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3 QUESTIONS À... : SEPTEMBRE 2009





1/ En quoi l'évaluation du temps de travail des médecins généralistes constitue-t-elle un enjeu d'importance ?

Avec les études de démographie médicale, l’évaluation du temps de travail des médecins permet d’appréhender l’offre de soins mise à la disposition de la population. Ainsi, un praticien exerçant à temps partiel n’offre pas le même accès aux soins qu’un praticien temps plein. Outre cette évaluation globale du temps de travail, la connaissance détaillée de l’utilisation de ce temps de travail permet d’envisager différentes actions susceptibles de l’optimiser voire de le réduire, par exemple dans les zones où les médecins sont d’ores et déjà surchargés. Ainsi, une meilleure compréhension de l’utilisation du temps de travail peut conduire à proposer des modifications d’organisation de la pratique à la fois des médecins mais aussi peut être plus largement des différents acteurs qui concourent au système de soins, en particulier des soins primaires.

2/ Comment se décompose ce temps de travail et que mesurent les enquêtes actuelles ?

Pour réaliser cette évaluation de l’état des lieux du temps de travail des généralistes, nous nous sommes appuyés sur des données qui, en dehors de celles provenant des fichiers de remboursement de l’Assurance maladie, sont souvent parcellaires, anciennes, locales, dispersées dans le temps ou encore issues d’enquêtes réalisées auprès d’un nombre restreint de médecins.

Malgré toutes ces imperfections, selon les données que nous avons rassemblées, 80 % du temps de travail hebdomadaire des médecins généralistes serait consacré à des activités de diagnostics et de soins.

  • 60 % correspond à des consultations et visites réalisées par les médecins généralistes libéraux et ayant donné lieu à un remboursement par l’Assurance maladie. Malheureusement, en dehors des actes réalisés pour la maladie exonérante chez les patients en Affection de longue durée (ALD), on ne dispose toujours pas d’étude indépendante sur les motifs de recours aux soins de médecin et les comorbidités associées. Ces informations permettraient pourtant d’identifier les principales caractéristiques des actes (et de leur fréquence) en fonction des caractéristiques médicales des patients.
  • 20 % rassemblerait les participations aux gardes et astreintes, aux consultations gratuites, aux conseils téléphoniques et aux activités de soins réalisées dans le cadre salarié. Ces dernières activités sont mal connues et pourtant elles concourent directement à l’offre de soins, souvent dans des structures médicales prenant en charge des personnes fragiles.

Enfin, parmi les 20 % de temps non directement consacré aux activités de soins et de diagnostics certaines activités y sont intimement reliées, telles la formation continue ou encore la lecture de revues ou d’articles. D’autres sont nécessaires au fonctionnement du cabinet, mais pourraient être, du moins en partie, plus facilement déléguées à des collaborateurs, telles certaines tâches administratives ou la tenue de l’agenda.

3/ Comment approfondir cette étude de l'organisation du temps de travail des généralistes ?

Ce travail qui a consisté à rassembler les données disponibles sur le temps de travail des médecins généralistes a mis en évidence un manque de données concernant le contenu et le déroulement de leurs activités en relation notamment avec les caractéristiques médicales ou médico-sociales des patients, les caractéristiques des médecins, les modes d’organisation des structures et leurs lieux d’implantation.

De ce point de vue, au moment où l’on envisage des réorganisations de l’exercice médical, surtout des soins primaires et de leur articulation avec le reste du système de soins, il paraitrait souhaitable de disposer d’informations de meilleure qualité, plus détaillées, plus récentes, plus précises et plus exhaustives sur l’ensemble des activités des médecins généralistes dont l’une des fonctions principales est de suivre les patients et de les orienter dans le système de soins. Ce travail a également montré la grande hétérogénéité des comportements des praticiens en fonction des différentes régions. A l’heure où d’importantes modifications dans la gouvernance du système de santé français sont en cours, comme la mise en place des agences régionales de santé (ARS), il semblerait souhaitable que chaque région puissent disposer d’informations régionalisées sur les caractéristiques détaillées de leur offre de soins, en particulier concernant les soins primaires.

Propos recueillis par Anne Evans

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8 septembre 2009