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3 QUESTIONS À... : OCTOBRE 2010





1/ En quoi consiste l’étude Polychrome ? Quelle est son originalité ?

Il s’agit d’un projet de recherche expérimentale dont l’objectif consiste à estimer la place des prescriptions multiples dans les ordonnances destinées à des patients atteints de polypathologies chroniques et à déterminer des possibilités d’optimisation de ces ordonnances sur des critères de qualité.

Le projet Polychrome tire son originalité de son objet mais aussi de ses méthodes associant démarches quantitative et qualitative avec des experts en pharmacologie et des cliniciens. Ses résultats pointent certaines lacunes de notre système et identifient parallèlement des perspectives d’amélioration relatives au bon usage du médicament et à l’utilisation d’autres moyens thérapeutiques non médicamenteux.

2/ Quels sont ses principaux résultats en termes d’optimisation des ordonnances des patients atteints de polypathologies ?

Un groupe d’experts composé de médecins et d’un pharmacologue a proposé une optimisation « théorique » d’un sous-échantillon d’ordonnances archétypales de la polyprescription pour polypathologie chronique. Nous mettons en évidence qu’il existe indubitablement des marges de manœuvre en mobilisant deux leviers aujourd’hui sous-utilisés : la substitution d’un traitement non médicamenteux à un traitement médicamenteux, voire l’arrêt pur et simple de certains traitements. Dans notre échantillon cela conduit au final à une réduction de 30 % du nombre de médicaments prescrits, de 46 % des contre-indications et de 66 % des interactions médicamenteuses.

3/ Comment les médecins généralistes expliquent-ils les prescriptions multiples ?

D’un focus groupes auprès de 60 médecins généralistes, nous pouvons conclure qu’il existe trois grands types d’explications : la polyprescription est en premier lieu liée à la polypathologie ; en second lieu, aux comportements et aux représentations du patient et à son interaction avec le médecin : les médecins peuvent, par exemple, être confrontés à des pressions de la part de patients qui n’envisagent de changer ni de thérapeutique ni de médicaments car ils les satisfont et les rassurent ; en dernier lieu, la polyprescription est aussi due aux médecins et, notamment, à la nature même du processus de décision médicale. Celui-ci, complexe, n’est pas uniquement nourri par des éléments cliniques mais également culturels (préférences du généraliste en fonction de sa formation et de sa sensibilité), contextuels et organisationnels. Ces éléments contextuels et organisationnels portent, entre autres, sur la difficile coordination et communication avec les médecins spécialistes ainsi que sur la façon dont les généralistes s’organisent pour gérer leur temps de travail quotidien entre pathologies aiguës et chroniques.

Propos recueillis par Anne Evans

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14 octobre 2010