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3 QUESTIONS À... : NOVEMBRE 2014







1/ Dans quel contexte cette étude a-t-elle été réalisée ?

Les hospitalisations dites « au long cours » en psychiatrie constituent une problématique majeure pour les équipes de soins. Elles ont concerné près de 12 700 patients en 2011, soit 0,8 % des patients pris en charge en psychiatrie. Cela représente un quart des journées d’hospitalisation et donc un quart des lits, un poids notable dans les ressources, l’activité et l’organisation des soins des établissements de santé. De plus, nombre de ces séjours longs sont considérés par les professionnels de santé comme des hospitalisations inadéquates et posent question en termes de qualité de prise en charge : une prise en charge hospitalière de longue durée n’est pas imposée par une indication thérapeutique mais davantage symptomatique du cloisonnement entre les secteurs sanitaires et médico-sociaux ou du manque de réponses sociales adaptées. Ces hospitalisations, à l’impact économique conséquent, constituent donc un enjeu fort dans l’organisation de l’offre de soins et son articulation avec le secteur médicosocial. Jusqu’à présent, faute de données disponibles, cette population hospitalisée au long cours restait mal connue. La mise en place du Recueil d’informations médicalisées en psychiatrie (Rim-P) permet aujourd’hui de décrire cette population. Par ailleurs, le taux de recours à ce type de prise en charge varie fortement selon les territoires et cette étude cherche à mesurer et expliquer cette variabilité en s’appuyant sur l’exploitation de nombreuses bases de données médico-administratives.

2/ Quels sont vos résultats tant du point de vue des caractéristiques des patients hospitalisés que de la variabilité territoriale du recours à ce type d’hospitalisation ?

On peut distinguer trois principaux groupes de patients hospitalisés au long cours (soit plus des 4/5es de l’année) en psychiatrie. Le premier - plus de la moitié des patients - est composé en majorité d’hommes, d’âge moyen, souffrant de troubles schizophréniques et faiblement dépendants. Le second groupe, 23 % des patients, désigne pour une part des patients dont le séjour a débuté cette année. Ces patients, majoritairement des femmes, sont plus âgés, souffrent de troubles de l’humeur, de troubles addictifs, de troubles mentaux organiques (démences notamment) ou de troubles de la personnalité et du comportement, et sont moyennement dépendants. Dans le troisième groupe, 25 % des patients hospitalisés, on trouve des personnes relativement jeunes, plus lourdement dépendantes, souffrant majoritairement de retard mental ou de troubles du développement psychologique. Pour un tiers d’entre eux, le séjour a débuté il y a plus de cinq ans (14 % plus de dix ans).

Par ailleurs, une forte variabilité du recours à l’hospitalisation au long cours a été observée à l’échelle des territoires de santé. Nos résultats montrent que cette variabilité est fortement influencée par l’offre de soins hospitalière, et notamment par la densité de lits en hospitalisation temps plein. Plus les capacités d’hospitalisation sont importantes sur un territoire, plus le recours aux hospitalisations au long cours est important. Par contre, des ressources médicales plus importantes au sein des établissements vont réduire le recours aux hospitalisations prolongées. De même, l’existence d’une offre médico-sociale sur le territoire tend à réduire ce recours, mais son effet est plus limité, voire contrasté. Enfin, plus que la quantité d’offre médico-sociale, ce sont les coordinations existant entre acteurs sanitaires et médico-sociaux qui agissent pour réduire le recours aux hospitalisations de longue durée.

3/ Comment souhaitez-vous approfondir ces premiers résultats ?

Cette étude ne montre pas d’impact des caractéristiques socio-économiques des territoires sur la variabilité du recours aux hospitalisations au long cours. Cependant, cette dimension mérite d’être analysée plus finement. A l’échelle du territoire de santé, la caractérisation du contexte socio-économique est plus difficile à appréhender et moins précise car la variabilité peut être importante au sein même de chacun des territoires. En effet, le taux de chômage d’un territoire de santé (ou département) ne reflète pas la disparité des taux de chômage constatée à l’échelle des différentes communes ou bien même des différents quartiers de ces communes. Pour aborder plus précisément l’impact des caractéristiques socio-économiques sur les hospitalisations au long cours, il faudrait disposer de données individuelles. Par ailleurs, les trajectoires de ces patients s’inscrivent dans des temps longs, il serait intéressant de pouvoir suivre sur une longue période le devenir et le renouvellement de ces patients.

Propos recueillis par Anna Marek

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13 novembre 2014