Ce bulletin rassemble les résultats de la veille documentaire sur l'actualité en santé et domaines connexes. Cette veille se base sur la lecture de lettres d'actualités et de revues de presse en ligne, ainsi que sur le suivi de sites français et étrangers. Il est élaboré par les documentalistes de l'Irdes, Rouguiyatou Ndoye et Véronique Suhard.
De périodicité bimensuelle, ce bulletin de veille présente les nouveautés selon les thématiques suivantes :
• Démographie et mode de vie • Economie de la santé • Géographie de la santé • Handicap • Hôpital • Inégalités sociales de santé • Médicament • NTIC : Internet, open data • Politique de santé, politique sociale • Prévention • Psychiatrie • Réglementation • Soins de santé primaires • Travail et santé • Vieillissement
En 2070, si les tendances démographiques récentes se prolongeaient, la France compterait 65,9 millions d'habitants, soit 3,2 millions de moins qu'en 2026. La population augmenterait légèrement jusqu'en 2037 pour atteindre 69,8 millions d'habitants. Cette croissance démographique tiendrait exclusivement au solde migratoire, le solde naturel devenant négatif à partir de 2025. À partir de l'année 2037, le solde migratoire ne compenserait plus le déficit naturel et la population commencerait donc à diminuer. D'ici 2070, le nombre d'habitants de moins de 45 ans baisserait de 8,9 millions, tandis que celui des personnes âgées de 45 à 64 ans serait quasi stable et que celui de 65 ans ou plus augmenterait de 5,8 millions. La hausse du nombre de personnes âgées serait essentiellement portée par celle des 80 ans ou plus (+4,6 millions) ; le nombre de centenaires pourrait être multiplié par 4.
Le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (Hcaam) a adopté un rapport proposant des scénarios de régulation des dépassements d'honoraires des médecins. Il fait suite au rapport d'état des lieux publié en octobre 2025. Le Hcaam a instruit trois scénarios de réformes et évalué leurs impacts sur les patients, les praticiens, et les assurances maladie obligatoires et complémentaires. Ils reposent sur l'activation de deux leviers : assurer un niveau important d'offre à tarif opposable, par exemple en rendant l'accès au secteur 2 plus sélectif ou en élargissant le droit d'accéder à des tarifs opposables pour les patients ; agir sur le niveau des dépassements, en encadrant davantage les pratiques tarifaires de ceux qui en réalisent.
> Le Quotidien du médecin, 9 juin 2026 (accès abonnés)
On peut lire parfois que la situation financière de l'Assurance maladie en France serait due à un système excessivement généreux pour les patients, qui conduirait à des dépenses non pertinentes. Ce numéro examine donc deux questions : Le système de santé français est-il particulièrement généreux ? Accroître la participation financière des patients améliore-t-il la pertinence de la dépense ?
> Hcaam, Décryptages santé n° 2 juin 2026
Ce rapport constate une conjoncture économique qui se détériore en 2025, l'existence d'incertitudes majeures pour 2026, avec un déficit en forte hausse en 2025 et une dégradation appelée à se poursuivre en 2026.
Adoptée le 11 mai, la loi antifraude bannit le renouvellement d'arrêts de travail par télémédecine, oblige les véhicules de transport sanitaire à se géolocaliser et réaligne les périmètres de contrôle entre médecins libéraux, centres et plateformes. Cette loi fait toutefois l'objet d'une contestation devant le Conseil constitutionnel, portée par trois saisines.
> Dossier législatif - assemblée nationale
L'accès aux soins est l'une des préoccupations majeures pour lesquelles de nombreux élus locaux sont interpellés, ils cherchent alors à trouver des solutions pour attirer les professionnels de santé sur leurs territoires. Parmi les initiatives mises en place, certaines collectivités font le choix de créer et gérer des centres de santé, modèle d'exercice collectif et pluriprofessionnel de la médecine reposant sur le salariat des professionnels exerçant dans le centre, y compris les professionnels de santé. Dans le 32e numéro de sa collection « Cap sur », l'Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL) décrit ces centres de santé gérés par des collectivités, leurs particularités ainsi que les enjeux financiers associés. Cette étude analyse ainsi les niveaux de dépenses et le poids dans les budgets des collectivités gestionnaires, la couverture des dépenses par les recettes et les disparités de situation de gestion entre les différentes collectivités.
> Le portail des collectivités locales, 27 mai 2026
L'objectif de ce dossier documentaire est de dresser un panorama indiquant et décrivant les recherches sur les liens que les personnes concernées par le handicap psychique entretiennent avec le cancer.
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie deux nouvelles études sur les durées passées aux urgences. L'une porte sur la durée entre l'enregistrement administratif et la sortie effective du service selon les parcours de soin des patientes et patients, l'autre sur la durée des principales étapes d'un passage aux urgences. Les données présentées sont issues de l'enquête Urgences, menée en collaboration avec les professionnels des urgences. Réalisée en 2023, cette enquête donne une photographie nationale des urgences sur 24 heures, un jour moyen en semaine, à dix ans d'intervalle de la précédente édition.
La ministre de la Santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, Stéphanie Rist, a présenté une nouvelle stratégie nationale visant à réduire les passages évitables aux urgences et à redonner durablement des capacités aux services d'urgence. Cette stratégie s'inscrit dans la continuité du Pacte de refondation des urgences lancé en 2019, qui a permis de mettre fin à la hausse continue des passages observés pendant plus de vingt ans. Cette "stratégie nationale" vise à réduire de moitié les passages évitables aux urgences, soit environ quatre millions de passages en moins par an.
> Site du ministère chargé de la santé
Le Panorama de la Fédération des observatoires régionaux des urgences (Fédoru) a pour objectif de fournir une analyse précoce et détaillée de l'activité des structures de médecine d'urgence pour l'année écoulée. Il repose sur les Résumés de passages aux urgences (RPU) transmis quotidiennement par les établissements sièges de structures d'urgence aux concentrateurs régionaux.
> Site de la Fédoru, juin 2026
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie une nouvelle étude sur les liens entre le niveau de vie et l'incidence des cancers. Élaborée à partir des données de l'Assurance maladie appareillées à celles de l'échantillon démographique permanent de l'Insee, cette étude documente pour la première fois en France les inégalités sociales d'incidence et de gravité de cancer à l'échelle individuelle sur un large ensemble de localisations cancéreuses. Elle permet de mieux comprendre les mécanismes à l'origine des inégalités sociales face au cancer.
> Site de la Drees, 4 juin 2026
En France hors outre-mer, plus de 6 personnes sur 10 en situation de privation matérielle et sociale une année donnée y sont encore l'année suivante. Le taux de persistance à trois ans dans la privation matérielle et sociale est élevé : parmi les personnes en situation de privation matérielle et sociale en 2022, une sur deux y est encore en 2025.
Les deux traitements médicamenteux de l'obésité (TMO) Wegovy et Mounjaro seront pris en charge par l'Assurance maladie à partir du 15 juin 2026, sous certaines conditions. Ces traitements injectables, initialement développés contre le diabète, sont des analogues du GLP-1, une famille de médicaments permettant de ralentir la digestion et d'augmenter la sensation de satiété. Ces médicaments sont disponibles en France depuis 2024 et délivrés sur ordonnance à un prix fixé par le laboratoire, sans remboursement possible par l'Assurance maladie.
2025 confirme la dynamique autour de l'utilisation secondaire des données de santé, avec +45 % de projets accompagnés par les équipes du HDH par rapport à 2024. L'année est aussi marquée par un chantier structurant de souveraineté avec le lancement des travaux de migration vers la solution cloud souveraine de Scaleway, ainsi que par la poursuite des travaux afin de préparer la mise en œuvre de l'EEDS. Une année clé pour la PDS entre montée en puissance des usages, transformation technologique et ambitions européennes.
> Health data hub, 28 mai 2026
> Health data hub, 25 mai 2026
Le HCSP contribue à la stratégie nationale de santé grâce à une expertise collective. Un groupe de travail a élaboré un avis prospectif fondé sur ses travaux, structuré autour de quatre axes : accès et qualité des soins, démocratie en santé, prévention, et gouvernance. Cet avis propose des objectifs et orientations pour une mise en œuvre pluriannuelle.
Les agences régionales de santé (ARS), créées en 2009, visaient à mieux coordonner le système de santé en regroupant les compétences au niveau régional. Si des progrès ont été réalisés, leur bilan reste mitigé, notamment depuis la crise du Covid-19 qui a révélé plusieurs limites : éloignement du terrain, gouvernance complexe et difficultés à réduire les inégalités d'accès aux soins. Ces critiques traduisent une tension liée au rôle très large des ARS. Des réformes ont tenté d'y remédier, mais un débat persiste sur la nécessité de transformer en profondeur leur fonctionnement. Trois pistes principales sont proposées dans ce rapport sénatorial : renforcer l'échelon départemental, accroître les capacités d'adaptation aux territoires et garantir un socle minimum de services pour tous les citoyens
Ce numéro est consacré aux institutions et agences dans le domaine de la santé en France. Après des tentatives anciennes peu concluantes, notamment au début du XXe siècle, les crises sanitaires récentes et les enjeux de maîtrise des dépenses ont favorisé la création de nombreuses structures d'expertise et de gestion. A travers différents articles, ce numéro propose de mieux comprendre ces institutions, anciennes ou récentes, en présentant plusieurs acteurs clés qui participent à l'évolution du système de santé et aux politiques sanitaires.
Ce dossier dresse un état des lieux de la consommation de l'alcool en France, avant d'explorer les différentes pistes qui s'offrent à la prévention, au niveau individuel et collectif.
> La Santé en action, 2026, n° 473
Dans les services de psychiatrie, certaines mesures restreignant la liberté des patients, telles que les soins sans consentement, la mise à l'isolement ou la contention à l'aide de sangles, sont autorisées dans un cadre légal strict. Les recherches révèlent toutefois d'importantes différences entre établissements dans le recours à ces pratiques. Quelle est la situation en France, alors que le ministère de la santé ambitionne d'en finir avec la contention d'ici à 2030.
> The Conversation, 6 juin 2026
À l'occasion de l'événement « Santé mentale, Grande cause nationale » organisé le 2 juin au ministère de la Santé, a été présenté le bilan de la Grande cause nationale 2025 ainsi que les priorités de l'année 2026. Parmi elles, un dispositif "coupe-file" garantissant un rendez-vous en 24 à 48 heures pour tout élève repéré en souffrance psychique. Stéphanie Rist a par ailleurs évoqué la création d'une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie, dont "chaque ministère aura un référent", le déploiement des formations sur les premiers secours en santé mentale dans les établissements scolaires et universitaires, ainsi que dans la sphère professionnelle, ou encore l'installation de "filières psychiatriques des Services d'accès aux soins" dans "tous les départements à la fin 2027". Le gouvernement veut également mettre fin à la contention mécanique en psychiatrie.
> Communiqué de presse du ministère chargé de la santé
En 2024, la majorité des collégiens et lycéens se disent en bonne santé et satisfaits de leur vie, même si ces perceptions sont en légère baisse par rapport à 2022. Le bien-être mental progresse toutefois (70 % des collégiens et 63 % des lycéens). Le sentiment de solitude recule, mais les difficultés psychologiques restent fréquentes, notamment la nervosité, l'irritabilité et la déprime. Près d'un lycéen sur cinq présente un risque élevé de dépression, et 20 % déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours de l'année. La santé mentale tend à se dégrader au fil de la scolarité, particulièrement chez les filles. Entre 2022 et 2024, certains indicateurs s'améliorent, tandis que d'autres continuent de se détériorer.
> Santé publique France, 28 mai 2026
> Site du BEH (résultats en Guadeloupe)
Pour rappel, la 1re édition de l'étude
Enabee a permis, en combinant les réponses des parents, des
enseignants et des enfants, d'estimer les prévalences des
principaux troubles de santé mentale rencontrés à cette tranche
d'âge:
• 5,6 % des enfants présentaient probablement un trouble
émotionnel ;
• 6,6 % des enfants présentaient probablement un
trouble oppositionnel ;
• 3,2 % des enfants présentaient
probablement un trouble déficit de l'attention avec ou sans
hyperactivité.
Au total, 13,0 % présentaient au moins un trouble probable de santé mentale (tous troubles confondus). Ces travaux complémentaires visent à décrire les caractéristiques associées à la présence d'au moins un trouble probable de santé mentale.
> Santé publique France, 28 mai 2026
Cet arrêté fait évoluer les modalités permettant de réviser les parts populationnelles relatives aux différents types de zones dans les arrêtés régionaux de zonage pour la profession d'infirmier.
L'Inspection générale des finances (IGF) a récemment rendu publics des rapports d'audit portant sur les Ordres nationaux des médecins, des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes. Ces institutions de droit privé, investies d'une mission de service public, sont chargées d'organiser l'inscription des professionnels, d'assurer le respect des règles déontologiques, de contrôler les conditions d'exercice et de traiter les plaintes sur l'exercice de la profession. Les audits ont toutefois révélé que ces instances peinaient à équilibrer leur rôle de représentation corporatiste avec leurs impératifs de régulation publique, entraînant ainsi des dérives de gestion et une porosité aux conflits d'intérêts.
> Assurance maladie, 4 juin 2026
> Le Quotidien du médecin , 1er juin 2026 (accès abonnés)
On connaît tous le plafond de verre qui empêche les femmes de progresser dans les entreprises. Un obstacle similaire existe pour les travailleurs plus âgés : le silver ceiling. Ce plafond fait référence aux barrières invisibles qui entravent injustement la mobilité ascendante des travailleurs plus âgés dans les entreprises.
> The Conversation, 1er juin 2026
L'habitat inclusif, défini par l'article L281-1 du code de l'action sociale et des familles, est destiné à des personnes âgées ou en situation de handicap qui « font le choix d'un mode d'habitation regroupé, entre elles ou avec d'autres personnes ». Il combine des logements privatifs et des espaces partagés, structurés autour d'un « projet de vie sociale et partagée ». Ses habitants peuvent bénéficier de l'aide à la vie partagée (AVP), qui finance les actions prévues dans ce projet. Pour éclairer les politiques publiques actuelles visant à encourager le développement des « habitats intermédiaires », l'IPP a réalisé la première enquête nationale auprès des porteurs de projets d'habitats dont les habitants bénéficient de l'AVP. L'enquête montre que ces structures partagent certaines caractéristiques du secteur médico-social : des porteurs de projets souvent issus de ce secteur et des profils d'habitants proches de ceux de certains établissements médico-sociaux. Elles s'en distinguent toutefois sur d'autres aspects, notamment par leur taille plus réduite et par un public en moyenne plus jeune en habitats inclusifs pour personnes âgées qu'en résidence autonomie. Le projet de vie sociale et partagée, qui introduit une dimension participative dans leur fonctionnement, fait également leur singularité. Enfin, les habitats inclusifs sont souvent mis en œuvre à l'initiative des collectivités locales, avec le concours des bailleurs sociaux. Ils constituent ainsi une politique publique originale, au carrefour entre politique de l'autonomie et politique du logement.
ISSN 2824-9658