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3 QUESTIONS À... JUIN 2016







3 questions à... Nicolas Sirven à l’occasion de la parution du Questions d’économie de la santé n° 216 intitulé : « Vieillissement, fragilité et dépenses de santé » , réalisé en collaboration avec Thomas Rapp

1/ Quels sont les enjeux et les apports du concept de fragilité en termes d’économie de la santé ?

Tout d’abord, nous utilisons l’approche de la fragilité de Fried. Il définit la fragilité par la présence d’au moins trois critères qui contribuent au processus de perte d’autonomie : perte de poids involontaire, fatigue déclarée, bas niveau d’activité physique, vitesse de marche lente et faiblesse musculaire. Le phénotype de fragilité permet ainsi d’appréhender de manière plus fine l’état de santé physique des personnes âgées et vient compléter les mesures d’état de santé usuelles dans les enquêtes en population. La notion de fragilité permet notamment d’anticiper des conséquences négatives comme la perte d’autonomie, l’entrée en institution ou le recours à l’hôpital. La mesure de la fragilité est assez simple et permet d’améliorer les prédictions des modèles de dépenses de santé.

2/ Votre étude vise à vérifier si fragilité et dépenses de santé sont liées : quels en sont les principaux résultats ?

Le phénotype de fragilité est associé à une consommation de soins plus élevée indépendamment de l’effet d’autres mesures de santé. Alors que le montant moyen des dépenses ambulatoires des personnes âgées de 65 ans et plus était de 2 600 € par personne en 2012, le surcoût associé à la fragilité est d’environ 1200 € pour les soins ambulatoires, par an et par personne de 65 ans ou plus, et d’environ 550 € pour les personnes pré-fragiles.

3/ Quels enseignements tirer de votre étude en termes de politiques publiques et quels sont les développements que vous envisagez sur cette thématique ?

Notre étude rejoint les travaux précédents indiquant que l’âge n’est pas un bon indicateur de dépenses : l’argument démographique perd de son influence au profit de l’état de santé. La hausse des dépenses de santé n’est pas inéluctable ; des politiques sociales et de santé qui ciblent la fragilité pourraient être envisagées pour optimiser la consommation de soins et améliorer les conditions de vie des aînés. Nos travaux en cours analysent le rôle de la fragilité dans le recours à l’hôpital dans le cadre d’une comparaison internationale entre la France et le Québec.


Propos recueillis par Anne Evans

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14 juin 2016