool : les consommateurs sans risque (occasionnels ou réguliers), les consommateurs à risque ponctuel et, enfin, ceux présentant un risque chronique ou une dépendance. On dénombre ainsi, dans l’ESPS, près de 40 % de consommateurs à risque chez les hommes, 3 fois plus que chez les femmes. Il s’agit le plus souvent de consommateurs à risque ponctuel (29 % des hommes et 11 % des femmes). Ce type de comportement concerne plutôt des jeunes qui vont boire de façon excessive le plus souvent le week-end. En contrepartie, les non-consommateurs et les consommateurs occasionnels sans risque sont nettement plus nombreux chez les femmes (au total 64 % contre 34 % d’hommes). Enfin, les consommateurs réguliers sans risque, souvent plus âgés, sont mieux répartis entre les sexes (18 % d’hommes et 15 % de femmes). Pour vérifier la robustesse de ces indicateurs, nous avons comparé la prévalence de ces différents profils d’alcoolisation obtenue dans les deux enquêtes menées en population générale en 2002, ESPS et ES. La concordance des résultats, que ce soit en termes de prévalences ou de caractéristiques sociodémographiques liées à ces différents profils, nous permet de valider notre typologie.

Quel est l’objectif de votre typologie, pourquoi ne pas s’arrêter au repérage des buveurs excessifs ?

L’objectif est bien d’aller au-delà du repérage de ces seuls buveurs excessifs afin d’adapter les politiques de prévention aux différents profils de consommateurs. En effet, les comportements changent. Si la consommation d’alcool a fortement diminué ces dernières années en France, les consommateurs à risque restent nombreux, en particulier chez les hommes d’âge mûr au risque chronique, mais aussi chez les jeunes dont le mode de consommation excessif ponctuel peut inquiéter. Nos résultats sont le reflet de modes de consommation différents selon le sexe et l’âge en 2002. Ils montrent aussi des effets de génération. Il sera donc intéressant de suivre ces indicateurs d’alcoolisation dans le temps. En France, ils permettront de répondre au suivi des deux premiers objectifs de la loi de Santé publique qui, rappelons-le, visent à diminuer la consommation moyenne d’alcool et la consommation à risque. Outre la détection des populations cibles, la connaissance des déterminants du risque alcool est indispensable pour adapter les politiques de prévention. De plus, l’analyse des caractéristiques des consommateurs modérés quotidiens n’est pas à négliger puisque des études montrent un effet protecteur de petites quantités d’alcool sur le système cardiovasculaire. Ainsi, nous recommandons d’intégrer ces indicateurs d’alcoolisation de façon systématique dans les enquêtes sur la santé en Europe, au même titre que les indicateurs de tabagisme et de problèmes de poids, ce d’autant que l’image sociale de l’alcool est en train d’évoluer.

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27 novembre 2006