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PENSARE : Pénibilité du travail, santé et retraite
28 novembre 2008



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Résumés

Travail, âge et intention de retraite parmi les infirmières en Europe

Hans Martin Hasselhorn, Professeur à l'Université de Wuppertal, Allemagne


A une époque où l'on observe un vieillissement de la population et un accroissement du besoin relatif aux soins infirmiers, la population des infirmières actives a tendance à devenir de plus en plus âgée dans bon nombre de pays européens. L'enquête NEXT européenne a procédé à un examen portant sur le travail, la santé et les attitudes de plus de 56 000 infirmières en poste dans 11 pays d'Europe entre 2002 et 2005. Cette présentation se concentre sur l'étude des causes sous-jacentes expliquant l'intention des infirmières de quitter la profession en Belgique, en Allemagne, en Finlande, en France, en Angleterre, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne et en Slovaquie (n = 26 263 femmes infirmières accréditées). Dans pratiquement tous les pays sur lesquels cette enquête a porté, on dénombre trois facteurs principaux qui sont étroitement associés à l'intention des infirmières de quitter la profession : les « débouchés professionnels », les « facteurs relatifs à l'organisation dans le travail » et la « santé ». Dans la plupart des pays, les infirmières plus âgées étaient plus nombreuses à envisager de quitter la profession que les infirmières plus jeunes. Dans leur cas, la santé était plus fortement associée au fait d'envisager de quitter le secteur des soins infirmiers que parmi les infirmières plus jeunes. Par contraste avec les infirmières plus jeunes qui voulaient changer de profession, les infirmières plus âgées voulaient quitter leur profession. Plus de la moitié des infirmières dont l'état de santé n'était pas très satisfaisant voulaient rester dans la profession. Ce groupe a fait ressortir des conditions de travail psychosociales plutôt positives – mais également les craintes de chômage les plus élevées. Conclusions : les résultats indiquent que l'« infirmière dont l'état de santé n'est pas très satisfaisant » est une réalité dans bon nombre d'environnements de soins de santé. Des facteurs tels que les conditions de travail en vigueur positives, mais aussi le manque d'options professionnelles, contribuent sans doute à ces résultats. En vertu des tendances économiques, politiques et démographiques actuelles, on assiste à un accroissement du nombre des infirmières actives plus âgées dont l'état de santé n'est pas très satisfaisant. La surveillance de la santé au travail se trouvera confrontée à ce sérieux problème. Cependant, il ressort des conclusions de NEXT que la prévention devra également concerner des facteurs tenant à l'organisation dans le travail, si l'on se fixe pour but de soutenir la santé des infirmières et de leur permettre de rester en bonne santé dans leur profession jusqu'à l'âge de la retraite. Reconnaissance Le programme NEXT a été financé par l'Union Européenne (QLK6-CT-2001-00475). La contribution du Dr Madeleine Estryn Behar (responsable de NEXT / PRESST pour la France) devra être reconnue ici. Pour vous informer sur les autres collaborateurs et vous procurer davantage de résultats, veuillez vous reporter à www.next-study.net)

Etat de santé et condition de travail : Facteurs explicatifs du départ à la retraite des européens

Pascale Lengagne (Irdes), Thierry Debrand (Irdes)


Le but de cette recherche est d’appréhender les relations complexes entre l’emploi, les conditions de travail et l’état de santé pour les séniors européens. Dans un premier temps nous nous intéressons aux liens particuliers entre conditions de travail et Etat de santé. Dans un deuxième temps, nous montrons quel est l’impact de ces deux déterminants sur les intentions de départ à la retraite. Nous utilisons les données issues de l’enquête SHARE 2004.
En effet, les conditions de travail ont rapidement évolué au cours des dernières décennies dans les pays développés. Cette évolution s’est accompagnée de l’apparition de nouvelles formes d’organisation du travail s’avérant être sources de pénibilité et de risques pour la santé. Dans un contexte de vieillissement des populations, ces problèmes sont particulièrement préoccupants, en matière de santé, d’emploi et de financement des retraites. Cette étude s’intéresse aux liens existant entre l’organisation du travail et la santé des seniors. Nous montrons que plusieurs facteurs liés à l’organisation du travail - tels qu’une forte demande psychologique, un manque de latitude décisionnelle, une récompense reçue par le travail insatisfaisante, l’absence de soutien dans le travail mais aussi l’insécurité de l’emploi - sont corrélés à l’état de santé des seniors. Dès lors, l’organisation du travail comme la santé constituent des déterminants importants de la sortie d’activité des seniors.
Dans un deuxième temps, nous analysons l’effet de l’état de santé et de la satisfaction au travail sur les préférences en matière d’âge de départ en retraite dans 10 pays européens. Les préférences concernant l’âge de départ sont mesurées par la probabilité de réponse positive à une question sur le souhait de partir à la retraite le plus rapidement possible. Nous nous intéressons aux rôles joués par la santé et les conditions de travail pour expliquer à la fois les différences de préférence au niveau individuel et les différences de préférence entre les pays. Au niveau individuel, les effets obtenus sont conformes aux attentes, mais ne contribuent que faiblement à expliquer les différences moyennes constatées entre pays. A état de santé et conditions de travail individuelles identiques, nous observons un gradient nord-sud du souhait de départ précoce à la retraite qui reste proche de l’effet brut. Ces résultats sont robustes au contrôle par des indicateurs de contexte institutionnel (générosité des systèmes de retraite) et au contrôle du biais de sélection lié au fait que la question ne touche que des individus encore en activité.

Les décisions de départ à la retraite des salariés du privé : Une analyse à partir de l’enquête SVP50 et des données Cnav

Samia Benallah (CEE)


L'objet de ce travail est d'analyser le rôle que peuvent jouer les conditions de travail et l’état de santé sur les décisions de départ à la retraite des salariés du secteur privé. Notre approche est double. D’une part, nous examinons les préférences déclarées des salariés en matière de départ à la retraite à partir des données subjectives de l’enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans (SVP50). Cette enquête interroge en effet les salariés sur leurs intentions de départ. D’autre part, nous analysons leurs préférences révélées en mobilisant des données objectives issues des dossiers de liquidation des retraites de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (Cnav). Ces données nous permettent ainsi d’étudier les comportements individuels effectivement observés. Nous analysons trois dimensions susceptibles d’influencer, non seulement la probabilité de partir à la retraite dès l'âge de 60 ans, mais aussi celle de liquider sa retraite avant d’obtenir le taux plein : les droits à la retraite, l’état de santé et les caractéristiques du travail. Nous montrons que ces trois dimensions influencent globalement les décisions de départ à la retraite dans le sens attendu, quelle que soit l’approche mobilisée. Ainsi, un état de santé dégradé et/ou des conditions de travail difficiles augmentent la probabilité de partir à 60 ans et celle de liquider sa retraite avant le taux plein. A l’inverse, de fortes incitations financières au recul de l’âge de départ à la retraite et/ou un faible niveau de pension ne jouent pas positivement sur ces deux probabilités. Finalement, nos résultats révèlent une cohérence entre les intentions de départ à la retraite et les comportements effectivement observés.

Les écarts d'espérance de vie en bonne santé, que faut-il en penser ?

Jean-Marie Robine (Inserm), Emmanuelle Cambois (Ined)


Les espérances de santé sont en train de passer du statut d'objet de recherche qu'elles occupent depuis une vingtaine d'années au statut d'indicateur majeur de l'état de santé des populations que ce soit en Europe sous le nom d'Healthy Life Years (HLY) ou aux Etats-Unis dans le cadre de la stratégie fédérale Healthy People 2010. Mais tout n'est pas résolu pour autant. Des écarts importants d'espérance de vie en santé ont été notés entre des pays voisins, entre les catégories sociales au sein d'un même pays ou entre les sexes. Dans le premier cas une tendance lourde est d'incriminer des différences culturelles dans la perception et le report des états de santé. Dans le second cas les différences d'espérance de vie sont systématiquement majorées quand on examine les espérances de vie en santé. Dans le troisième cas c'est l'inverse, les écarts d'espérance de vie entre les sexes sont systématiquement réduits lorsqu'on examine les espérances de vie en bonne santé et, même, quelques fois ils sont inversés. Contrairement aux comparaisons nationales, des arguments d'ordre culturel ne sont jamais avancés pour expliquer les écarts entre les catégories sociales ou entre les sexes. Peu ou pas de travaux ont considéré ces écarts dans leur globalité. C'est l'objet de cette communication : les écarts d'espérance de vie en bonne santé, que faut-il en penser ?

Conditions de travail et structures d’âges, une approche statistique dans l’Union européenne.

Serge Volkoff (CEE)


De nombreuses recherches, en psychologie industrielle, en ergonomie, et plus récemment en démographie du travail, ont montré l’effet sélectif de certaines caractéristiques du travail sur l’affectation des salariés vieillissants. Sont en cause, usuellement, les horaires décalés, les pénibilités physiques (posturales, notamment), les situations de forte pression temporelle et de répétition des urgences, ainsi que les changements de techniques ou d’organisations à rythme accéléré. Dans cette communication, nous proposons d’abord de rappeler ces résultats généraux et d’indiquer en quoi ils font écho aux connaissances sur le vieillissement humain dans ses relations avec l’activité de travail. Puis nous synthétiserons les indications fournies dans ce domaine par les enquêtes de la Fondation de Dublin sur les conditions de travail en Europe, en examinant d’une part les résultats concernant l’Union européenne dans son ensemble, d’autre part les différences entre pays. L’objectif sera d’examiner si les mécanismes sélectifs évoqués restent visibles dans les résultats les plus récents, et de se demander si les différences entre les conditions de travail d’un pays à l’autre (telles que l’enquête les enregistre), pour les vieillissants et/ou pour l’ensemble de la population, sont en lien statistique avec le taux d’emploi des seniors dans chaque pays.

L’emploi des seniors entre dynamique des métiers et problèmes de santé

Marc-Antoine Estrade (Centre d'analyse stratégique)


La majorité des actifs occupés n’est pas en mesure de choisir la date de leur départ de l’emploi en fin de carrière et plus de quatre sur dix le quittent avant l’âge de liquidation de leur pension. Cette situation est toutefois très différente d’un métier à l’autre, selon la dynamique de l’emploi, forte ou en déclin, et selon la possibilité ou non pour les seniors de se maintenir en emploi, notamment du fait de problèmes de santé. En combinant ces critères et celui de l’âge de départ effectif de l’emploi, on peut distinguer trois grandes configurations de l’emploi des seniors par métiers. La première regroupe des métiers où les effectifs sont en déclin (ouvriers non qualifiés de l’industrie, secrétaires) : les départs précoces sont nombreux et les seniors sortent fréquemment de l’emploi vers le chômage avec dispense de recherche d’emploi. Une seconde configuration regroupe les métiers les plus qualifiés où la demande de travail est forte : les départs se font généralement directement de l’emploi vers la retraite (cadres du tertiaire, personnel de recherche), mais les préretraites ont été longtemps un moyen de gérer les fins de carrières (employés et techniciens de la banque et des assurances). Enfin, la troisième configuration regroupe des métiers où les effectifs sont en croissance, mais où les contraintes de pénibilité se traduisent fréquemment par des départs précoces de l’emploi pour raisons de santé (aides-soignants, ouvriers qualifiés du bâtiment, etc.).

Pénibilité, emploi, retraite : quelques enseignements des accords collectifs en France

Annie Jolivet (Ires)


Au cours des dernières années, la négociation collective a pris une importance particulière dans le domaine de la gestion des âges en général et/ou dans le domaine de la gestion des salariés en fin de carrière. La loi sur la réforme des retraites du 21 août 2003 d’abord, l’accord national interprofessionnel du 20 septembre 2003, puis la loi du 4 mai 2004 sur la formation tout au long de la vie et enfin la loi de modernisation sociale de janvier 2005 ont successivement ouvert des champs de négociation. Il en résulte un enchevêtrement des thèmes de négociation. A partir d’un certain nombre accords accessibles, de branche et d’entreprise, nous nous interrogerons sur les thèmes de négociation retenus, sur l’impact de la négociation et sur l’évolution réelle des pratiques. Nous nous intéresserons particulièrement au thème de la pénibilité, apparu dans quelques accords en dépit (ou à cause) de l’enlisement de la négociation interprofessionnelle.


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8 mars 2011