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3 QUESTIONS À... : SEPTEMBRE 2011





1/ Comment montrez-vous que le sentiment de faible récompense au travail affecte la santé des travailleurs âgés ?

A partir des données de l’enquête européenne SHARE de 2004 et 2006, réalisée auprès des seniors de 50 ans et plus, nous avons étudié l’une des dimensions des risques psychosociaux au travail, relative au modèle de Siegrist : la non-réciprocité ressentie entre l’effort au travail et la récompense reçue en termes de salaire et de reconnaissance. Comme le suggèrent plusieurs travaux empiriques, cette situation constitue un facteur de risque pour l’état de santé, mais également d’absentéisme et de mobilité professionnelle. Le sentiment de recevoir une faible récompense au travail concerne 18 % des enquêtés en emploi, selon notre indicateur. Comment avons-nous mesuré l’état de santé ? Nous avons utilisé les déclarations des enquêtés relatives aux limitations d’activité, ainsi que les maux de dos ou douleurs articulaires déclarés. Ainsi, 22 % des seniors enquêtés déclarent des limitations d’activité et 44 % sont concernés par des maux de dos ou douleurs articulaires. Ensuite, nous avons mesuré le lien entre ces troubles de la santé et le sentiment de recevoir une faible récompense au travail. La probabilité d’être concerné par ces troubles augmente d’autant plus que les enquêtés déclarent recevoir une récompense au travail insatisfaisante de façon durable, c’est-à-dire à la fois en 2004 et en 2006. Ce qui suggère que l’effet du sentiment de faible récompense sur l’état de santé est lié à la durée d’ « exposition » à ce risque psychosocial.

2/ Quelles sont les catégories de travailleurs âgés les plus touchées ?

La récompense au travail ressentie est liée à la situation salariale des seniors enquêtés, à la taille de l’entreprise, à leur catégorie socioprofessionnelle, à la pénibilité du travail et au sentiment des enquêtés à l’égard de leur chances de garder leur emploi. Le sentiment de recevoir une faible récompense au travail augmente lorsque le salaire diminue. Les seniors travaillant dans les petites entreprises et les indépendants sont moins concernés par ce sentiment de faible récompense au travail par comparaison aux salariés d’entreprise de taille moyenne. Les employés et les ouvriers qualifiés déclarent plus souvent une faible récompense au travail comparativement aux cadres. De même, les seniors en emploi ayant déclaré des pénibilités physiques ont un risque supérieur de ressentir une faible récompense, traduisant leur insatisfaction à l’égard des compensations en contrepartie de ces pénibilités. Enfin, le déséquilibre entre effort et récompense au travail est également plus fortement marqué chez les seniors déclarant être constamment sous pression du fait d’une forte charge de travail ou en emploi précaire.

3/ Quelles pistes d’amélioration de la santé et de l’emploi des seniors nous enseignent les comparaisons internationales ?

En matière de récompense au travail ressentie, l’enquête indique une démarcation entre les pays avec d’un côté la France, l’Italie la Grèce et l’Autriche où les seniors sont davantage insatisfaits et de l’autre la Suisse, le Danemark, la Suède, l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas. Cette distinction reflète en partie les écarts de taux d’emploi des seniors entre les pays. Ces différences entre pays s’expliquent par leurs diverses performances économiques, relations de travail, modes de management pratiqués, et sont liées aux spécificités historiques et culturelles de chacun d’entre eux. Mais elles relèvent également des choix de politiques d’amélioration de l’emploi des seniors. L’amélioration du lien de réciprocité entre l’effort au travail et la récompense reçue et, de manière plus générale, la qualité du travail, est une voie possible pour préserver l’état de santé des seniors et, ainsi, leur chance de se maintenir plus longtemps en emploi. Cette stratégie, qui s’est avérée payante dans les pays du nord de l’Europe, reste relativement peu appliquée en France par exemple. Des pistes apparaissent également comme la compensation des pénibilités et des risques en adéquation avec les attentes des salariés. Les prochaines vagues de l’enquête SHARE nous permettront d’affiner tant l’investigation des différences entre pays que les pistes d’action dans ce domaine.

Propos recueillis par Anne Evans

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13 septembre 2011