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HISTORIQUE DES SÉMINAIRES LES "MARDIS DE L'IRDES" 2014

Les « mardis de l'Irdes » sont des séminaires où sont présentés des travaux de recherche finalisés ou en cours. Ils répondent à 2 objectifs :

  • Présenter et discuter les travaux effectués par les chercheurs de l’Irdes
  • Valoriser et échanger sur les travaux réalisés des équipes de recherches extérieures à l’Irdes

Les « mardis de l’Irdes » se déroulent deux fois par mois le mardi à 11h00 à l’Irdes et sont ouverts aux personnes extérieures (chercheurs, administrations, professionnels de santé, etc.). La durée d’un séminaire est au maximum d’une heure et demie, soit jusqu’à 45 minutes d'exposé 45 minutes de discussion.





Séminaire 1 : Une évaluation de l'impact d'une prise en charge en structure de groupe pluriprofessionnel sur le recours à l'hôpital

Afrite A., Mousquès J., Cartier T.

Mardi 25 novembre 2014


Une politique d’accompagnement et de soutien aux regroupements pluriprofessionnels en soins de premiers recours émerge depuis quelques années principalement en direction des maisons, pôles et centres de santé. Dans un contexte où les attentes en matière de « rationalisation » des parcours de soins dans notre système de soins sont particulièrement fortes (HCAAM, 2012), il s’agit de tirer des enseignements sur les effets marginaux propres à cette forme de regroupement en termes d’efficience des parcours de soins et plus spécifiquement sur l’articulation entre les soins ambulatoires et hospitaliers.

Plus spécifiquement, nous nous interrogeons sur quels peuvent être les apports d’un suivi des patients par un médecin généraliste traitant exerçant dans une structure collective pluriprofessionnel sur les trajectoires de soins entre la ville et l’hôpital tant en aval qu’en amont de l’hospitalisation. D’un point de vue théorique, une meilleure coordination et continuité des soins et services offerts par les professionnels de santé exerçant dans les structures de groupes induiraient un moindre recours à l’hôpital, notamment pour les soins urgents ou non programmés. En amont de l’hospitalisation, quels peuvent être les apports d’une prise en charge de proximité lorsqu’il s’agit d’éviter ou retarder l’hospitalisation ou d’y être adressé de manière efficiente ? Ce questionnement constitue la première partie de ce travail de recherche qui sera exposé lors de ce séminaire. Ainsi, nous comparons les taux d’hospitalisation des patients suivis ou non par un médecin traitant exerçant dans une structure de groupe pluridisciplinaire, quels que soient les motifs d’hospitalisation et, en particulier, pour des pathologies pour lesquelles les hospitalisations auraient pu être évitées par une prise en charge adaptée dans le système de soins ambulatoires.

Ce travail s’inscrit dans une approche complémentaire aux résultats de l’évaluation des Expérimentations des nouveaux modes de rémunération (ENMR). Nous mobilisons les données recueillies dans ce cadre, à savoir les données de remboursement de l’Assurance maladie appariées aux données médicales des séjours hospitaliers disponibles dans le Programme de médicalisation des systèmes d'information en médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie (PMSI MCO).

Séminaire 2 : The Dynamics of Hospital Use among Older People, Evidence for Europe using SHARE data

Sirven N. (Université Paris Descartes et Irdes), Rapp T. (Université Paris Descartes)
Séminaire en français

Mardi 25 novembre 2014


Hospital services use, which is a major driver of total health expenditures, is expected to rise over the next decades in Europe, especially because of population ageing. The purpose of this paper is to better understand the dynamics of older people’s demand for hospital care over time in a cross-country setting.

We estimated a dynamic panel model of hospital admission for respondents aged 50 or more from the Survey on Health, Ageing, and Retirement in Europe (SHARE), in 10 countries between 2004 and 2011. Following prior research, we found evidence of state dependence in hospital use over time. We also found that rise in frailty – among other health covariates – is a strong predictor of increased hospital use. Finally, we confirm that countries with strong referral scheme appear to have lower rates in hospital use. Our results support promotion of early detection of frailty in primary care, and improvement of coordination between actors within the health system, as potential strategies to reduce avoidable or unnecessary hospital use among frail elderly.

Mesure et analyse de la variabilité territoriale des pratiques d’hospitalisation sans consentement et au long cours en psychiatrie

Coldefy M., Nestrigue C.

Mardi 18 novembre 2014


La variabilité des pratiques constitue un axe important de recherche sur les services de santé. L’existence de variations significatives de recours aux soins et à certaines modalités de soins pose des questions sur l’équité d’accès aux soins, la qualité et l’efficacité des soins fournis ainsi que sur l’utilisation efficiente des ressources.

Nous proposons d’analyser la variabilité des pratiques et du recours en psychiatrie et leurs déterminants à travers deux indicateurs « sentinelles », marqueurs spécifiques de la prise en charge de la maladie mentale : les hospitalisations sans consentement et les hospitalisations au long cours. Ces deux modes d’hospitalisation constituent des problématiques majeures pour les équipes de psychiatrie et les personnes concernées et peuvent être des révélateurs de dysfonctionnements éventuels dans l’organisation de l’offre de soins au sein des territoires. Notre projet vise à mesurer et analyser la variabilité territoriale de recours à ces deux modes d’hospitalisation psychiatrique en fonction du contexte socioéconomique et de l’organisation de l’offre sanitaire et sociale sur les territoires. Il s’appuie sur la mobilisation de plusieurs bases de données nationales (Rim-P, SAE, Rapsy, Sniiram, ES, Recensement de population de l’Insee, etc.) permettant la construction d’indicateurs à différentes échelles géographiques (territoires de santé et zones PMSI). Cette étude dresse ainsi une première photographie nationale des populations hospitalisées au long cours et sans consentement en psychiatrie et montre des impacts différents de l’organisation des soins et de l’environnement socioéconomique dans l’explication de la variabilité observée du recours à ces pratiques.

Les expérimentations sur les parcours santé des aînés (Paerpa) : objectifs et stratégie de l’évaluation nationale

Combes J.-B., Le Neindre C., Or Z.

Mardi 14 octobre 2014


Le dispositif Paerpa a pour objectif d’améliorer la prise en charge des personnes âgées, notamment en réduisant les difficultés ou ruptures dans leur prise en charge. Ce dispositif est expérimenté par neuf ARS depuis fin 2013, sur la base d’un cahier des charges national. Les différentes actions mises en œuvre au sein de neuf territoires pilotes visent à mieux coordonner les multiples intervenants en ville, à l’hôpital, ou dans le médico-social.

Le cahier des charges du dispositif Paerpa a souligné l’importance d’une évaluation scientifique et indépendante des impacts médicaux et économiques des actions déployées. L’évaluation est un élément essentiel de la démarche Paerpa, dans la mesure où elle permettra d’apprécier la valeur des actions mises en œuvre, ainsi que l’opportunité et les modalités de leur généralisation. L’évaluation nationale, menée par l’Irdes, vise donc à apporter des connaissances relatives aux impacts des dispositifs en matière de qualité de prise en charge et de coût afin d’améliorer les décisions concernant l’organisation et l’allocation des ressources. Le nombre et la diversité des acteurs impliqués, ainsi que l’hétérogénéité des sites sélectionnés, font des dispositifs testés des expérimentations complexes.

La présentation développera les enjeux et les objectifs de la démarche Paerpa et exposera la stratégie adoptée, les méthodes d’analyses et les outils prévus pour assurer la pertinence de l’évaluation au niveau national des actions testées.

How do providers respond to public health insurance expansions?
Evidence from adult medicaid dental benefits

Buchmueller T.-C., Miller S., Vujicic M.

Mercredi 1er octobre 2014


A large and growing number of adults are covered by public insurance, and the Affordable Care Act is predicted to dramatically increase public coverage over the next several years. This study evaluates how such large increases in public coverage affect provider behavior and patient wait times by analyzing a common type of primary care: dental services. We find that when states add dental benefit to adult Medicaid coverage, dentists' participation in Medicaid increases and dentists see more publicly insured patients without decreasing the number of visits provided to privately insured patients. Dentists increase the total number of visits they supply each week while only modestly increasing the amount of time they spend working. They achieve this primarily by making greater use of dental hygienists. As a result, dentists' income increases. Wait times increase modestly, with the largest increases in wait times observed in states with restrictive scope of practice laws governing dental hygienists. These changes are most pronounced among dentists who practice in poor areas where Medicaid coverage is greatest.

Matériel et Méthodes : Une revue de la littérature a été réalisée à partir de la base de données Pubmed (2000-2013). A partir des résultats de cette revue, des indicateurs de polymédication et de prescriptions potentiellement inappropriées ont été sélectionnés en accord avec les recommandations actuelles, puis testés sur la base de donnée Disease Analyzer d’IMS-Health contenant des informations sur les prescriptions médicamenteuses réalisées par 693 médecins généralistes français en 2012.

Résultats : On ne relève pas de consensus formel en faveur d’un nombre spécifique de prescriptions pour définir la polymédication. L’utilisation de prescriptions inappropriées est définie essentiellement à partir de listes de critères préétablis. Deux seuils de polymédication et diverses fenêtres de temps ont été testés. 33,0 % et 5,2 % des patients âgés de 75 ans et plus recevaient respectivement cinq médicaments et dix médicaments ou plus par trimestre. Les taux étaient variables selon la période et les définitions retenues.

Parmi les neuf indicateurs de prescriptions inappropriées sélectionnés initialement, quatre ont été retenus. En moyenne, 22,7 % des patients âgés de 75 ans et plus utilisaient deux diurétiques ou plus et 7,5 % quatre antihypertenseurs ou plus. 13,9 % des patients âgés de 75 ans et plus traités par inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) recevaient l’association diurétique, anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), IEC. 45,4 % des prescriptions d’AINS étaient associées à la prescription d’un inhibiteur de la pompe à protons chez les patients de 65 ans et plus. Une association entre polymédication et prescriptions inappropriées a été mise en évidence.

Conclusion : D’après la revue de la littérature, la polymédication définie par un nombre de médicaments ne semble pas assez robuste pour évaluer la qualité. Le caractère inapproprié des prescriptions devrait également être considéré à travers une approche multidimensionnelle du problème. D’autres résultats issus de cette étude tenteront de confirmer ces constatations.

L’impact de l’intégration en soins primaires : regards croisés franco-québecois. Evaluations de l’impact des groupes de médecins de famille au Québec et des maisons, pôles et centres de santé en France sur le recours aux soins et les dépenses

Strumpf E. (McGill University, Montreal), Mousquès J. (Irdes)

Mardi 1er juillet 2014

 

« The Impacts of Team-Based Primary Care on Health Care Services Utilization and Costs: Quebec's Family Medicine Groups » - Erin Strumpf

We investigate the impacts of Quebec’s Family Medicine Groups (FMGs), a primary care delivery model based on the patient-centered medical home. In contrast to traditional primary care organizations, FMGs include extended hours, patient enrollment and multidisciplinary teams, but they maintain the same remuneration scheme (fee-for-service) as outside FMGs.

We built a panel of administrative data covering the population of elderly and chronically ill patients in Quebec, characterizing all individuals as FMG enrollees or not. Participation in FMGs is voluntary and we address potential selection bias by combining propensity scores and inverse probability of treatment weighting with difference-in-differences and fixed effects models. We find that FMGs decrease patients’ health care services utilization and costs in outpatient settings relative to patients not in FMGs. The number of primary care visits and associated costs decreased by approximately 2% among FMG enrollees after five years of follow-up. The number of visits to specialists and associated costs declined by 1%. Total costs, including inpatient care, decreased by about 1% but this reduction is offset by the program’s implementation and maintenance costs.

These results provide support for the idea that changing primary care organization and delivery can have impacts on the rest of the health care system. Further work to understand the specific patterns of these utilization changes, and whether and how they impact health, is currently underway.


« L’impact du regroupement pluri-professionnel dans les maisons, pôles et centres de santé participant aux expérimentations de nouveaux modes de rémunération (ENMR) sur le recours et les dépenses de soins » – Julien Mousquès

Le regroupement des généralistes en France, comparativement à d’autres pays similaires, reste moins développé, de taille modeste et particulièrement mono-disciplinaire. Néanmoins, des expérimentations de nouveaux modes de rémunération (ENMR) soutenant le regroupement pluri-professionnel à destination de maisons, pôles et centres de santé ont été mises en œuvre en 2010. Elles visent à cofinancer leur fonctionnement sur la période 2009-2013 et ont récemment été étendues jusqu’à fin 2014. Cette communication a pour objectif d’évaluer l’impact du regroupement pluri-professionnel en matière de gains d’efficience du recours aux soins comparativement à l’exercice traditionnel des généralistes, isolé ou monodisciplinaire.

Nous analysons le recours et la dépense des assurés ayant recouru au moins une fois à la médecine générale sur une période de quatre ans (2009-2012), en distinguant ceux inscrits auprès d’un généraliste traitant exerçant dans un sous-échantillon de 94 sites ENMR (29 centres, 55 maisons et 10 pôles) de ceux inscrits auprès de 2 123 généralistes témoins. A partir de modélisations sur données de panel, tout en contrôlant des caractéristiques des assurés, du « type » de sites regroupés et de l’environnement géographique, nous montrons que la dépense ambulatoire est significativement minorée pour les assurés « cas ». La minoration de la dépense est comprise entre -0,5 % pour les sites les « moins » intégrés-coordonnés-coopératifs et -2,3% pour les sites les « plus » intégrés-coordonnés-coopératifs. Les écarts les plus importants portent notamment sur la dépense de spécialiste et de pharmacie.

Ces résultats valident l’hypothèse selon laquelle l’intégration pluri-professionnelle des soins et services primaires est génératrice de gains d’efficience en matière de parcours de soins et relativement à l’exercice standard.

Matériel et Méthodes : Une revue de la littérature a été réalisée à partir de la base de données Pubmed (2000-2013). A partir des résultats de cette revue, des indicateurs de polymédication et de prescriptions potentiellement inappropriées ont été sélectionnés en accord avec les recommandations actuelles, puis testés sur la base de donnée Disease Analyzer d’IMS-Health contenant des informations sur les prescriptions médicamenteuses réalisées par 693 médecins généralistes français en 2012.

Résultats : On ne relève pas de consensus formel en faveur d’un nombre spécifique de prescriptions pour définir la polymédication. L’utilisation de prescriptions inappropriées est définie essentiellement à partir de listes de critères préétablis. Deux seuils de polymédication et diverses fenêtres de temps ont été testés. 33,0 % et 5,2 % des patients âgés de 75 ans et plus recevaient respectivement cinq médicaments et dix médicaments ou plus par trimestre. Les taux étaient variables selon la période et les définitions retenues.

Parmi les neuf indicateurs de prescriptions inappropriées sélectionnés initialement, quatre ont été retenus. En moyenne, 22,7 % des patients âgés de 75 ans et plus utilisaient deux diurétiques ou plus et 7,5 % quatre antihypertenseurs ou plus. 13,9 % des patients âgés de 75 ans et plus traités par inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) recevaient l’association diurétique, anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), IEC. 45,4 % des prescriptions d’AINS étaient associées à la prescription d’un inhibiteur de la pompe à protons chez les patients de 65 ans et plus. Une association entre polymédication et prescriptions inappropriées a été mise en évidence.

Conclusion : D’après la revue de la littérature, la polymédication définie par un nombre de médicaments ne semble pas assez robuste pour évaluer la qualité. Le caractère inapproprié des prescriptions devrait également être considéré à travers une approche multidimensionnelle du problème. D’autres résultats issus de cette étude tenteront de confirmer ces constatations.

Panorama de l’accès aux soins courants et de prévention des personnes en situation de handicap. Une exploitation de l’enquête HSM

Penneau A., Pichetti S., Lengagne P., Sermet C. (Irdes)

Mardi 10 juin 2014

 

L’objectif principal de cette étude est d’analyser, sur les données de l’enquête Handicap Santé Ménages (HSM), l’accès aux soins courants (soins dentaires, ophtalmologiques et gynécologiques) et aux soins préventifs (frottis, mammographies, dépistages du cancer du côlon et vaccinations contre l’hépatite B) des personnes en situation de handicap âgées de 20 à 59 ans et de le comparer pour chacun des soins à celui de la population générale dans la même tranche d’âge, à besoins comparables, en fonction de plusieurs marqueurs du handicap. Les soins dentaires, ophtalmologiques et gynécologiques représentent un enjeu important d’accès pour les personnes en situation de handicap, comme le souligne le rapport Jacob de 2013 qui préconise une systématisation du suivi préventif pour ces trois types de soins (Jacob, 2013). Ce même rapport souligne par ailleurs l’importance de permettre aux personnes en situation de handicap d’accéder à une prévention médicale de qualité afin qu’elles puissent acquérir et conserver une autonomie maximale, ce qui conduit d’ailleurs les auteurs du rapport à recommander « de rendre obligatoire un volet handicap dans toutes les campagnes de prévention nationales » (Jacob, 2013).

Les écarts de recours constatés entre les personnes en situation de handicap et les autres personnes sont analysés en prêtant une attention particulière à l’influence des variables sociales (revenu du ménage par unité de consommation, diplôme et variable croisant le statut au regard de la couverture complémentaire et l’exonération éventuelle du ticket modérateur) ainsi qu’aux variables géographiques (zonage en aires urbaines et départements d’outre-mer).

Résultats : Les résultats montrent que pour la plupart des soins (à l’exception des soins ophtalmologiques), le recours aux soins des personnes en situation de handicap est réduit par rapport aux autres personnes, à besoins de soins équivalents. La prise en compte des variables sociales dans les modèles réduit ou fait même disparaître dans la plupart des cas les différentiels d’accès aux soins entre personnes en situation de handicap et les autres personnes.

Ce résultat est également valable lorsque l’indicateur de handicap considéré est la reconnaissance administrative de handicap. Les résultats relatifs à la reconnaissance administrative de handicap dissimulent toutefois d’importantes disparités selon les types de reconnaissance administrative de handicap. On note un accès aux soins fortement réduit pour les personnes percevant l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), notamment, ce qui soulève des problèmes d’équité entre personnes qui sont en situation de handicap mais qui ne bénéficient pas du même type de reconnaissance de handicap.

Comment la perception du risque de dépendance influence-t-elle la demande de couverture ? Premiers enseignements de l’enquête ESPS

Fontaine R. (LEDi, Université de Bourgogne – Irdes), Perronnin M. (Irdes), Sirven N. (Liraes, Université Paris Descartes-Irdes), Zerrar N. (LEDa-Legos, Université Paris-Dauphine)

Mardi 3 juin 2014

 

Problématique : les frais engagés pour faire face à une situation de dépendance ne sont que très partiellement couverts par l’assurance maladie publique et l’aide sociale, ils occasionnent donc des restes à charge importants. Le recours à une assurance dépendance individuelle est néanmoins relativement peu fréquent puisqu’en en 2010, moins de 10 % des individus de 50 ans et plus pouvaient être considérées comme réellement assurées à long terme (Fontaine et Zerrar, 2013 ; Plisson, 2011). Différents facteurs sont avancés pour expliquer le faible recours aux assurances dépendance mais très peu d’études empiriques, en particulier en France, permettent de tester leur pouvoir explicatif respectif. Face à ce constat, l’objectif de cet article est d’évaluer empiriquement le rôle joué par un de ces facteurs, la perception du risque dépendance.

Sources et méthodes : Les données utilisées sont celles de l’enquête Santé protection sociale (ESPS) 2012. Cette enquête a été enrichie d’un volet « dépendance » qui permet de recueillir des informations relatives au risque dépendance des 50 ans et plus, notamment leur perception de ce risque, et leur situation assurantielle face à ce risque. L’enquête ESPS permet également de disposer des caractéristiques socio-économiques et médicales du patient, de données permettant de construire un indicateur de risque dépendance ainsi que d’indicateurs d’aversion au risque et de de prévoyance. Dans un premier temps, un indicateur de risque subjectif est construit en régressant le risque perçu de dépendance sur des facteurs prédictifs de ce risque, principalement des variables d’état de santé comme la fragilité par exemple. Dans un second temps, nous expliquons le fait d’être assuré, non-assuré ou de ne pas connaître sa couverture au moyen d’un logit multinomial.
Résultats : Après contrôle des caractéristiques sociodémographiques et des facteurs de risques objectifs, les individus optimistes myopes, caractérisés par une sous-estimation du risque d’entrer en dépendance, ont en effet une propension à s’assurer significativement plus faible que les individus réalistes. L’effet des variables relatives à l’état de santé sur la propension à s’assurer n’est pas univoque : la fragilité a un effet non-significatif, le nombre de maladies chroniques a un effet significatif positif et la santé perçu un effet significatif négatif. Au-delà des variables liées au risque dépendance, les résultats confirment globalement ceux obtenus par Bérard et al. (2014) au regard du faible pouvoir explicatif des caractéristiques sociodémographiques. Enfin, la prévoyance a un effet significatif positif sur la probabilité de s’assurer.
Nos résultats confirment donc empiriquement l’hypothèse selon laquelle la myopie serait un frein au développement d’une couverture assurantielle du risque dépendance. Néanmoins, le fait que les individus les plus pessimistes ne s’assurent pas plus suggère que certains facteurs prédictifs de la dépendance, utilisées notamment par l’assureur pour tarifer les contrats peuvent avoir été omis lors de la construction du risque subjectif. D’autres spécifications demandent donc à être explorées.

Polymédication chez les personnes âgées

Monégat M., Perronnin M., Pichetti S., Rococo E., Sermet C. (Irdes)

Mardi 13 mai 2014


Introduction : Parallèlement au vieillissement de la population française, on observe une augmentation de la prévalence de patients fragiles présentant des tableaux poly pathologiques. En conséquence, on note une augmentation du nombre moyen de médicaments prescrits par patient. Si la polymédication est bénéfique dans certains cas, elle peut être associée à la présence de prescriptions inappropriées dans d’autres cas. L’objectif était d’identifier les différentes méthodes de mesure de la polymédication et des prescriptions potentiellement inappropriées et d’évaluer la pertinence de ces définitions en tant qu’indicateur qualité chez les sujets âgés de 75 ans et plus.

Matériel et Méthodes : Une revue de la littérature a été réalisée à partir de la base de données Pubmed (2000-2013). A partir des résultats de cette revue, des indicateurs de polymédication et de prescriptions potentiellement inappropriées ont été sélectionnés en accord avec les recommandations actuelles, puis testés sur la base de donnée Disease Analyzer d’IMS-Health contenant des informations sur les prescriptions médicamenteuses réalisées par 693 médecins généralistes français en 2012.

Résultats : On ne relève pas de consensus formel en faveur d’un nombre spécifique de prescriptions pour définir la polymédication. L’utilisation de prescriptions inappropriées est définie essentiellement à partir de listes de critères préétablis. Deux seuils de polymédication et diverses fenêtres de temps ont été testés. 33,0 % et 5,2 % des patients âgés de 75 ans et plus recevaient respectivement cinq médicaments et dix médicaments ou plus par trimestre. Les taux étaient variables selon la période et les définitions retenues.

Parmi les neuf indicateurs de prescriptions inappropriées sélectionnés initialement, quatre ont été retenus. En moyenne, 22,7 % des patients âgés de 75 ans et plus utilisaient deux diurétiques ou plus et 7,5 % quatre antihypertenseurs ou plus. 13,9 % des patients âgés de 75 ans et plus traités par inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) recevaient l’association diurétique, anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), IEC. 45,4 % des prescriptions d’AINS étaient associées à la prescription d’un inhibiteur de la pompe à protons chez les patients de 65 ans et plus. Une association entre polymédication et prescriptions inappropriées a été mise en évidence.

Conclusion : D’après la revue de la littérature, la polymédication définie par un nombre de médicaments ne semble pas assez robuste pour évaluer la qualité. Le caractère inapproprié des prescriptions devrait également être considéré à travers une approche multidimensionnelle du problème. D’autres résultats issus de cette étude tenteront de confirmer ces constatations.

Pratiques spatiales d’accès aux soins

Lucas-Gabrielli V., Pierre A., Coldefy M., Com-Ruelle L.

Mardi 18 mars 2014


Problématique : L’accès géographique aux soins a été essentiellement abordé en France sous l’angle de la disponibilité de l’offre sur le territoire. Nous proposons ici de l’appréhender à travers l’accès effectif aux soins, c’est-à-dire en termes de distances parcourues. Notre approche se fonde non plus uniquement sur l’étude de la desserte des territoires par l’offre de soins mais également sur les préférences des patients et leur plus ou moins grande capacité à mobiliser les ressources à leur disposition. Cela nous permet d’analyser l’ensemble des facteurs individuels intervenant dans l’accès effectif aux soins relativement à l’offre disponible et d’étudier également certaines difficultés d’accès liées à l’offre elle-même. Nous explorons cette question sur les soins ambulatoires d’une part (i) et sur les soins hospitaliers d’autre part (ii).

Sources et méthodes : Nous utilisons l’Enquête santé et protection sociale (ESPS) 2010 appariée avec les données de remboursement de l’Assurance maladie et le Programme de médicalisation des systèmes d’information Médecine, chirurgie, obstétrique (PMSI-MCO). Nous modélisons séquentiellement la probabilité d’accéder aux soins et les distances parcourues en cas de recours avec utilisation de clusters individus. L’utilisation de régressions linéaires puis de régressions quantiles nous permet notamment de faire des hypothèses sur des variables inobservables.

Résultats : i/ Concernant le recours aux soins ambulatoires, notre analyse confirme que le professionnel de santé le plus proche est souvent contourné et que la distance supplémentaire parcourue au regard du professionnel de santé le plus proche est relativement importante. La modélisation permet de mettre en évidence le rôle significatif des caractéristiques d’offre sur le recours aux soins médicaux ambulatoires. Ainsi, à caractéristiques individuelles équivalentes, les patients habitant dans une commune à très faible accessibilité ont une plus faible probabilité de recourir aux soins ambulatoires. De plus, en cas de recours aux soins, la distance supplémentaire parcourue est influencée par des caractéristiques individuelles mais surtout de contexte. Deux faits sont mis en évidence : 1/ des pratiques différentes entre individus, qui peuvent refléter à la fois des comportements de mobilité non spécifiques au champ de la santé (mobilité quotidienne) ou des préférences en matière d’usage du système de soins (recherche d’un professionnel particulier…) ; 2/ mais aussi un impact majeur de l’offre de soins avec un effet distinct de l’accessibilité potentielle localisée (APL) et de la distance au professionnel adapté le plus proche. ii/ Pour les soins hospitaliers, l’analyse met en évidence conjointement l’impact des caractéristiques individuelles et de contexte sur les distances supplémentaires parcourues en cas d’hospitalisation. Les deux dimensions contribuent de façon aussi importante contrairement aux soins de ville pour lesquels le contexte joue un rôle prépondérant.

Les déterminants du don du sang : une approche selon les données ESPS 2012

Errea M., Sirven N., Rochereau T.

Lundi 10 février 2014

En France, l’offre de sang est rare : chaque année, seulement 4 à 5 % de la population donne son sang, soit environ 3 millions d’unités sanguines collectées par an (OMS, juin 2013). Pourtant, selon l’Etablissement français du sang (EFS), il n’y a pas de pénurie, la demande étant couverte à 100 % grâce aux efforts constants de l’EFS. Néanmoins, le stock des donneurs ne cesse de fluctuer, certains interrompant leur don en raison de leur âge ou d’un problème de santé. Les mécanismes d’incitations des nouveaux donneurs, qui devraient permettre de prévenir une situation soudaine de rationnement de l’offre de sang, sont par ailleurs contraints par un choix éthique : ne pas collecter le sang au-delà de la demande afin de ne pas avoir à en détruire.

L’objectif de cet article est d’analyser les déterminants du don de sang dans la population française en âge et en capacité de faire ce don en distinguant les donneurs actifs des donneurs potentiels. En France, les seules données disponibles jusqu’à présent provenaient des études de sondages (CREDOC). L’Enquête santé et protection sociale (ESPS) 2012 est la première source de données en population générale à collecter des informations socio-économiques, démographiques et d’état de santé combinées avec des questions sur le don du sang. Cette nouvelle information sur les comportements des donneurs pourrait s’avérer d’un grand intérêt pour l’élaboration de politiques publiques visant à promouvoir le don du sang.

Dans cet article, nous testons l’hypothèse selon laquelle l’altruisme, les coûts d’opportunité du don, l’effet du capital social, l’aversion au risque et les préférences temporelles (préférences pour le présent ou l’avenir) sont des déterminants importants du don du sang. Il s’agit également d’analyser les caractéristiques socio-économiques et d’état de santé qui pourraient expliquer le comportement des donneurs de sang.

Les résultats montrent que les donneurs actifs sont en général des individus plus altruistes que les donneurs potentiels, avec des niveaux plus élevés de capital social, et qui aiment prendre des risques. Les donneurs potentiels sont plutôt des personnes plus âgées, qui ne savent pas si un proche a été transfusé. Concernant les coûts d’opportunité, le fait d’être actif occupé n’a pas d’effet négatif sur la décision de faire un don de sang. En revanche, l’absence de diplôme semble être un facteur qui réduit les coûts d’opportunité de donner son sang.

Maladies chroniques et recours au dépistage des cancers gynécologiques en France

Constantinou P., Dray-Spira R., Menvielle G. (Inserm CESP/Équipe 11, Hôpital Paul Brousse, Villejuif)

Mardi 21 janvier 2014


Introduction : : La mortalités par cancer du col de l’utérus et par cancer du sein est supérieure chez les femmes atteintes de pathologies chroniques. Cependant, alors qu’il est établi que le suivi des recommandations de dépistage de ces cancers réduit leur mortalité, le recours au dépistage chez les femmes atteintes de pathologies chroniques est mal connu. À partir des données de l’enquête santé et protection sociale (ESPS) 2008, nous avons étudié l’effet de la présence de pathologies chroniques sur le recours au dépistage du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein en France.

Méthodes : Nous nous sommes intéressés à onze pathologies chroniques différentes : arthrites et maladies systémiques, cancers, pathologies cardiovasculaires, pathologies respiratoires chroniques, dépression traitée, diabète, dyslipidémie traitée, hypertension artérielle traitée, obésité, arthroses, dysthyroïdie. Pour chaque pathologie, des taux de dépistage standardisés sur l’âge ont été calculés chez les femmes atteintes. Puis, l’effet de la pathologie sur le recours au dépistage a été analysé à l’aide de modèles logistiques prenant en compte des variables sociodémographiques, socio-économiques, de comportements de santé, de couverture et suivi médical.

Résultats : Les populations ciblées par les dépistages étaient de 4 226 femmes pour le cancer du col et de 2 056 femmes pour le cancer du sein. Être atteinte de pathologie respiratoire chronique, de diabète ou d’obésité était associé à un moindre recours pour les deux dépistages. Pour le cancer du sein, par exemple, le taux de dépistage était de 59,7 % [51,4-67,9] chez les femmes diabétiques contre 74,9 % pour l’ensemble des femmes ciblées, et l’odds ratio de recours au dépistage chez les femmes diabétiques comparées aux autres femmes était de 0,56 [0,36-0,84] dans le modèle prenant en compte toutes les variables d’ajustement.

Conclusion : Il existe des pathologies chroniques associées à un moindre recours au dépistage des cancers gynécologiques. En particulier, les femmes diabétiques ou obèses, qui sont exposées à un risque plus important de cancer du sein à partir de la ménopause, sont aussi celles qui bénéficient le moins du moyen de prévention efficace qu’est le dépistage.

La couverture du délai de carence des arrêts maladie en France : déterminants et impact sur l’absentéisme

Pollak C. (Drees)

Mardi 14 janvier 2014


Cet article propose une évaluation de l’efficacité et de l’équité des incitations financières dans la régulation des absences au travail pour raison de santé en France. Il mobilise les données des volets employeur et salariés de l’enquête PSCE 2009 pour analyser d’une part la prise en charge du délai de carence par les employeurs et d’autre part l’impact du niveau de couverture sur la probabilité et l’intensité de la sinistralité en termes d’arrêts maladie des salariés.

La stratégie d’estimation adoptée (probit bivarié) permet de neutraliser l’anti-sélection et d’isoler l’effet propre de l’assurance sur l’absentéisme (aléa moral) au regard de nombreux autres facteurs (caractéristiques sociodémographiques, conditions de travail, état de santé). Les résultats indiquent qu’un délai de carence non indemnisé peut contribuer à réduire la probabilité de sinistralité des arrêts maladie, mais en accroît l’intensité. Les inégalités de couverture entre salariés se cumulent avec des inégalités de conditions de travail avec une prévoyance complémentaire plus répandue dans les grandes entreprises et les secteurs à haute valeur ajoutée. La négociation collective ne permet que partiellement de compenser la place importante de la prévoyance facultative dans la gestion de ce risque. Si les incitations financières ne semblent pas constituer un instrument de régulation efficace des arrêts maladie, il existe d’importantes marges de manœuvre de réduction de l’absentéisme par l’amélioration des conditions de travail.

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25 novembre 2014