Ce bulletin rassemble les résultats de la veille documentaire sur l'actualité en santé et domaines connexes. Cette veille se base sur la lecture de lettres d'actualités et de revues de presse en ligne, ainsi que sur le suivi de sites français et étrangers. Il est élaboré par les documentalistes de l'Irdes, Rouguiyatou Ndoye et Véronique Suhard.
De périodicité bimensuelle, ce bulletin de veille présente les nouveautés selon les thématiques suivantes :
• Assurance maladie • Démographie et mode de vie • Economie de la santé • Environnement et santé • Etat de santé • Géographie de la santé • Hôpital • Inégalités sociales de santé • NTIC : Internet, open data • Politique de santé, politique sociale • Prévention • Psychiatrie • Réglementation • Soins de santé primaires • Sondages • Système de santé • Travail et santé • Vieillissement • Nominations
L'Inspection générale des finances (IGF) et l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) ont conduit une revue de dépenses sur la fraude aux prescriptions et aux facturations à l'Assurance maladie. Pour améliorer la lutte contre la fraude, le rapport propose plusieurs axes prioritaires. Il recommande d'opérer une bascule stratégique de l'aval vers l'amont des paiements : en accélérant l'intégration de contrôles embarqués dans le système de paiement, pour rejeter les indus avant paiement ; en se dotant d'une feuille de route pour le déploiement de l'ordonnance numérique, un outil‑clé pour sécuriser la chaîne de prescription et lutter contre les fausses ordonnances. Le rapport suggère également d'optimiser les contrôles et leur ciblage en s'appuyant davantage sur les potentialités offertes par la science des données, afin d'identifier des schémas frauduleux émergents. Il propose de rééquilibrer les contrôles vers les dossiers à forts enjeux financiers, où les fraudes de professionnels de santé sont surreprésentées. Enfin, il est recommandé de renforcer la coordination entre les caisses primaires d'assurance maladie et les parquets pour une action contentieuse plus efficace.
Cette étude de l'Assurance maladie présente la cartographie des pathologies et des dépenses, de 2015 à 2024. Une première partie décrit les effectifs et les dépenses associées pour la prise en charge des différentes pathologies en 2024, suivie d'une deuxième partie sur leurs évolutions entre 2015 et 2024. Enfin, une troisième partie présente en détail les résultats relatifs aux cancers, aux maladies cardio-neurovasculaires et aux maladies et traitements psychiatriques, représentant 89 milliards d'euros, soit 42 % de l'ensemble des dépenses.
Dans son rapport "Charges et Produits" pour 2027, la Mutualité sociale agricole (MSA) met en avant plusieurs fragilités sanitaires qui affectent les populations agricoles et rurales. L'organisme souligne notamment une progression du risque suicidaire en 2023 : le sur-risque de suicide est supérieur de 66 % à celui observé dans l'ensemble des régimes d'Assurance maladie et atteint même 115 % chez les non-salariés agricoles âgés de 15 à 64 ans. La MSA relève également une dégradation persistante de l'accès aux soins en milieu rural, particulièrement pour les femmes. Ainsi, 56 % des agricultrices non salariées vivent dans une intercommunalité dépourvue de gynécologue libéral contre 23 % pour la population générale.
Cette publication présente de nouvelles statistiques de référence sur la vie familiale des 18-79 ans en France hexagonale. Elle propose, à travers 32 fiches thématiques, un panorama des premiers résultats de l'enquête. Elle met en évidence les nombreuses évolutions intervenues depuis la première édition de l'enquête réalisée il y a vingt ans. Les thèmes abordés couvrent notamment la fécondité, l'infertilité, les trajectoires familiales, la vie conjugale et les relations entre générations. Un éclairage spécifique est apporté sur les couples de même sexe.
Entre 2010 et 2022, le nombre de naissances a chuté de 14 % en France hors Mayotte et recule encore de 11 % entre 2022 et 2025, sous l'effet d'une fécondité à son plus bas niveau depuis un siècle. L'ampleur de cette baisse varie fortement selon les territoires. Dans près de quatre départements sur dix, situés principalement dans la moitié nord et le centre de la France, la natalité diminue sous un triple effet : recul de la fécondité et baisse du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants liée d'une part à l'évolution de la structure démographique et d'autre part aux déménagements. À l'inverse, dans les départements plus attractifs, notamment sur une partie du littoral atlantique et en régions francilienne et lyonnaise, l'arrivée d'habitants en âge d'avoir des enfants permet d'amortir ce déclin. À l'échelle des aires d'attraction des villes, un même contraste se retrouve : les naissances diminuent fortement dans les petites aires (moins de 200 000 habitants) faute de renouvellement démographique, tandis que l'attractivité des plus grandes (plus de 700 000 habitants) compense en partie la baisse de la fécondité. Enfin, au sein même des plus grandes aires, les naissances se redistribuent des communes‑centres vers les périphéries, du fait des trajectoires résidentielles des familles.
> Insee Première, n° 2121, juillet 2026
La franchise médicale et la participation forfaitaire sont plafonnées à 50 euros chacune. Au-delà de la 50e boite de médicaments achetée dans l'année ou de la 25e consultation médicale, le patient n'a donc plus à payer de reste à charge. Le gouvernement souhaite désormais faire passer chacun de ces plafonds à 100 euros. La ministre a également annoncé que son souhait daugmenter le ticket modérateur sur les soins dentaires, les transports sanitaires et « les médicaments les moins efficaces », ce qui entraînera un transfert de charges de la Sécurité sociale vers les complémentaires santé. Consulté pour avis, le conseil de la Caisse nationale d'Assurance maladie (Cnam) a rejeté les projets de décrets du gouvernement pour l'application de ces nouvelles mesures.
> France info, 23 juillet 2026
> Le Quotidien du pharmacien, 30 juillet 2026 (accès abonnés)
La France est connue pour consacrer une part importante de sa richesse aux soins de santé. En 2022, la dépense courante de santé au sens international qui recouvre la consommation de soins et de biens médicaux, mais également les dépenses de soins de longue durée, de prévention et celles liées à la gouvernance du système de santé, s'élève à 313,6 milliards d'euros, soit 4 600 euros par habitant (Drees, 2023). Cela correspond à 11,9 % du Produit intérieur brut. Aux États–Unis, la dépense courante en santé atteint 18,2 % du PIB. Elle est également plus élevée en Allemagne qu'en France, où elle s'établit à 12,6 % du PIB. Mais certains pays ont des dépenses de santé inférieures, comme par exemple le Royaume Uni où elles ne représentent que 11,3 % du PIB (Drees, 2023). Lorsque l'on regarde le volume des soins, les Français ont en moyenne 5,9 visites chez le médecin par an. C'est beaucoup moins que les Allemands, qui ont en moyenne 9,8 visites par an, mais c'est beaucoup plus qu'en Norvège, au Danemark ou aux États-Unis, où les nombres de visites en moyenne sont de 4,4 et 3,9 et 3,8 (OCDE, 2023).
> Collège des économistes de la santé, 13 juillet 2026
Les dépassements d'honoraires des médecins spécialistes se généralisent, voire deviennent majoritaires pour certains soins et dans certains territoires.Des études récentes de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) montrent que certains actes sont particulièrement concernés, comme l'opération de la cataracte, la reconstruction du ligament croisé, la « sleeve gastrectomy » ou encore la pose de prothèse de hanche.Ce constat pose question quant à l'accès aux soins pour tous, notamment pour les ménages dont les ressources se situent juste au-dessus des seuils pour bénéficier des dispositifs de prise en charge destinés aux foyers les plus modestes.
> The Conversation, 12 juillet 2026
La Fédération des institutions de
prévoyance (Fips) révèle les premiers résultats de son étude sur
la couverture prévoyance dans les entreprises, réalisée en
partenariat avec Kanonik. Les données montrent le rôle
déterminant des partenaires sociaux et de la négociation au sein
des branches afin d'assurer une protection de qualité aux
salariés contre les risques incapacité, invalidité et décès mais
également de développer des dispositifs de solidarité et de
prévention adaptés aux réalités des métiers.
> Site
de la Fips
Dans son édition annuelle des chiffres
clés de la Sécurité sociale, la Direction de la Sécurité sociale
(DSS) présente un panorama d'indicateurs sur le financement et
la performance du service public du régime général de Sécurité
sociale pour l'année 2025. Le rapport indique que 588 milliards
d'euros de recettes ont été encaissés en 2024, et 644 milliards
d'euros de produits consolidés sont attendus en 2025. Les
employeurs financent 47,5 % et les ménages 52,5 % des recettes,
principalement via les cotisations sociales (56,3 %) et la CSG
(20,2 %). Les dépenses sont réparties entre les branches
"vieillesse" (44,4 %), "maladie" (38,4 %), "famille" (8,6 %),
"autonomie" (6,1 %) et "accidents du travail-maladies
professionnelles" (2,5 %). En 2025, la branche "maladie" reste la
plus déficitaire avec un solde de -15,9 milliards d'euros,
tandis que le déficit global des régimes de base et du Fonds de
solidarité vieillesse atteint -21,6 milliards d'euros. Malgré
des efforts d'amélioration du service public (délais de
traitement, accueil téléphonique, performance environnementale),
la Sécurité sociale fait face à des enjeux financiers importants
liés à l'évolution des dépenses sociales et à la dette à
amortir.
> Direction
de la Sécurité sociale, juin 2026
Les personnes pauvres sont plus exposées aux canicules, inondations, feux de forêt et sécheresses. Elles ont plus de risques de souffrir de maladies qui aggravent leur vulnérabilité aux risques climatiques. Les difficultés d'accès aux soins renforcent les dangers sanitaires du changement climatique. Les territoires d'outre-mer cumulent pauvreté, services publics insuffisants et exposition forte aux risques climatiques. Protéger la santé face au climat suppose de lutter contre la pauvreté, de garantir l'accès aux soins et d'investir dans les services publics.
> Oxfam France, 21 juillet 2026
Le Haut Conseil pour le climat (HCC) a publié son rapport annuel 2026 dans un contexte marqué par plusieurs épisodes de chaleur intense et par l'aggravation des risques liés au changement climatique. Dix ans après l'Accord de Paris, l'instance estime que les effets du réchauffement deviennent plus importants pour la santé, les infrastructures, les écosystèmes et l'économie. Elle souligne également que la dépendance aux énergies fossiles constitue un enjeu de souveraineté dans un contexte géopolitique tendu. Le rapport observe un ralentissement de la baisse des émissions françaises de gaz à effet de serre en 2025 et considère que les efforts devront s'intensifier pour respecter les objectifs climatiques. Dans le même temps, le gouvernement a adopté la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), qui fixe la trajectoire de la France vers la neutralité carbone en 2050. Cette feuille de route prévoit une réduction de moitié des émissions d'ici 2030 par rapport à 1990 et introduit pour la première fois des objectifs chiffrés relatifs à l'empreinte carbone liée à la consommation des Français, y compris lorsque les émissions sont produites à l'étranger.
> Haut Conseil pour le climat, 9 juillet 2026
> Gouvernement, 15 juillet 2026
> Banque des territoires, 16 juillet 2026
Depuis une dizaine d'années, les tendances de consommation de drogues sont de plus en plus contrastées selon les générations. La consommation de drogues diminue fortement chez les adolescents, quel que soit le produit. Chez les adultes, l'usage de cannabis se stabilise, allant de pair avec un vieillissement des usagers. A contrario, le recours aux psychostimulants (cocaïne, MDMA/ecstasy, amphétamines) est nettement plus fréquent qu'il y a dix ans à l'âge adulte.
> The Conversation, 25 juillet 2026
L'Institut national du cancer publie la sixième édition du Panorama des cancers en France, la brochure annuelle qui rassemble les données les plus récentes sur les cancers. Elle présente les principaux indicateurs épidémiologiques, ainsi que les dernières données liées aux facteurs de risque de cancer, aux dépistages et aux soins. Des fiches synthétiques sont également proposées sur 8 localisations cancéreuses parmi les plus fréquentes ou de plus mauvais pronostic. L'édition 2026 est marquée par la création du registre national des cancers, piloté par l'Institut. Présentée dans un focus dédié, sa mise en place constitue une avancée majeure pour améliorer la connaissance de l'épidémiologie des cancers en France.
L'asthme est une maladie chronique respiratoire multifactorielle, avec une composante génétique et héréditaire, dépendant de l'âge et du sexe de l'individu, mais également de facteurs externes, susceptibles de déclencher la maladie ou son exacerbation via les crises. L'objectif de cette étude est d'évaluer l'association entre l'incidence de l'asthme traité chez les enfants et l'exposition aux facteurs de risques environnementaux incluant les bassins industriels via une étude de corrélation écologique géographique, à l'échelle de la commune.
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) diffuse les valeurs de l'indicateur d'accessibilité potentielle localisée (APL) en 2024 pour les médecins généralistes, les infirmiers, les sages-femmes, les kinésithérapeutes et les chirurgiens-dentistes.
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie de premiers résultats sur l'activité des établissements de santé, ainsi que de premières estimations sur la situation financière des hôpitaux publics et sur l'évolution des effectifs salariés en 2025.
Cette mission flash, commanditée par la ministre de la santé avait deux objectifs : définir des parcours de prise en charge alternatifs aux urgences lorsque cela est pertinent ; recenser la palette de solutions concrètes pour fluidifier les parcours des patients entrés via les urgences.
Ils proposent 7 axes de travail :
Axe 1 : faire des parcours des personnes
âgées une priorité absolue.
Axe 2 : pour une gouvernance territoriale et effective des
parcours patients.
Axe 3 : déployer et généraliser les organisations ayant fait la
preuve de leur efficacité pour fluidifier les parcours patients.
Axe 4 : faire évoluer l'offre hospitalière vers une plus grande
capacité de prise en charge polyvalente, intégrée dans une
organisation plus agile avec les spécialités d'organe et
favorisée par une formation médicale et paramédicale basée sur
les besoins en santé publique
Axe 5 : spécificités de la pédiatrie.
Axe 6 : spécificités de la psychiatrie.
Axe 7 : développer un financement prenant en compte la
complexité des parcours et les efforts faits pour éviter les
hospitalisations.
> Site
du Ministère chargé de la santé
En 2024, les niveaux de vie augmentent dans un contexte de net reflux de l'inflation. Cette hausse concerne toute l'échelle des niveaux de vie. Le niveau de vie médian des personnes vivant dans un logement ordinaire en France métropolitaine atteint 2 228 euros par mois et croît de 1,8 % en euros constants. Le niveau de vie des plus modestes augmente de 1,7 % et celui des plus aisés de 1,4 %. Ils sont principalement soutenus par la revalorisation des retraites et la hausse des salaires, supérieures à l'inflation, les taux de rendement élevés des placements financiers et, pour les plus modestes, par la revalorisation des prestations sociales. Malgré le redressement des niveaux de vie des plus modestes, les inégalités de niveau de vie atteignent un niveau historiquement élevé en raison de la hausse des revenus du haut de la distribution. En 2024, 9,8 millions de personnes occupant un logement ordinaire en France métropolitaine vivent sous le seuil de pauvreté monétaire (1 337 euros par mois). Le taux de pauvreté est stable par rapport à 2023 à 15,4 % et reste ainsi à son plus haut niveau depuis 1996, date de début de la série. L'intensité de la pauvreté, mesurée par l'écart entre le niveau de vie médian des personnes pauvres et le seuil de pauvreté, est en légère hausse. Le taux de pauvreté des retraités diminue et revient au niveau de celui des actifs (10,4 %). Les chômeurs et les familles monoparentales restent les catégories les plus touchées par la pauvreté.
> Insee Première, n°2117, juillet 2026
L'enquête sur l'accès aux droits est une série d'études menées périodiquement par le Défenseur des droits pour dresser un état des lieux, identifier et mesurer les atteintes aux droits dans ses domaines d'intervention. Après une première édition en 2016, le Défenseur des droits renouvelle l'enquête en 2024 pour observer les évolutions. Elle se compose de 5 volets. Le cinquième et dernier, publié le 9 juillet 2026, est consacré aux spécificités des risques d'atteintes aux droits des personnes en situation de précarité.
> Défenseur des droits, 9 juillet 2026
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie, en open data, les données actualisées sur les Ehpad, issues de la base de données interadministrative des établissements et services médico-sociaux (Badiane). Cette base de données annuelle, à vocation d'études et de recherche, rassemble des informations relatives au fonctionnement, à l'activité, au personnel et aux personnes accueillies dans les structures médico-sociales, au niveau de chaque établissement. Elle permet le suivi régulier de données statistiques représentatives des structures au niveau national et territorial. La base couvre actuellement le champ des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Ces données font également l'objet d'une datavisualisation commentée.
Le rapport de l'Igas examine et éclaire la situation de la périnatalité en France depuis une quinzaine d'années. Celle-ci s'est traduite par un taux de mortalité infantile s'élevant à 4 pour 1 000 pour l'année 2024. Après avoir illustré la façon dont les indicateurs de santé périnatale se sont dégradés en France sur la période récente, et après avoir relevé l'importance des facteurs populationnels dans cette évolution défavorable et l'impact limité des transformations de l'organisation sur celle-ci, ce rapport s'attachera à analyser l'organisation de l'offre à chacune des étapes du parcours de la femme enceinte puis de la jeune mère et de son enfant durant le premier mois de vie en identifiant, pour chacune de ces étapes, les points d'amélioration souhaitables. Il s'intéressera enfin aux questions de gouvernance, de pilotage et de coordination en matière de politique publique de la périnatalité et de mise en œuvre de celle-ci, que ce soit au niveau national, au niveau local, entre acteurs de la prise en charge des patients ou encore lorsque des transformations de l'offre doivent être conduites localement.
Comment adapter les politiques sanitaires et sociales aux grandes transformations économiques, démographiques, environnementales et technologiques à l'œuvre ? Quels sujets méritent une attention particulière ? Afin d'alimenter la réflexion des ministres et de leurs administrations, Mireille Elbaum (inspectrice générale des affaires sociales et Présidente de l'Autorité de la statistique publique) a conduit une mission exploratoire entre février 2023 et janvier 2024, permettant d'identifier les thématiques appelant à moyen et long terme un réexamen plus profond des politiques sanitaires et sociales, au-delà des ajustements ponctuels. L'Igas se propose aujourd'hui de partager ce document afin de contribuer au débat public.
L'Atlas 2026 des soins palliatifs et de la fin de vie, publié par le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), dresse un état des lieux complet de la prise en charge en France, avec de nouveaux focus sur la mortinatalité, la médecine de ville et les directives anticipées. Il vise à détailler l'offre de soins palliatifs sur le territoire en prenant en compte l'offre graduée et en distinguant les structures de prise en charge en ville de celles intervenant au sein des établissements de santé. L'Atlas met en lumière les disparités régionales d'accès aux soins grâce à la production de profils régionaux. Enfin, il fournit des éléments sur les parcours des patients en fin de vie à partir de l'exploitation des données hospitalières.
> Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie
Saisie par les ministres chargés de la santé, la HAS a évalué la pertinence d'instaurer une obligation vaccinale antigrippale annuelle chez deux populations distinctes : les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité et les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social. Au terme de son analyse, la HAS considère que la vaccination antigrippale pour les personnes de 65 ans et plus vivant en collectivité doit rester recommandée sans devenir obligatoire. Afin de protéger les personnes les plus vulnérables, elle recommande en revanche la mise en place d'une obligation vaccinale contre la grippe pour l'ensemble des professionnels de santé, ainsi que pour les autres professionnels travaillant dans les établissements de santé ou dans les établissements médicaux sociaux hébergeant des personnes âgées, en contact avec des personnes à risque de grippe sévère, avec un déploiement prioritaire en Ehpad et en USLD
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a visité en 2025 huit des neuf unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) du territoire français : Orléans, Seclin et Rennes en janvier, Villejuif et Marseille en février, Nancy et Lyon en mars et Toulouse en mai. Après des visites dans la quasi-totalité des UHSA, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté alerte sur la qualité des soins trop hétérogène entre structures. Le manque de personnel est également pointé dans les rapports.
> Hospimédia, 22 juillet 2026 (accès abonnés)
Personnels démunis, procédures administratives qui peinent à s'adapter, contrôle continu et procédure Parcoursup anxiogène… la médiatrice de l'Éducation nationale dénonce un manque de prise en compte des souffrances psychiques à l'école.
> Ministère de l'Éducation nationale
> Hospimédia, 9 juillet 2026 (accès abonnés)
Une note du Cercle Asclépios rappelle que la santé mentale constitue un défi majeur en France, avec environ 13 millions de personnes concernées chaque année par un trouble psychique et une dégradation particulièrement marquée chez les jeunes. L'organisation des soins se trouve confrontée à une demande croissante et à des difficultés d'accès. En parallèle, un article consacré au burn-out des dirigeants souligne que l'épuisement professionnel s'installe souvent progressivement et demeure difficile à identifier en raison des responsabilités et de l'isolement associés aux fonctions de direction. Les deux documents mettent en évidence l'importance du repérage précoce des situations de souffrance psychique. La note insiste sur la hausse des troubles anxieux, dépressifs et des conduites suicidaires chez les jeunes, ainsi que sur la nécessité d'agir sur des facteurs tels que l'isolement, les violences subies durant l'enfance, le sommeil ou les usages numériques. Elle préconise de renforcer la prévention, la pédopsychiatrie, les coopérations entre professionnels et l'accès à l'expertise spécialisée. L'article identifie plusieurs signaux d'alerte du burn-out, parmi lesquels les difficultés de concentration, les troubles du sommeil, l'irritabilité ou le repli sur soi, qui tendent à s'accumuler avant une rupture plus marquée.
> Cercle Asclépios, 7 juillet 2026
> Bel N, Rolland C (coor.). DRAPPS Occitanie. Mai 2026. Mise en ligne juin 2026
Il définit les missions des directeurs des délégations départementales des agences régionales de santé. Il précise les modalités de leur nomination, leurs missions, leur articulation avec le directeur général de l'agence régionale de santé et avec le représentant de l'Etat dans le département. Il crée un comité de l'accès aux soins de premier recours, présidé conjointement par le directeur départemental de l'agence régionale de santé, le préfet de département et le président du conseil départemental.
La loi, modifie le code de la santé publique pour inscrire l'obligation pour l'État de définir une stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les maladies cardio‑neuro‑vasculaires. Ce plan Cœur national fixera les orientations prioritaires en matière de prévention, de dépistage et d'organisation des parcours de soins. La loi prévoit, par ailleurs, de faire des rendez-vous de prévention à certains âges clés de la vie des opportunités de sensibilisation aux principaux facteurs de risque cardio-neuro-vasculaires (tabac, excès d'alcool, sédentarité, diabète, cholestérol...). Un dépistage des maladies cardio‑neuro‑vasculaires et des maladies cardiaques structurelles sera désormais proposé à l'assuré lors de ces rendez‑vous de prévention. Pour les plus jeunes, un rendez-vous de dépistage précoce des maladies cardio‑neuro‑vasculaires, notamment de l'hypercholestérolémie familiale, devra être réalisé lors de la visite médicale obligatoire des 6 ans de l'enfant. Les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes seront autorisés à mesurer la pression artérielle de leurs patients, dans une démarche de prévention du risque cardio-neuro-vasculaire. La loi traite enfin de la prévention en entreprise. Les services de santé au travail devront participer à des campagnes de dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires.
Cet arrêté autorise les médecins, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens et masseurs-kinésithérapeutes à réaliser les entretiens de prévention proposés et adaptés aux besoins des individus des tranches d'âge suivantes : entre 18 et 25 ans inclus, entre 45 et 50 ans inclus, entre 60 et 65 ans inclus et entre 70 et 75 ans inclus. Ils fixent le montant du tarif de l'entretien de prévention et ses modalités de prise en charge par l'Assurance maladie.
Ce décret prévoit la répartition, par le directeur général de l'agence régionale de santé, d'enveloppes départementales du fonds d'intervention régional. Il permet au préfet de région ou, selon les cas, au préfet de département d'être consulté ou informé préalablement sur tout projet de décision de financement significatif d'un acteur local par le fonds d'intervention régional.
> Localtis.fr, 23 juillet 2026
Les rapporteurs de la mission flash formulent 20 recommandations pour favoriser le déploiement des IPA, parmi lesquelles : définir une stratégie nationale pour les IPA, renforcer la communication sur leur rôle, réorganiser les spécialisations autour des besoins des patients, faciliter l'accès à la formation, accroître leur autonomie et simplifier leurs capacités de prescription, tout en développant la recherche et un financement plus adapté à leur activité, création de postes sur le terrain (hôpital, ville)...
> Site de l'Assemblée nationale
> santementale.fr, 8 juillet 2026
Dans les secteurs privés de la santé, du social et du médico-social, les tensions de recrutement ne relèvent plus de difficultés conjoncturelles mais sont désormais profondément structurelles. Face à ce constat, issu des résultats du baromètre emploi-formation 2025 de l'opérateur de compétences (Opco) santé, son observatoire des métiers a choisi de décrypter le phénomène en analysant les informations de l'Opco sous l'éclairage de données publiques (Dares et Insee).
> Hospimédia, 16 juillet 2026 (accès abonnés)
acteurspublics.fr, 17 juillet 2026
On associe souvent l'Organisation mondiale de la Santé à la gestion des grandes épidémies mondiales : Ebola, hantavirus Andes, Covid-19, etc. Pourtant, son action influence chaque jour la santé des Français, bien au-delà de la surveillance des seuls virus : elle a des effets dans des domaines aussi variés que la sécurité des médicaments, la qualité de l'air, ou les recommandations médicales, pour n'en citer que quelques-uns. Une coopération internationale largement invisible, mais essentielle au fonctionnement de notre système de santé.
> The Conversation, 16 juillet 2026
En 2023, 668 510 accidents du travail avec au moins un jour d'arrêt sont comptabilisés en France. Cela représente 16,4 accidents par million d'heures rémunérées. La durée cumulée des arrêts de travail occasionnés par des accidents du travail équivaut à près de 160 000 emplois non travaillés, en équivalent temps plein. 40 531 accidents du travail donnent lieu à la reconnaissance d'une incapacité permanente partielle et 818 sont mortels. Le risque d'accident du travail est plus élevé dans l'intérim, l'action sociale, la construction, le transport-entreposage et l'agriculture. Plus particulièrement, dans les activités agricoles et forestières, l'aménagement paysager, le travail du bois, les activités sportives ou encore l'action sociale pour personnes âgées ou handicapées, les accidents sont à la fois plus fréquents et plus graves que la moyenne. Les accidents du travail deviennent moins fréquents avec l'âge, mais ils s'aggravent. Si les hommes sont plus touchés que les femmes, cette différence s'amenuise avec l'âge.
Sept ans après l'étude universitaire « Conditions de travail et risques psycho-sociaux chez les masseurs-kinésithérapeutes - Une étude nationale » conduite en 2018 à la demande de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, il a semblé nécessaire de renouveler cette enquête afin de mesurer l'évolution des conditions d'exercice et de la santé psychologique des kinésithérapeutes. Plus de 9 000 kinésithérapeutes libéraux et salariés ont répondu. Ces réponses permettent de faire un état des lieux actualisé des facteurs de tension auxquels la profession est confrontée et de leurs conséquences sur leur bien-être.
> Site de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes
Face au vieillissement démographique et à l'allongement durable de la durée de vie au travail, comment permettre aux personnes en emploi de travailler plus longtemps dans de bonnes conditions ? Pour éclairer ces questions, le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP) publie un rapport « Emploi des seniors : comment favoriser l'emploi jusqu'à la retraite ? ».
> Haut-Commissariat à la stratégie et au plan, 22 juillet 2026
Ce rapport met en évidence l'évolution du profil des résidents, marquée par une entrée de plus en plus tardive en institution et par une dépendance accrue. Ainsi, l'âge médian d'admission atteint 88 ans et 8 mois. Plus de la moitié des résidents relève des niveaux de perte d'autonomie les plus élevés (GIR 1 et 2) et 38 % présentent une maladie d'Alzheimer ou un trouble apparenté. Le rapport souligne également que la moitié des personnes sorties d'Ehpad en 2023 y avait séjourné moins d'un an, le décès constituant le principal motif de sortie. Le Conseil de l'âge souligne toutefois que le modèle économique actuel, organisé autour de trois sections distinctes - les soins, la dépendance et l'hébergement - apparaît désormais obsolète et inadapté à la réalité des missions exercées. Il estime que les instruments traditionnels d'allocation des ressources, que sont les référentiels Aggir et Pathos, sont insuffisants pour capter la complexité des profils actuels et manquent d'incitations en faveur de la prévention. Cela s'illustre notamment par le fait que près de 68 % des Ehpad publics étaient déficitaires en 2023, contre moins de 40 % en 2017.
> Le Conseil de l'âge du Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge
> Pour-les-personnes-agees.gouv.fr,
3 juillet 2026
> La
Croix, 9 juillet 2026
Le présent avis se réfère au rapport annuel du Conseil d'orientation des retraites (COR) rendu public le 11 juin 2026. Dans son appréciation sur les indicateurs du système de retraite, cet avis porte sur les projections des retraites selon la législation et la réglementation en vigueur, tels que présentés et analysés dans le rapport du COR. Au-delà du suivi des indicateurs, le CSR analyse et éclaire dans son avis 2026 les éléments actuellement en débat sur le pilotage des régimes de retraite.
> Comité de suivi des retraites
Saisie par le président de la commission des affaires sociales du Sénat, en application de l'article LO 132-3-1 du code des juridictions financières, la Cour des comptes a examiné la réforme des services autonomie à domicile, dans le cadre d'une formation commune associant la sixième chambre et cinq chambres régionales des comptes. Cette réforme vise à rapprocher les services d'aide et d'accompagnement à domicile (Saad), les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et les services polyvalents d'aide et de soins à domicile (Spasad), afin de mieux coordonner l'aide et les soins apportés aux personnes âgées en perte d'autonomie et aux personnes en situation de handicap. Elle intervient dans un contexte d'urgence démographique : le nombre de personnes à domicile ayant besoin d'une aide à l'autonomie devrait passer de 1,49 million en 2025 à 1,85 million en 2035, tandis que les dépenses publiques engagées pour l'aide et les soins à domicile atteignent déjà au moins 16,1 Md€. Si les finalités de la réforme font largement consensus, ses modalités techniques apparaissent inadaptées aux réalités du secteur et des territoires, en particulier l'obligation de constituer, à terme, une entité juridique unique intervenant sur un territoire unique. Les juridictions financières recommandent en conséquence d'adopter une démarche pragmatique, centrée sur les résultats obtenus auprès des usagers plutôt que sur la seule forme juridique des services en formulant dix recommandations.
> Cour des comptes, juillet 2026
Dans le contexte actuel de vieillissement rapide de la population, les politiques publiques doivent anticiper l'augmentation du nombre de personnes en perte d'autonomie et de leur part dans la population. Cet accroissement, plus ou moins marqué selon les scénarios épidémiologiques mais qui semble inéluctable sauf révolution thérapeutique, pose en effet des questions majeures : quelle part des ressources communes souhaitons-nous allouer au soutien aux personnes âgées en perte d'autonomie ? Comment juger de la pertinence des différentes options de politiques publiques ? En France, le choix a été fait de privilégier le maintien à domicile des personnes âgées, choix que l'on a dénommé « virage domiciliaire » par analogie avec le « virage ambulatoire » dans le domaine sanitaire. Cette note intègre une dimension de l'arbitrage laissée de côté jusqu'ici : la dimension environnementale.
ISSN 2824-9658