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3 QUESTIONS À... : NOVEMBRE 2009





1/ En quoi l'état de santé, les recours aux soins et à la prévention des immigrés diffèrent-ils de ceux des Français ?

Les personnes immigrées en France sont globalement en moins bonne santé que les Français nés en France et recourent moins souvent aux soins de ville, surtout aux spécialistes. Ces disparités s’expliquent par les situations sociale et économique plus défavorisées des immigrés. Leur taux de chômage est plus important et ils perçoivent des rémunérations plus faibles tout en étant moins souvent couverts par une assurance maladie complémentaire. À ces facteurs s’ajoutent des difficultés qui peuvent provenir de barrières culturelles, de l’isolement et de la perte du réseau social en France ainsi que d’un accès au droit – notamment à la protection sociale – plus compliqué. La situation socio-économique du pays d’origine joue également.

Pour ce qui est de la prévention, les immigrés déclarent en revanche plus souvent avoir été vaccinés que les Français mais recourir moins fréquemment aux tests de dépistage du sida.

2/ Existe-t-il des disparités selon les pays de naissance des immigrés ?

Oui. Selon les pays de naissance, le taux de recours annuel au généraliste varie de 69 à 85 %. La proportion de personnes qui consulte un spécialiste, bien moindre, s’échelonne quant à elle de 36 à 63 %. Dans les deux cas, les Européens du sud sont les seuls à recourir autant que les Français nés en France.

En ajustant les situations sanitaire, sociale et économique des immigrés, ces disparités de recours aux soins selon les pays de naissance s’expliquent : si les différences de recours au généraliste s’estompent – elles sont dues principalement au plus faible statut socio-économique des immigrés –, il apparaît que les immigrés du Maghreb ont un plus fort taux de recours au généraliste. Au contraire, les immigrés d’Europe du nord, d’Asie ou du sous continent indien sont ceux dont la probabilité d’avoir consulté un spécialiste au cours de l’année est la plus faible après prise en compte du niveau social.

3/ Quels prolongements de recherche envisagez-vous sur le sujet ?

Les analyses des différences de recours aux soins selon les régions de naissance ouvrent d’autres perspectives de recherche. Par exemple, plusieurs études ont montré que les immigrés turcs en Allemagne, en France et aux Pays-Bas consultaient davantage les généralistes. Il serait intéressant d’explorer et comparer le comportement de soins de personnes de même origine dans des pays d’accueil différents. Des analyses complémentaires à partir du nombre de visites chez le médecin, ou intégrant de nouvelles variables comme la durée de séjour en France devraient également permettre d’affiner notre compréhension des inégalités d’accès aux soins des populations immigrées.

Propos recueillis par Anne Evans

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10 novembre 2009