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HISTORIQUE DES SÉMINAIRES LES "MARDIS DE L'IRDES" 2013

Les « mardis de l'Irdes » sont des séminaires où sont présentés des travaux de recherche finalisés ou en cours. Ils répondent à 2 objectifs :

  • Présenter et discuter les travaux effectués par les chercheurs de l’Irdes
  • Valoriser et échanger sur les travaux réalisés des équipes de recherches extérieures à l’Irdes

Les « mardis de l’Irdes » se déroulent deux fois par mois le mardi à 11h00 à l’Irdes et sont ouverts aux personnes extérieures (chercheurs, administrations, professionnels de santé, etc.). La durée d’un séminaire est au maximum d’une heure et demie, soit jusqu’à 45 minutes d'exposé 45 minutes de discussion.





L’organisation des soins en psychiatrie en 2011 : une typologie à l’échelle des territoires de santé

Coldefy M., Le Neindre C. (Irdes)

Mardi 10 décembre 2013


Le système français de prise en charge de la santé mentale se caractérise par une diversité des organisations, des financements, des structures et des modalités de soins et d’accompagnement (Coldefy, 2005). Il peut être considéré comme quantitativement important, notamment en regard de ce qui est consacré à la psychiatrie en termes d’équipement et de ressources humaines dans d’autres pays, et qualitativement innovant, de par l’organisation pionnière en réseau de son offre hospitalière publique (le secteur psychiatrique) (Coldefy, Le Fur, Lucas-Gabrielli & Mousquès, 2009). L’atlas 2005 de la santé mentale produit par l’OMS (World Health Organization, 2005) place la France dans les sept premiers pays au monde pour la densité de psychiatres et d’infirmiers exerçant en santé mentale, avec respectivement 22 psychiatres et 98 infirmiers pour 100 000 habitants, et dans les quinze premiers pour le nombre de lits par habitant avec 12 lits pour 10 000 habitants.

Cependant, la prise en charge de la santé mentale en France est marquée par de fortes disparités territoriales. Si le secteur de psychiatrie constitue un cadre organisationnel ou fonctionnel commun, les capacités et les moyens humains, mais également les pratiques organisationnelles sont très disparates, de même que le degré d’engagement vers une psychiatrie communautaire.

A ces disparités propres au secteur psychiatrique, s’ajoutent des disparités d’implantation de l’offre de soins non sectorisée (établissements privés, certains services psychiatriques universitaires, psychiatres libéraux) mais aussi des structures d’hébergement et d’accompagnement médico-social et social pour les personnes en situation de handicap psychique. Les différents acteurs du champ de la psychiatrie et de la santé mentale sont appelés avec la loi HPST, à contribuer ensemble à la prise en charge de la maladie mentale au sein des territoires de santé. Nous proposons dans ce séminaire de caractériser les disparités d’offre entre territoires de santé à travers une typologie combinant différents segments et dimensions de l’offre et de l’organisation des soins en psychiatrie.

Les migrations internationales de médecins : Impacts et implications de politiques économiques pour les pays en développement

Moullan Y. (Irdes)

Mardi 26 novembre 2013


Contexte : Dans les années 1970, la littérature économique sur l’impact de l’émigration de travailleurs qualifiés a d’abord conclu à une perte importante de capital humain pour le développement économique des pays d’origine. Cependant depuis les années 2000, un nouveau courant de pensée montre que l’émigration peut avoir un effet bénéfique via une incitation à s’éduquer dans les pays en développement. Nous focaliserons notre analyse sur les professionnels de santé des pays en développement et en particulier sur le cas des médecins qui constituent une ressource nécessaire à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement notamment dans le cas de la santé.

Objectif : L’objectif de ce séminaire est d’étudier l’impact de l’émigration des médecins sur le développement humain des pays d’origine en tenant compte de la possibilité d’une accumulation de capital humain dans ces pays. Cet article repose sur la constitution d’une nouvelle base de données en panels (Bhargava, Docquier et Moullan 2011) qui recense les stocks de médecins étrangers dans 18 pays de destination à partir de leur pays de formation. Un modèle en panel dynamique est estimé sur la période 1991-2004, puis des simulations de scénarios sont proposées.

Résultats : Nous concluons que l’émigration internationale de médecins a un effet relativement faible sur les taux de mortalité infantile, ainsi que sur les taux de vaccination des pays en développement. En revanche le nombre de médecins qui restent dans le pays d’origine ainsi que la démographie médicale qui en découle ont des effets plus forts sur l’amélioration des conditions de santé des populations. Nous montrons l’existence d’une incitation à devenir médecin suite à la perspective d’émigrer mais que cet effet bénéfique est également faible.

Conclusion : Ce dernier résultat laisse à penser que la migration internationale de médecins risque d’être davantage néfaste pour les pays en développement. Elle nous interroge donc sur l’efficacité des politiques visant à limiter la fuite des médecins dans ces pays. Nous présenterons les politiques préconisées par les organisations internationales et adoptées par les pays d’accueil notamment. Nous terminerons notre présentation par une évaluation d’une politique publique celle du co-développement à travers la distribution de l’aide au développement dans le secteur de la santé.

Quel est l’impact du système d’indemnisation maladie sur la durée des arrêts de travail pour maladie ?

Ben Halima M.A. (Irdes), Hyafil-Solelhac V. (Insee), Koubi M. (Insee), Regaert C. (Irdes)

Mardi 19 novembre 2013


En France, le remplacement du salaire en cas d’arrêt maladie est pris en charge par un système à plusieurs étages. Le premier étage, obligatoire et uniforme, comprend les indemnités journalières de l’Assurance maladie et les indemnités complémentaires de l’employeur. Le deuxième étage, assuré par les dispositions conventionnelles (i.e des conventions collectives) auquel nous nous intéressons ici, est une source riche de disparités entre les salariés.

Cette étude propose une estimation empirique de l’effet de la prise en charge de l’indemnisation des arrêts de travail pour maladie sur l’occurrence et la durée des arrêts faisant intervenir les deux premiers étages du système d’indemnisation des arrêts maladie Nous enrichissons la base Hygie, source microéconomique unique sur les arrêts maladie, à l’aide d’informations relatives aux 46 conventions collectives les plus représentées, couvrant près de 60 % des salariés. Après avoir présenté l’architecture globale de la prise en charge conventionnelle, nous utilisons les disparités de prise en charge engendrées par l’étage conventionnel pour estimer l’effet du système de prise en charge sur la longueur des arrêts maladie. Pour cela, un indicateur de générosité de la convention collective est calculé pour chaque arrêt maladie et inclus dans un modèle de durée à hasard proportionnel, constant par morceaux prenant en compte un large éventail de paramètres d’influence, notamment géographiques, et contrôlant de l’hétérogénéité individuelle inobservée.

Les estimations faites confirment les effets des variables individuelles qui ont été étudiées précédemment : écarts hommes/femmes, effet de l’âge, de la catégorie socioprofessionnelle, de l’état de santé, variables départementales et d’établissement. Au-delà de l’effet de ces variables, il subsiste un effet très significatif et négatif de la générosité de la convention collective sur la probabilité de sortie de l’arrêt maladie (donc positif sur la longueur de celui-ci). Cet effet, globalement négatif sur la probabilité de sortie de l’arrêt, se décline de manière variable selon la sous période de l’arrêt considérée.

Recherche évaluative sur une coordination d’appui et de proximité pour le médecin traitant (Arespa)

Frattini M.-O. et Naiditch M. (Irdes)

Mardi 5 novembre 2013


L’objectif de cette présentation est de donner les résultats d’une recherche évaluative, de nature qualitative, basée sur des entretiens collectifs (Focus groups) et individuels. Cette recherche visait à faire émerger les dimensions pertinentes de l’évaluation d’un dispositif original de coordination d’appui aux médecins généralistes mis en place en Franche-Comté et destiné à leur permettre de mieux gérer leurs patients dits « complexes ». Les chercheurs présenteront successivement le contexte qui a abouti à la mise en œuvre de cette coordination originale, la méthode utilisée, et les dimensions essentielles de l’évaluation identifiées et définies à partir des points de vue des acteurs interrogés. A l’issue de cette présentation, les résultats seront discutés au regard de ceux obtenus par des méthodes quantitatives habituellement proposées pour évaluer les dispositifs de case management auxquels cette coordination s’apparente en partie. Il sera également question de l’usage potentiel de ce dispositif dans le cadre de la gestion de la trajectoire de soins des patients en perte d’autonomie (Paerpa).

Stratégies d’optimisation de la gestion des ressources humaines dans les maisons de retraite médicalisées (EHPAD) : des choix économiques déterminés par le profil professionnel du directeur

Sibille R., Joël M.-E. (Université Paris Dauphine)

Mardi 24 septembre 2013


En France, plus de 75 % des établissements spécialisés dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes en institution sont des EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Créées dans le but de rationaliser l’offre dans ce secteur, ces structures demeurent pourtant économiquement inefficientes. Hormis le fait que les EHPAD privés à but lucratif seraient plus efficientes, les études consacrées à l’efficience des « nursing homes » ne permettent pas de comprendre véritablement les causes de cette situation.

Nous proposons dans cet article d’ouvrir la boîte noire de l’EHPAD afin d’identifier des différences dans l’organisation de la production qui pourraient être à l’origine d’inefficience. Nous faisons l’hypothèse que les directeurs d’EHPAD ont des préférences différentes, corrélées à leurs caractéristiques professionnelles, qui expliqueraient leurs stratégies de gestion des ressources humaines. Les résultats d’une enquête originale réalisée auprès d’un échantillon de directeurs d’EHPAD appariés à la base EHPA 2011 ont été mobilisés pour tester cette relation.

Trois nœuds de décisions concernant la politique d’optimisation de la gestion du personnel ont été étudiés : organiser l’emploi du temps des infirmiers en journées de dix heures versus conserver une organisation traditionnelle en journées de sept heures, mettre en place une prime d’assiduité versus ne pas intégrer cette prime dans le mode de rémunération, proposer des formations diplômantes versus ne proposer que des formations courtes. Trois modèles probit ont été utilisés pour expliquer la décision du directeur. Dans chaque cas, il s’avère que les choix sont déterminés par des caractéristiques professionnelles des directeurs, notamment leur formation.

Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives aux tutelles pour améliorer l’efficacité des EHPAD et la qualité du service fourni dans ces établissements.

Trajectoires de soins et dynamique du recours à l’hôpital des personnes âgées fragiles en Europe

Sirven N. (Irdes, LIRAES), Rapp T. (LIRAES)

Mardi 10 septembre 2013


Contexte : L’idée selon laquelle la prévention en faveur des personnes âgées fragiles pourrait ralentir l’évolution des dépenses de santé induites par le vieillissement de la population – essentiellement par la réduction du recours évitable à l’hôpital – est largement répandue parmi les décideurs publics. Pourtant, la littérature montre que le case management des personnes âgées fragiles induit une consommation de soins primaires supplémentaire sans réduction significative du recours à l’hôpital.

Objectif : L’objectif de cette étude est de proposer de nouveaux résultats empiriques pour éclairer la problématique précédente à la fois dans une perspective de population générale et dans une dimension temporelle.

Méthode : Nous analysons les déterminants de l’évolution du recours à l’hôpital parmi les personnes âgées de 50 ans ou plus en Europe au cours de la décennie précédente. Un modèle de panel dynamique est estimé pour plus de 7.500 participants à l’enquête SHARE (Enquête sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe) dans 10 pays entre 2004 et 2011.

Résultats : Nos résultats indiquent que le recours aux soins ambulatoires est associé à un recours à l’hôpital plus important ; mais dans le détail, le recours au spécialiste tend à prévenir une partie significative du recours à l’hôpital des fragiles et pré-fragiles, alors que le recours au généraliste génère plutôt une égalité de traitement quel que soit le niveau de fragilité ou l’état de santé. L’analyse du recours antérieur aux soins ambulatoires révèle que le recours au spécialiste à une période donnée réduit la probabilité d’être admis à l’hôpital à la période suivante.

Conclusion : Ces résultats suggèrent que, dans leur configuration actuelle, les systèmes de santé en Europe contribuent déjà à l’objectif de réduction des taux d’hospitalisation évitable. Ils soutiennent en particulier l’hypothèse selon laquelle un accès régulier au spécialiste contribue à la réduction des taux d’hospitalisation évitables.

La tarification individualisée des AT-MP influe-t-elle sur les pratiques des entreprises ?

Lengagne P.

Mardi 9 juillet 2013


En France comme dans plusieurs autres pays, en matière d’assurance des AT-MP (Accidents du travail et maladies professionnelles), une tarification individualisée s’applique aux entreprises, afin de les inciter à prévenir les risques professionnels. Se pose la question la portée réelle de cet effet incitatif. Les évaluations quantitatives des conséquences de ces systèmes de tarification sont relativement peu nombreuses. Cette étude offre un éclairage sur cette question. Elle propose une analyse empirique de l’influence de l’individualisation de la tarification des AT-MP appliquée en France sur deux outcomes au niveau des établissements – leur taux d’AT avec arrêt de travail et leur nombre de jours d’arrêts de travail pour AT par salarié -, en s’appuyant sur les données longitudinales de la base Hygie 2005-2008 de l’Irdes.

L'accès aux soins dentaires des personnes en situation de handicap dans l'enquête Handicap, santé, ménages (HSM)

Pichetti S., Lengagne P., Penneau A., Sermet C.

Mardi 25 juin 2013


Bien que les personnes en situation de handicap se caractérisent par des besoins de soins dentaires potentiellement plus importants que ceux de la population non handicapée elles font face dans le même temps à une série d’obstacles susceptibles d’entraver leur accès aux soins.

Ces obstacles renvoient d’abord à l’inadéquation d’une offre de soins bucco-dentaires calibrée pour une population sans spécificité (problèmes d’accessibilité physique au cabinet et au fauteuil dentaire, manque de formation des chirurgiens-dentistes,…). Des obstacles individuels viennent également se greffer à ces difficultés : problèmes d’expression des besoins, coopération insuffisante aux contraintes du soin dentaire,… Enfin, et c’est un axe d’analyse privilégié, les difficultés peuvent également être liées à la situation socio-économique de l’individu. Il est en effet probable que le renoncement aux soins pour des raisons financières soit majeur pour les personnes en situation de handicap.

L’objectif principal de cette étude est d’analyser, sur les données de l’enquête Handicap santé ménages (HSM), l’accès des personnes en situation de handicap aux soins dentaires, tant curatifs que préventifs et de le comparer à celui des personnes sans handicap, en fonction de plusieurs marqueurs du handicap. Une fois ces écarts mis en évidence, il s’agit ensuite d’examiner leur évolution après introduction de variables sociales (diplôme et revenu).

Outil statistique de repérage des populations fragiles

Rococo E., Sirven N.

Mardi 18 juin 2013


Dans le cadre d’une stratégie de vieillissement en bonne santé, une partie importante de la politique de prévention et de promotion de la santé repose sur le repérage des populations à risque suffisamment en amont du processus de perte d’autonomie pour qu’une action efficace soit mise en œuvre. Le concept de fragilité développé en gériatrie pour identifier les individus vulnérables permet d’identifier le risque d’incapacité à un stade précoce et réversible. Il s’agit d’une dimension sanitaire qui, ajoutée aux aspects économiques et sociaux forme un concept plus large de « vulnérabilité » des personnes âgées.

Un des enjeux pour le système de protection sociale, en particulier au travers de l’Action sociale de la CNAV, consiste à repérer la sous-population des personnes fragiles (au sens géronto-gériatrique) parmi l’ensemble des bénéficiaires du régime retraite. Or, les fichiers administratifs ne renseignent pas sur l’état de santé des individus et la mesure de la fragilité n’est pas possible. Le présent travail a pour objectif de pallier ce manque d’information par l’élaboration d’un algorithme de détection des populations fragiles sur des données d’enquête (SHARE) transposable par la suite à des bases de données administratives (Hygie). La validité de cette analyse dépend de la comparabilité des populations et des variables étudiées. Les premiers résultats montrent que, malgré les efforts de comparabilité réalisés et en dépit d’un algorithme efficace sur données SHARE, des différences entre le contenu des variables dans SHARE et Hygie et des effets de sélections concurrents entre les échantillons, empêchent la transposition de l’algorithme de l’enquête vers la base administrative. Différentes pistes pour poursuivre cette analyse sont ensuite discutées.

Genetic testing with primary prevention and moral hazard Tests génétiques, prévention primaire et aléa moral

Bardey D., De Donder P.

Mardi 28 mai 2013
Séminaire en français


Nous proposons un modèle dans lequel un test génétique permet de savoir si un individu présente une forte ou faible probabilité de développer une maladie. Un effort de prévention, certes coûteux, permet aux agents à haut risque de réduire cette probabilité. Les agents ne sont pas dans l’obligation de réaliser le test, mais ils doivent en divulguer les résultats aux assureurs ; faire le test est en conséquence associé à un risque de discrimination. Nous étudions les décisions individuelles de faire le test et d’entreprendre les efforts de prévention en fonction du coût de l'effort et de son efficacité. Lorsque l'effort est observable par les assureurs, les agents n’effectuent le test que si le coût de l'effort n'est ni trop important ni trop faible. Lorsque le coût de l'effort n'est pas observable par les assureurs, la présence d’aléa moral augmente la valeur du test si le coût de l'effort est faible. Enfin, nous proposons une série de mesures, allant de la diffusion optimale des tests jusqu’aux politiques visant à éliminer le risque de discrimination.

We develop a model where a genetic test reveals whether an individual has a low or high probability of developing a disease. A costly prevention effort allows high-risk agents to decrease this probability. Agents are not obliged to take the test, but must disclose its results to insurers, and taking the test is associated to a discrimination risk. We study the individual decisions to take the test and to undertake the prevention effort as a function of the effort cost and of its efficiency. If effort is observable by insurers, agents undertake the test only if the effort cost is neither too large nor too low. If the effort cost is not observable by insurers, moral hazard increases the value of the test if the effort cost is low. We offer several policy recommendations, from the optimal breadth of the tests to policies to do away with the discrimination risk.

Evolution du recours au dépistage des cancers entre 2006 et 2010. Les programmes nationaux réduisent-ils les inégalités ?

Sicsic J., Franc C.

Mardi 21 mai 2013


En France, l’égalité d’accès au dépistage des cancers a été l’un des principaux enjeux du deuxième plan cancer (2009-2013). Nous avons cherché à analyser les obstacles au dépistage du cancer du sein, du côlon et du col de l’utérus ainsi que leur évolution dans le temps. Les deux premiers cancers font l’objet d’un dépistage organisé au niveau national, ce qui n’est pas le cas du troisième. A partir des données de l’Enquête santé protection sociale (ESPS) de 2006, 2008 et 2010, trois catégories de déterminants du recours au dépistage ont été définies : les caractéristiques socio-économiques individuelles ; l’utilisation des services de santé (visites aux médecins) et de prévention ; l’état de santé perçu et les comportements à risque. Puis, nous avons étudié l’impact de ces déterminants au cours du temps sur le recours au dépistage (déclaré) à partir de modèles logistiques multivariés. Ainsi, pour identifier les barrières au recours, nous avons considéré le fait de ne pas avoir effectué le dépistage dans le cadre des recommandations.

Les résultats montrent un recul du recours au dépistage du cancer du col de l’utérus et du sein entre 2006 et 2010, alors que dans le même temps, le dépistage du cancer colorectal a fortement augmenté. Les femmes recourant moins aux frottis sont notamment caractérisées par un niveau d’éducation plus faible et cet effet a pris de l’ampleur au cours du temps. Pour le cancer du sein, les femmes de moins de 50 ans et ayant une plus faible utilisation du système de santé recourent moins au dépistage. De même, les individus plus jeunes (moins de 60 ans) et ayant un moindre recours aux médecins se sentent moins concernés par le dépistage du cancer colorectal. Plus intéressant encore, ce moindre recours caractérise des individus ne déclarant pas de comportements à risque (en termes de consommation d’alcool et de tabac).

Ces résultats montrent que les inégalités d’accès au dépistage n’ont pas diminué suite à la mise en place de programmes nationaux depuis 2004. Ils témoignent de la nécessité d’accroître la prévention primaire pour les individus identifiés comme sous utilisateurs des différents dépistages et, plus généralement, pour ceux ayant un moindre recours aux médecins, quelle(s) que soi(en)t la (ou les) raison(s) de ce moindre recours (raisons financières, éducation, etc.). Par exemple, les politiques devraient cibler les individus n’ayant pas de comportements à risque, en s’attaquant à l’idée que les cancers ne se produiraient que pour ces derniers. Une meilleure coordination entre généraliste et spécialiste pourrait également améliorer l’adhésion au dépistage.

The Public Private Mix and Health Inequalities: Perspectives from Israel

Chinitz D.* (visiting researcher at Irdes)

Mardi 14 mai 2013
Séminaire en anglais


As in many countries with universal health insurance arrangements, Israel faces vexing dilemmas regarding the role of private finance and delivery of health care. Of course, social gaps in access to health care and health outcomes are implicated in any discussion of the public private mix. How these issues are playing out in Israel, whose health system is based on regulated competition but also is intended to maintain equity, will be the topic as well as what lessons the case might hold for other countries.

* David Chinitz is a Professor of Health Policy and Management at the School of Public Health of the Hebrew University-Hadassah in Jerusalem.
David's background is in public policy and institutional economics. His research and publications are mainly in the area of various aspects of Israeli health policy such as the public private mix, comparative health policy, and rationing and priority setting in health care. He has held leadership positions in a number of European and international health policy associations. David is currently on sabbatical, visiting at UCLA School of Public Affairs, INSEAD and Irdes, focusing, among others, on the disconnect between macro health policies and the rank and file providers of health care in different countries.

Évaluation de l'impact des campagnes
pour le don du sang dans la population Navarre

Errea M. (Universidad Pública de Navarra)

Mardi 16 avril 2013


Le don du sang résulte d’une démarche altruiste et le sang ne peut être obtenu que par des donneurs volontaires. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Espagne est l’un des pays où il y a plus de 30 donneurs pour 1000 habitants, un ratio que l’on trouve dans la plupart des pays européens et également en Amérique du Nord ou en Australie. Cependant, seulement 1% de la population mondiale donne son sang, le minimum requis pour répondre aux besoins. Si nous tenons compte du vieillissement de la population et du fait que le sang ne peut être créé artificiellement, nous risquons de ne plus pouvoir couvrir les besoins minimaux. Les campagnes promouvant le don de sang ont-elles un impact ?

Ce travail porte sur l’analyse de l’impact de plusieurs campagnes promouvant le don du sang qui ont été récemment menées en Espagne. Les données utilisées proviennent de la région de Navarre dont le taux de donneurs est le plus élevé du pays (50 pour 1000 habitants). Plusieurs campagnes ont été menées récemment : au moins 2 campagnes de communication visuelle (janvier 2010, septembre 2011), 2 campagnes de rue (juin 2011), l’extension des horaires d’extraction sanguine et de soins portés aux donneurs (décembre 2010), l’utilisation d’une unité mobile d’extraction à l’université (septembre 2012). Notre hypothèse est que tous ces événements ont pu avoir un impact positif sur le nombre de dons.

L’objectif de ce travail est d’analyser l’impact de chaque campagne ou événement séparément. Nous traitons les données comme dans une expérience naturelle dans laquelle plusieurs traitements sont mis en oeuvre. Nous analyserons l’impact de chacun de ces traitements et nous comparerons également leurs effets.

Les données sont fournies par le centre de transfusion régional et l’association de donneurs de sang en Navarre. Les données proviennent de 25 000 donneurs actifs. L’analyse est faite en calculant la différence du nombre de donneurs avant et après le début de l’événement. La méthode de données de panel individuelles sera utilisée. Le principal intérêt est de voir si le nombre de dons augmente quand une campagne commence et de mesurer l’augmentation à travers l’émergence de nouveaux donneurs ou l’augmentation de la fréquence de dons provenant de donneurs actifs. Afin de réduire les erreurs dans l’estimation des effets de traitements, nous analyserons l’historique des tendances de dons. Par ailleurs, les comparaisons selon les caractéristiques individuelles (âge, genre, niveau d’éducation, le fait d’être donneur régulier versus donneur non régulier) seront également analysées car différentes campagnes peuvent attirer des populations différentes.

Les données ne sont pas encore disponibles, mais elles le seront prochainement. La présentation portera sur la méthodologie de ce travail.

Les effets collatéraux d'une réforme des retraites en France

Blake H. (PSE) et Garrouste C. (PSE)

Mardi 26 mars 2013


Dans cette étude, nous travaillons sur les données du Baromètre Santé de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation de la santé) pour mesurer l’impact de la retraite sur la santé des seniors. Nous identifions cet effet en utilisant la réforme de 1993 en France. Cette réforme correspond à une augmentation progressive, génération par génération, des incitations à travailler : le gouvernement a augmenté le nombre de trimestres à cotiser pour avoir le taux plein et le nombre d'années de référence pour calculer la retraite.

La santé, mesurée par des scores établis par des chercheurs de l’Université de Duke, est appréhendée comme la santé physique, mentale, sociale et la dépression. Nos résultats montrent un effet positif de la retraite sur la santé. Cet effet est hétérogène, l’aspect de la santé concerné ainsi que l’ampleur des effets dépendent du genre et du niveau d’éducation. En particulier, l’amélioration de la santé physique liée à la retraite ne concerne que les individus qui n’ont pas le baccalauréat. En revanche, pour les individus les plus diplômés, le départ à la retraite n’a un impact positif que sur la santé sociale.

Appariement des données de l’Observatoire de la Médecine Générale et des données de l’Assurance Maladie –
Travaux préliminaires et questions méthodologiques

Equipe Prospere (Perlbarg J., Allonier C., Daniel F., Boisnault P., Bourgueil Y., Le Fur P., Mousquès J., Szidon P.)

Mardi 19 mars 2013


Les bases de données médico-administratives nationales sont actuellement au cœur d'interrogations et de réflexions quant à l'amélioration de leur exploitation. En effet, ces bases de données sont un atout majeur pour la France qui est un des rares pays à disposer de données médico-administratives et sociales nationales centralisées, gérées par des organismes publics et concernant plus de 60 millions de personnes.

L’objectif de notre projet est de construire un outil de recherche en soins ambulatoires en appariant des données médicales et des données de remboursement. Cet outil aura pour finalité d'une part de tester des méthodes et des indicateurs d'analyse de l'organisation des soins de premier recours, et d'autre part de constituer un échantillon témoin pour des travaux de recherche évaluative sur les soins de premier recours. En effet, les bases de données du SNIIRAM permettent aujourd'hui de disposer d'informations sur le codage des actes pratiqués en médecine de ville (actes de consultation, actes techniques, médicaments, biologie), sur les hospitalisations (via le PMSI maintenant chainé avec les données du SNIIRAM) et sur certaines caractéristiques des assurés (âge, sexe, ALD, CMU, CMU-C, AME). Le lien avec les pathologies, les autres caractéristiques des patients comme leur "histoire clinique" et certaines décisions thérapeutiques des professionnels, reste cependant inexistant. Les médecins généralistes participant à l’Observatoire de Médecine Générale (OMG) recueillent de façon volontaire et de manière la plus exhaustive possible certaines données médicales concernant leurs patients. Notre travail consiste en la création d'un nouveau modèle de données qui sera alimenté par les données issues du SNIIRAM d'une part et les données issues de l'OMG d'autre part.

Ce séminaire sera l’occasion de décrire la méthode d’appariement des deux bases de données que nous avons utilisée et de présenter les premières pistes d’exploitation de cet outil.

Perception du risque dépendance et demande d'assurance : une analyse à partir de l'enquête PATER

Fontaine R., Plisson M., Wittwer J., Zerrar N.

Mardi 19 février 2013

 

Dans la littérature économique, de nombreux travaux tentent d'expliquer pourquoi les individus s’assurent aussi peu contre la dépendance. Du côté de l’offre, différents freins possibles au développement du marché de l’assurance dépendance ont d’ores et déjà été pointés du doigt par la littérature. Les estimations récentes montrent néanmoins que les limites imputables à l’offre ne suffisent pas à expliquer le faible développement du marché : même si les assurances étaient moins couteuses et les couvertures proposées plus larges, la majorité des individus ne souscrirait toujours pas d’assurance. Il est donc nécessaire d’aller trouver des explications du côté de la demande d’assurance dépendance.

Nous mettons ici à profit des données françaises issues de l’enquête PATER qui étudie les comportements d’épargne et de couverture face au risque dépendance des ménages. Cet article vise à enrichir la littérature existante en étudiant empiriquement le rôle de la perception du risque dans la décision de se couvrir contre le risque dépendance et en se fondant sur l’observation directe des préférences individuelles (aversion pour le risque, préférence pour le présent) que permet l’enquête PATER. Les estimations économétriques menées conduisent à mettre en évidence, outre l’effet des caractéristiques sociodémographiques, le rôle des préférences à l’égard du risque et du temps dans les comportements de couverture. La préférence pour le présent aurait un rôle important dans la perception du risque dépendance tandis que l’aversion au risque expliquerait le fait de souscrire une assurance dépendance parmi ceux envisageant la possibilité d’être un jour dans une situation de dépendance.

Mesure des niveaux d’accessibilité spatiale aux soins : approche comparée

Coldefy M. (Irdes), Lucas-Gabrielli V. (Irdes), Mangeney C. (IAURIF)

Mardi 5 février 2013


En France, bien que la densité médicale soit l’une des plus élevées d’Europe, l’accessibilité aux soins est aujourd’hui un enjeu majeur des politiques de santé, du fait du rôle important accordé au médecin généraliste, de l’existence de disparités spatiales de l’offre de soins et des tendances démographiques à la baisse du nombre de médecins sur le court terme ainsi que des fortes attentes d’une population vieillissante aux besoins de soins élevés et à la mobilité réduite. Sur la base de développements récents en géographie de la santé, l’Irdes et la Drees d’une part, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région d’Île-de-France (IAURIF) d’autre part, ont élaboré en 2012 un indicateur d’accessibilité spatiale à l’offre de soins de proximité basé sur une méthodologie similaire.

Par rapport aux indicateurs classiques que sont la densité médicale et la distance d’accès aux soins, les pistes d’amélioration concernent la définition et la quantification de l’offre de soins, l’intégration du besoin de soins du côté de la demande, une définition plus précise de l’interaction entre l’offre et la demande qui permet de s’affranchir des zonages administratifs. Ils diffèrent cependant sur plusieurs points concernant à la fois le champ considéré (France métropolitaine versus Ile-de-France), l’unité géographique de référence (commune versus maille de 250 mètres de côté), les paramètres considérés pour mesurer l’offre et la demande de soins ou bien les mesures de distance.

Ce séminaire sera l’occasion de présenter ces deux indicateurs ainsi qu’un projet collaboratif entre l’IAURIF et l’Irdes dont l’objectif est d’améliorer dans plusieurs directions les premiers indicateurs construits.

Analyse de l'évolution de l'espérance de vie sans incapacité en France : une approche multi-sources

Cambois E.

Mardi 15 janvier 2013


Les espérances de vie sans incapacité (EVSI) permettent de décrire l'évolution de l'état de santé des populations en intégrant une composante de santé à l’indicateur usuel d’espérance de vie (EV). L'étude des évolutions des EV et EVSI vise à comprendre les dynamiques simultanées de mortalité et de santé et à répondre à des questionnements en matière de prise en charge et de participation sociale des plus âgés.

Les données d'incapacité sont disponibles en France dans différentes enquêtes en population, mais de façon irrégulière limitant les possibilités d'étudier les évolutions. En 2008, on comptait 7 enquêtes françaises comprenant des indicateurs d'incapacité (EDS 1981-92-03 ; HID 1998 ; HSM 2008 ; ESPS 1988-2008 ; SILC 2004-2007 ; SHARE 2004-2006). Quatre seulement permettent de mesurer des évolutions dans le temps, mais généralement sur de courtes périodes et pour un nombre limité de mesures de l'incapacité. Les autres sources fournissent des indicateurs ponctuels. Nous avons alors mobilisé l'ensemble de ces données et conduit une approche multi-sources : il s'agit de construire des mesures similaires dans les différentes enquêtes et d'analyser l'ensemble des indicateurs obtenus. Pour les années 1980 et 1990, les tendances apparaissaient homogènes. Pour les années les plus récentes, les tendances plus contrastées ont amené à utiliser 2 méthodes d'analyse : une décomposition des années d'EVSI gagnées ou perdues applicable aux séries temporelles disponibles et une régression linéaire des EVSI, applicable à l'ensemble des sources.
Cette approche muti-sources a révélé une tendance à la compression des années d'incapacité au sein de l'EV dans la décennie 1980, puis une forme d'équilibre dynamique dans les années 1990 ; mais au début des années 2000, alors que la tendance des années 1990 s'est poursuivie pour les plus âgés, c'est une expansion des incapacités qui semble toucher les 50-65 ans, et de manière plus prononcée pour les femmes. L'étude a montré des conclusions généralement similaires pour les différentes sources et pour les 2 méthodes ;cette convergence conforte les résultats obtenus par les quelques séries temporelles. Certaines divergences qu'il convient de discuter peuvent être attribuées à des spécificités dans les protocoles des enquêtes et les mesures utilisées. Alors que les séries temporelles sont encore assez rares, il apparaît utile d’appuyer les analyses sur les différentes enquêtes disponibles pour consolider les conclusions et comprendre les évolutions mesurées.

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10 décembre 2013