Ce bulletin rassemble les résultats de la veille documentaire sur l'actualité en santé et domaines connexes. Cette veille se base sur la lecture de lettres d'actualités et de revues de presse en ligne, ainsi que sur le suivi de sites français et étrangers. Il est élaboré par les documentalistes de l'Irdes, Rouguiyatou Ndoye et Véronique Suhard.
De périodicité bimensuelle, ce bulletin de veille présente les nouveautés selon les thématiques suivantes :
• Démographie et mode de vie • Economie de la santé • Etat de santé • Géographie de la santé • Hôpital • Inégalités sociales de santé • NTIC : Internet, open data • Politique de santé, politique sociale • Psychiatrie • Réglementation • Soins de santé primaires • Sondages • Statistiques • Travail et santé • Vieillissement
Les résultats démographiques de 2025 confirment la tendance amorcée ces dernières années avec une nouvelle baisse du taux de fécondité. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès dépasse celui des naissances. L'augmentation de la population dépend désormais exclusivement de l'immigration. Ce vieillissement inéluctable de la population ne sera pas sans incidence sur le financement des retraites et plus globalement sur l'ensemble des dépenses de protection sociale. Dans les prochaines années, la population active baissera, ce qui pèsera sur la croissance économique et donc sur les recettes publiques. La France s'éloigne de plus en plus du renouvellement des générations. La baisse du taux de fécondité concerne tous les pays développés. Longtemps, la France a fait figure d'exception avec un taux évoluant entre 1,8 et 2. Désormais, elle tend à se rapprocher de la moyenne européenne.
> Le Cercle de l'épargne, 6 février 2026
Une étude réalisée par le Crédoc pour la
Fondation de France, souligne l'étendue de la solitude et de
l'isolement en France. Ces phénomènes touchent l'ensemble de la
population avec des nuances plus ou moins marquées en fonction
de l'âge, du statut social et du territoire, urbain ou rural. En
2025, 11 % de la population a subi un isolement relationnel, un
taux qui grimpe à 14 % au sein des communes rurales. À l'inverse,
le milieu urbain favorise un sentiment de solitude plus aigu,
ressenti par 28 % des citadins. La vulnérabilité économique
exacerbe ces ruptures puisque 16 % des personnes à bas revenus
sont isolées, contre seulement 5 % des hauts revenus. Enfin, 750 000 personnes âgées vivent en situation de "mort sociale",
c'est-à-dire, selon les Petits Frères des Pauvres, privées de
tout contact significatif avec leur famille, leurs amis, leur
voisinage ou les réseaux associatifs.
> Crédoc,
janvier 2026
> Fondation
de France, 20 janvier 2026
> info.gouv.fr,
23 janvier 2026
> Fédération
française pour les liens sociaux, 21 janvier 2026
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude consacrée au coût, pour les ménages, du déremboursement partiel de certains soins par l'assurance maladie obligatoire. Dans un contexte de déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale, ces déremboursements sont souvent présentés comme un levier d'économies, sachant que 80 % des dépenses de santé sont financées par les administrations publiques et que les restes à charge après remboursement par les complémentaires figurent parmi les plus faibles de l'Union européenne. L'étude compare plusieurs scénarios de déremboursement, calibrés pour dégager 1 milliard d'euros d'économies. Elle montre qu'une hausse des participations forfaitaires et des franchises pénalise davantage les ménages se déclarant en mauvaise santé qu'une hausse du ticket modérateur sur les consultations médicales. Quelle que soit la mesure considérée, rapportée au revenu, le coût est deux fois plus élevé pour les ménages modestes que pour les ménages aisés, malgré la protection offerte par la complémentaire santé solidaire (C2S).
> Site de la Drees, 18 février 2026
Le financement de la protection sociale fait l'objet de débats animés depuis des dizaines d'années et la « TVA sociale » est fréquemment mise en avant. Cette note fait le point sur ses avantages et inconvénients.
Chaque année en France, des milliers de personnes vivant avec un diabète développent des plaies du pied, une complication grave qui peut mener à des hospitalisations, une perte d'autonomie, voire des amputations. Pourtant ces amputations pourraient être évitées grâce à une prévention adaptée et un parcours de soins optimisé. Ce numéro souligne l'augmentation des hospitalisations pour plaies du pied en cas de diabète, ainsi que des inégalités sociales et territoriales qui persistent. Il présente des pistes d'amélioration pour réduire ce fardeau. Enfin, il nous éclaire sur le vécu des patients qui peuvent avoir des conséquences psychosociales graves et des besoins non couverts en éducation.
En 2023, en France, le tabagisme a été responsable de plus de 68 000 décès prématurés et évitables. Ce nombre représente 11 % de l'ensemble des décès enregistrés en 2023 : 16 % des décès masculins, 6 % des décès féminins.
Ce Livre blanc a pour ambition de dresser un état des lieux partagé de la prise en charge de la surdité sévère à profonde chez l'adulte en France. Il vise à mieux comprendre les réalités vécues par les patients, à identifier les freins et les leviers tout au long du parcours de soins, et à mettre en lumière les enjeux d'accès, de coordination et d'innovation dans la prise en charge.
Le ministère de la santé vient de lancer sa feuille de route 2026-2030 pour la prise en charge des personnes en situation d'obésité. Ce cadre stratégique invite à questionner un paradoxe : l'État a déployé dès 2001 un ensemble d'actions autour de l'activité physique et la nutrition en vue de réduire la prévalence de cette maladie, et pourtant, celle-ci augmente régulièrement depuis une trentaine d'années.
> The Conversation, 10 février 2026
Ce numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire permet de réaliser un panorama sur le cancer colorectal et en particulier sur sa prévention, en insistant sur certains aspects territoriaux.
Les personnes suivies pour maladies psychiatriques en Occitanie présentent des vulnérabilités cumulées, notamment handicap et précarité financière. Ce cumul multiplie le non-recours aux soins primaires, en particulier pour la prévention et les soins courants. Ces résultats soulignent la nécessité de stratégies ciblées pour améliorer l'accès aux soins dans ces populations fragilisées.
La période actuelle est marquée par un enchevêtrement de tensions économiques, sociales, identitaires et géopolitiques qui renforcent les fragilités structurelles de certains territoires. A ces fragilités s'ajoutent des vulnérabilités liées au logement, à la mobilité, à la santé, au vieillissement… Face à cette hétérogénéité, comment interpréter, comparer et cartographier les vulnérabilités dans les territoires : c'est l'objet de ce cahier de recherche de proposer une méthodologie multiscalaire, mobilisable à différentes échelles territoriales, dont les plus fines, pour mieux éclairer les stratégies de politiques publiques et de coordination territoriales, et mieux répondre aux enjeux de solidarité et d'aménagement.
> Site de la Caisse des dépôts
La pénurie globale de médecins en France
et leur inégale répartition selon les territoires représentent
l'un des enjeux des élections municipales de mars 2026. Pour
lutter contre les déserts médicaux dans les zones où l'offre de
soin est insuffisante, le système de santé fait appel à un
contingent de praticiennes et praticiens étrangers issus de pays
non membres de l'Union européenne. Avec quelle efficacité et
quels sont les écueils à court et à long terme ?
> The
Conversation, 14 février 2026
Ce document a pour objet de dresser un portrait socio-sanitaire des Hauts-de-France. D'une part, la situation de l'ensemble de la région est comparée à celle de la France hexagonale et des autres régions de France. D'autre part, les spécificités intrarégionales sont étudiées aux niveaux des quatre-vingt-douze EPCI de la région et des six territoires de démographie sanitaire. Outre la synthèse, le document est composé de trois chapitres : "Situation sociodémographique", "Offre et consommation de soin" et "État de santé, déterminants de santé, prévention".
Traiter de la santé dans les Outre-mer, c'est soulever la question de l'égalité républicaine sanitaire. La santé est le symptôme des autres inégalités de ces territoires avec une surexposition à l'obésité, à la pauvreté, à la difficulté de se déplacer, à un accès aléatoire à l'eau, aux maladies tropicales ou aléas climatiques... Comment assurer et adapter des politiques de santé publique aux spécificités de ces territoires pour plus d'égalité ? Le CESE souligne l'urgence de penser une politique de santé beaucoup plus intégrée articulant l'ensemble des dimensions sanitaires, sociales, environnementales et territoriales. Il appelle à une égalité de traitement entre tous les citoyens et une solidarité entre les territoires.
Dans un contexte de détérioration des finances hospitalières publiques, avec un déficit estimé à près de 2,9 milliards d'euros fin 2024, la mission avait pour objectifs : d'analyser la dégradation du déficit des hôpitaux publics depuis la crise sanitaire ; d'identifier les leviers les plus adaptés pour maîtriser les charges des établissements ; de proposer des modalités rénovées de pilotage de l'efficience hospitalière.
Le rapport évalue l'impact financier des revalorisations salariales du Ségur de la santé, des mesures pour soutenir le pouvoir d'achat des fonctionnaires et du coût de la forte inflation des années 2022 et 2023. Il vérifie le niveau de compensation de ces charges supplémentaires et les éventuelles distorsions résultant des modes de financement utilisés.
> Hospimedia, 18 février 2026 (accès abonnés)
En 2023, les établissements publics et
privés à but non lucratif affichent un déficit global de 2,2
milliards d'euros, presque le double de celui de 2022, avec une
majorité d'établissements publics lourdement déficitaires sur
leurs activités de soins hospitaliers. La chute massive du
résultat d'exploitation explique principalement l'aggravation du
déficit, tandis que l'écart entre recettes et dépenses
s'élargit, dopé par la flambée des charges hôtelières et
générales dans un contexte inflationniste pesant sur les
établissements de santé. Malgré ces tensions, les
investissements continuent de progresser et le processus de
désendettement se maintient.
> Atih,
janvier 2026
Comme chaque année, la Haute Autorité de santé publie les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins recueillis en 2025 sur le service en ligne Qualiscope. Parallèlement, le 5e cycle de certification des établissements de santé s'est achevé pour laisser place à un nouveau référentiel déployé depuis septembre dernier. En ce début d'année 2026, la HAS fait le point sur ce que révèlent ces deux dispositifs de l'évolution de la qualité des soins dans les hôpitaux et cliniques en France.
> santementale.fr, 3 février 2026
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude sur les inégalités sociales de recours au dépistage du cancer. Les statistiques présentées ici sont issues de l'EDP-santé qui associe l'échantillon démographique permanent (EDP) de l'Insee aux données de consommation de soins et d'hospitalisation du système national des données de santé (SNDS). Les trois types de cancer pour lequel le dépistage est analysé dans cette étude sont ceux faisant l'objet de programmes nationaux : le cancer colorectal, le cancer du sein et le cancer du col de l'utérus.
Les inégalités sociales de santé sont des différences systématiques de l'état de santé entre les groupes de population, qui sont socialement construites : elles peuvent se déconstruire et sont par-là modifiables. Les inégalités sociales de santé ne concernent pas seulement les populations en situation de précarité socioéconomique mais toute la société : l'état de santé d'une personne dépend de la position qu'elle occupe dans la hiérarchie sociale. Cette position appelée position sociale se caractérise par différentes dimensions et identités sociales de genre, d'origine migratoire et de position socioéconomique (niveau d'éducation, catégorie socioprofessionnelle, ressources financières) et ne peut se résumer à une seule dimension : c'est souvent l'interaction de ces dimensions qui est la plus significative en termes d'impact en santé. En France, les inégalités sociales de santé peinent à prendre en compte les autres dimensions comme l'origine migratoire et le genre en sus de la position socioéconomique (éducation, revenu, situation professionnelle), qui elle-même reste sous étudiée en lien avec la santé. Santé publique France a systématisé la collecte de la position sociale dans ses études pour une meilleure visibilité de leur impact en santé publique : les résultats dans les grandes enquêtes de santé sont désormais systématiquement analysables au regard de la position sociale.
> Site de Santé publique France
> Interview de Stéphanie Vandentorren, coordinatrice des inégalités sociales à SpF
À l'occasion de son déplacement aux Hospices Civils de Lyon le vendredi 6 février, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, a annoncé l'accélération de la souveraineté numérique des données de santé avec la bascule de la Plateforme des données de santé vers un hébergement sécurisé et souverain. Selon le ministère de la Santé, cette réorientation vise à accélérer la migration de la base principale du Système national des données de santé (SNDS), qui constitue le socle du Health Data Hub. Les candidats ont désormais jusqu'au 30 mars 2026 pour transmettre leur devis à l'Ugap. La décision est attendue trois mois plus tard, pour une bascule annoncée d'ici la fin de l'année.
> Communiqué de presse du ministère de la santé
> Usine digitale, 12 février 2026
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) et l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publient une étude sur le recours et les motifs de recours à la téléconsultation à partir des données de l'enquête sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) et du Baromètre d'opinion de la Drees. Interrogés sur les motifs les poussant à la téléconsultation, les enquêtés évoquent des délais d'attente trop longs pour un rendez-vous en cabinet, ou bien la nécessité de consulter en urgence ou encore le besoin de renouveler une ordonnance ou un certificat médical. En 2023, 73 % des enquêtés estiment que les téléconsultations sont un moyen de lutter contre les déserts médicaux. La téléconsultation n'est pourtant pas perçue que d'un œil favorable : plus de huit personnes sur dix considèrent qu'elle déshumanise la relation entre le patient et le médecin et plus de six sur dix qu'elle augmente le risque de fuite de données personnelles de santé. Enfin, 42 % de la population estime que la téléconsultation devrait être autorisée uniquement avec son médecin traitant et 31 % avec des médecins que le patient a déjà vus.
> Site de la Drees, février 2026
Medaviz, acteur de télémédecine dédiée aux acteurs de santé, publie pour la sixième année consécutive son étude annuelle sur la téléconsultation. Elle repose sur l'analyse des données recueillies auprès de ses 13 900 praticiens inscrits et utilisateurs répartis en France métropolitaine et en Outre-mer (+ 1 100 praticiens inscrits en 2025). L'étude répond aux questions suivantes : Qui utilise la téléconsultation et comment ? Quelles spécialités y ont le plus recours ? Quels profils de patients sont concernés ? Quelle est la durée moyenne d'une téléconsultation ? Quel est le niveau de satisfaction des utilisateurs ?...
Introduire davantage de pluriannualité dans le pilotage des politiques de santé constitue une attente et une demande récurrente de l'immense majorité des acteurs de la santé, en particulier depuis la fin de la pandémie du Covid. Cette attente se traduit par des revendications en faveur d'une « loi de programmation en santé », devenue une sorte de passage obligé pour résoudre tous les problèmes du système de santé. Le Cercle Asclépios-santé pour tous a souhaité approfondir cette question de la pluriannualité en santé et formuler des propositions concrètes et pragmatiques, en vue de la nouvelle séquence politique qui s'ouvrira en 2027 après l'élection présidentielle. Cette note propose un schéma d'ensemble articulant les long, moyen et court termes, afin d'inverser l'ordre des priorités que nous subissons actuellement et d'inscrire les décisions de court terme dans une trajectoire de long terme, au service d'une vision stratégique du système de santé.
> Think tank Cercle Ascleopios
L'alimentation est au cœur des objectifs poursuivis en faveur de l'amélioration de la santé des Français, de la résilience des systèmes agricoles et de souveraineté alimentaire, de la baisse des émissions de gaz à effet de serre, de la préservation de la biodiversité. Dans ce contexte, le Gouvernement présente la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC).
> Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Dans son rapport, l'Inspection générale des affaires sociales analyse les difficultés de recrutement et l'attractivité des métiers du sanitaire (hors professions médicales), du social et du médico-social. Elle dresse un constat sans appel : le manque croissant de viviers nécessite d'augmenter significativement les capacités de formation et d'installer un véritable pilotage national des ressources humaines, en lien étroit avec les acteurs locaux.
Dans une tribune parue dimanche 15 février dans Le Monde, la SFSP et un collectif de 350 acteurs de santé publique se mobilisent pour dénoncer la réorganisation de Santé publique France. Devant les députés de l'Assemblée nationale, Stéphanie Rist a justifié cette décision en l'évoquant comme "un choix d'efficacité". Concernant la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire, elle souhaite voir "raccourcir la chaîne de commandement", "unifier les dispositifs existants" et "renforcer la capacité de décision, notamment en période de crise".
> Société française de santé publique (SFSP), 30 janvier 2026
La seconde feuille de route 2026-2030 vise à simplifier, prioriser et renforcer l'impact des actions de lutte contre les cancers. Élaborée en co-construction avec l'ensemble des parties prenantes, elle se recentre sur un nombre limité de priorités et de publics cibles, et privilégie les mesures à plus fort effet de levier, afin d'accentuer l'effort là où il sera le plus décisif pour nos concitoyens.
La santé mentale des enfants et des adolescents continue de se dégrader en France. Cette majoration des détresses psychiques et du mal-être des enfants et adolescents n'est pas une fatalité et les réponses à leur apporter sont multiples. Comment leur offrir une prise en charge adaptée et un meilleur accès à l'accompagnement psychothérapeutique, éducatif et social, recommandé en première intention par les autorités de santé en France comme à l'international ? Comment mieux prévenir et réduire les facteurs sociaux et environnementaux de la souffrance psychique des enfants, tout en garantissant leur épanouissement et le respect de leurs droits ? Ce rapport rassemble des contributions actualisées, de nouvelles données sur la consommation de médicaments psychotropes, et rend compte des études et rapports les plus récents concernant la santé mentale et psychique des jeunes afin d'offrir ainsi une vue d'ensemble. Sur la base de ces constats, l'urgence est de changer de paradigme en inscrivant la santé mentale dans une approche préventive globale, et en portant une attention spécifique aux enfants en situation de vulnérabilité particulière : dans les Outre-mer, envers ceux qui sont en situation de grande précarité, les enfants concernés par une mesure de protection ou les enfants en situation de handicap. Ce qui ne peut se faire sans la relance de l'attractivité des métiers de l'enfance et une pluralité d'approches, et leur coordination entre le secteur médicosocial et éducatif à l'échelle du bassin de vie de l'enfant.
La Délégation interministérielle à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement (autisme, dys, TDAH, TDI), avec l'appui de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), met aujourd'hui en ligne un guide pratique concernant le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) : « Mieux repérer, orienter et prendre en charge le TDAH chez les patients de la filière addictologique ».
> Délégation interministérielle à la stratégie nationale pour les troubles du neuro-développement
Le premier vise à « renforcer la lutte contre la fraude », en actualisant la liste des pièces à joindre en vue d'une demande d'Aide médicale de l'Etat, en tenant compte en particulier des contrôles mis en œuvre par les Caisses primaires d'assurance maladie au regard des dernières mesures modifiant les modalités d'accès au dispositif. Le second décret permet aux agents des missions diplomatiques et des postes consulaires chargés de l'instruction des demandes de visas et aux agents des services centraux des ministères chargés des affaires étrangères et de l'intérieur en charge de la supervision de l'instruction des demandes de visas de consulter les données strictement nécessaires à l'exercice de leurs missions dans le traitement de données à caractère personnel portant sur les demandeurs et bénéficiaires de l'Aide médicale de l'Etat.
Ce décret précise les modalités de mise en œuvre du parcours de soins global visant à accompagner les personnes recevant ou ayant reçu un traitement pour un cancer.
L'exercice de la médecine connaît de profonds bouleversements, liés non seulement aux progrès spectaculaires des sciences et des technologies de la santé, mais aussi à des changements radicaux dans les relations entre les médecins et leurs patients. L'essor du concept de « patient partenaire », qui se traduit notamment par une plus grande implication des malades dans les décisions en lien avec les traitements, illustre cette reconfiguration.
> The Conversation, 17 février 2026
Et si collectivement nous faisions quelque chose avec ceux qui ont traversé l'épreuve de la maladie ou ont été confrontés à des risques de santé ? C'est évidemment déjà le cas avec les nombreuses associations qui s'impliquent pour offrir de la solidarité et du soutien aux patients et militer pour l'amélioration des états de santé et de notre système de santé. Mais, il n'est pas toujours nécessaire d'être engagé dans une structure associative, de surplus, agréée, pour « fabriquer » une meilleure santé pour tous. C'est l'intérêt des patients-partenaires qui pourraient comme certaines expériences le démontrent apporter eux aussi leur pierre dans ce domaine. Sur la base des preuves apportées en France et dans le monde, ce plaidoyer propose un développement des mécanismes de partenariat avec les patients, et de l'innovation que constitue les patients-partenaires. Ce serait une chance « en plus » au moment où nous sommes confrontés à un choc sanitaire à la croisée du vieillissement de la population, de la montée des maladies chroniques et des contraintes budgétaires et de ressources humaine.
Les 26 centres et maisons de santé
participatifs engagés dans l'expérimentation Secpa (Article 51)
alertent sur une situation critique après l'annonce de l'arrêt
du dispositif au 30 avril 2026, sans intégration dans le droit
commun. Les équipes dénoncent un désengagement brutal de l'État,
malgré des évaluations positives et un rôle reconnu dans la
réduction des inégalités de santé dans les quartiers
défavorisés. Face aux critiques, le gouvernement assure que le
financement des 26 structures sera maintenu en 2026, mais sans
préciser les modalités, ce qui laisse persister les inquiétudes
quant à la pérennité réelle du modèle. Une proposition de loi
transpartisane, déposée à l'Assemblée nationale par le député
Hadrien Clouet, propose de "pérenniser" et de "sanctuariser" les
structures d'exercice coordonné participatives en
garantissant le hashtag #financement de leurs activités dites
"hors soins" par l'Assurance maladie.
> Concours
pluripro, 2 février 2026
> Podcast Radio France, 12 février 2026
Face à l'essor rapide des centres de soins non programmés, l'Inspection générale des affaires sociales analyse leur développement, leurs conséquences sur l'organisation des soins de premier recours et leur articulation avec les services d'urgence. La mission propose plusieurs pistes d'encadrement pour structurer cette offre émergente et préserver la cohérence territoriale du système de santé.
La Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf) analyse désormais les revenus des praticiens à partir du revenu net d'activité indépendante (RNAI), qui agrège bénéfices non commerciaux, revenus de gérance et primes Madelin. Selon l'organisme, cette pratique permet de mieux appréhender l'ensemble des ressources des médecins ainsi que leurs variations individuelles. Entre 2023 et 2024, la Caisse note que ce revenu moyen progresse de 5,33 % pour environ 111 000 médecins libéraux, pour atteindre près de 128 000 €, après une hausse d'environ 2 % seulement entre 2022 et 2023, une évolution que la Carmf invite toutefois à replacer dans un contexte inflationniste depuis 2017.
> Le Quotidien du médecin, 29 janvier 2026
> Think tank Fondation Jean Jaurès, 9 février 2026
La Drees a lancé en septembre 2025 la constitution d'un entrepôt de données autour de la naissance, dénommé Snoopi (Système national d'observation obstétrical, périnatal et infantile). Cet entrepôt de données, via la mise en cohérence de plusieurs sources de données, permettra une observation exhaustive des parcours de soins de la mère avant la naissance, puis de la mère et de l'enfant jusqu'à ses trois ans, afin de mieux comprendre la santé périnatale et la santé des mères.
La santé mentale des soignants est devenue un déterminant stratégique de la qualité, de la sécurité et de la continuité des soins, donc de la soutenabilité du système de santé. Les données montrent une exposition professionnelle spécifique : davantage de symptômes dépressifs et anxieux, davantage de besoins d'aide, avec un effet direct sur l'absentéisme, le turnover et l'attractivité. Le problème n'est plus conjoncturel (post-Covid) mais structurel : intensification du travail, horaires atypiques et imprévisibles, faible autonomie dans des organisations hiérarchisées, inflation administrative et numérique. Cette note propose de passer d'une logique de réparation à une prévention structurelle pilotée (plannings, repos, seuils d'alerte, accès confidentiel à l'aide, management, culture de l'erreur, sobriété numérique, prise en compte parentalité/aidance).
> Institut Sapiens, 16 février 2026
Un livre blanc consacré au « "care" pour repenser des organisations » vient d'être publié. Il met en lumière la nécessité d'une prise en compte spécifique des vulnérabilités des salariés jeunes et moins jeunes en entreprise, « Fear Of Missing Out » contre « Fear Of Becoming Obsolete ». L'idée : passer d'une logique de réaction à une logique de prévention.
> The Conversation, 16 février 2026
Dernier volet des trois missions sur l'attractivité des métiers du médico-social, le rapport de l'Igas examine la qualité de vie et les conditions de travail (QVTC) dans le champ de l'autonomie, qui regroupe le grand âge et le handicap. Il s'agit de l'un des secteurs les plus exposés aux accidents du travail en France. Les professionnels du secteur y sont exposés à des risques quotidiens, principalement les manutentions manuelles et les agressions. On constate ainsi un nombre d'accidents du travail 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale et 1,7 fois supérieur au secteur du BTP. Les accidents les plus graves se concentrent notamment dans les services à domicile, de soins et d'aide, les Ehpad et accueils de jour, les maisons d'accueil spécialisées, les foyers et les établissements d'accueil médicalisés. Cette sinistralité représente un coût estimé à 20 000 équivalents temps plein en 2023, soit près de 0,9 Md€. Elle se traduit également par des départs prématurés pour inaptitude, contribuant à un turn-over du personnel.
La désignation de la santé mentale comme grande cause nationale pour 2025, puis sa reconduction pour 2026, marquent une étape importante dans la reconnaissance d'un malaise devenu structurel. La santé mentale apparaît désormais comme un révélateur du fonctionnement et de la gouvernance de nos organisations de travail au sein des entreprises. L'augmentation continue, des arrêts pour troubles psychiques, la diffusion du burn-out et la perte d'engagement soulignent une réalité désormais bien documentée : le mal-être en France n'est plus marginal, il est systémique . D'ailleurs, les chiffres sont sans appel. La France figure aujourd'hui parmi les pays européens où l'engagement des salariés est le plus faible et la santé mentale la plus dégradée. Cela représente un coût économique colossal. Et si nous changions de regard ? Si nous acceptions de regarder du côté de pays qui ont abordé cette question plus tôt et plus en profondeur ?
> La grande conversation, 4 février 2026
Cette édition 2024 de la collection L'Essentiel - Santé et sécurité au travail présente les chiffres clés des accidents du travail et maladies professionnelles. L'année 2024 inaugure la nouvelle convention d'objectifs et de gestion (COG) AT/MP 2023-2028 signée en juillet par l'Etat, la Cnam et les partenaires sociaux. Les indicateurs de sinistralité confirment les tendances observées depuis 2022 : relative baisse des accidents du travail (– 1,1 %) ; stabilité des accidents de trajet (+ 0,7 %) ; hausse des maladies professionnelles (+ 6,7 %), portée par les troubles musculosquelettiques, les pathologies liées à l'amiante et les affections psychiques. Les indemnités journalières versées au titre des arrêts de travail AT/MP atteignent 4,9 Md€ et deviennent, pour la première fois, le premier poste de dépenses de la branche.
> Ameli.fr
La France est l'un des pays d'Europe où la consommation de benzodiazépines par les personnes âgées reste la plus élevée. Pour mieux dormir ou calmer l'anxiété, nombre d'entre elles s'en voient prescrire pendant des mois, voire des années, souvent sans que la mesure des risques associés à ces médicaments ne soit prise.
> The Conversation, 17 février 2026
Un régime en répartition n'a, en principe, pas vocation à accumuler des réserves : les cotisations des actifs financent chaque année les pensions des retraités. Pourtant, face à certains aléas démographiques ou économiques, plusieurs régimes ont choisi de constituer des réserves afin de lisser dans le temps les ajustements nécessaires du système de retraite. Au 31 décembre 2024, les actifs admis en représentation des réserves constituées au sein des régimes de retraite par répartition représentent ainsi 213,8 Mds€ (valeur de marché), soit 7,3 % du PIB. Le dossier analyse le calibrage de ces réserves et les stratégies de gestion opérées par les régimes. Il examine également l'opportunité d'une évolution du système de retraite français vers une part accrue de capitalisation.
En France, les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) font figure de repoussoirs. En 2001, 53 % des Français déclaraient ne pas souhaiter vivre dans un établissement pour personnes âgées dans le futur, ce pourcentage s'élève aujourd'hui à 74 %. Les pouvoirs publics cherchent à promouvoir d'autres formes d'hébergement moins médicalisées. Est-ce une bonne approche ?
> The Conversation, 10 février 2026
L'OFCE a dressé un bilan du choc démographique et économique induit par la suspension soudaine de la réforme des retraites de 2023. Initialement, le report de l'âge légal devait mécaniquement maintenir les seniors en activité, augmentant ainsi l'offre de travail globale. La suspension provoque un "effet de reflux" immédiat : des cohortes qui auraient dû prolonger leur carrière quittent le marché du travail plus tôt que prévu. Sur le court et moyen terme, cette contraction de la population active ampute le potentiel de croissance du Produit intérieur brut (PIB).
> Blog de l'OFCE, 30 janvier 2026
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude à partir des données du modèle Lieux de vie et autonomie (Livia) rendues publiques en décembre 2025. Ces données permettent de réaliser des projections du nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus jusqu'à 2070. Elles sont ventilées par département, sexe, tranche d'âge, niveau de perte d'autonomie et trois lieux de vie (Ehpad, résidence autonomie et logement ordinaire). En 2050, près de 23 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus vivront en France, soit 5 millions de plus qu'en 2021. Selon le modèle de projection Lieux de vie et autonomie (Livia), sous l'hypothèse que les gains d'espérance de vie allongent la durée de vie sans perte d'autonomie, conserver les pratiques actuelles d'entrée en Ehpad des personnes âgées en perte d'autonomie supposerait de créer 365 000 places en Ehpad entre 2021 et 2050, qui s'ajouteraient aux 640 000 existantes en 2021.
Une étude réalisée par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) s'attache à évaluer dans quelle mesure le cumul emploi-retraite et la surcote constituent des dispositifs de prolongation d'activité réellement alternatifs pour les salariés du secteur privé. L'objectif principal est de déterminer si ces deux mécanismes, bien que visant tous deux à encourager le maintien en emploi des seniors, font l'objet d'un choix stratégique de la part des assurés ou s'ils répondent à des logiques de carrière fondamentalement divergentes. Cette analyse intervient dans un contexte où les instances publiques, notamment la Cour des Comptes, s'interrogent sur une potentielle concurrence entre ces dispositifs, le cumul pouvant paradoxalement désinciter au report de l'âge de liquidation.
> Assurance retraite, novembre 2025
ISSN 2824-9658