Ce bulletin rassemble les résultats de la veille documentaire sur l'actualité en santé et domaines connexes. Cette veille se base sur la lecture de lettres d'actualités et de revues de presse en ligne, ainsi que sur le suivi de sites français et étrangers. Il est élaboré par les documentalistes de l'Irdes, Rouguiyatou Ndoye et Véronique Suhard.
De périodicité bimensuelle, ce bulletin de veille présente les nouveautés selon les thématiques suivantes :
• Assurance maladie • Environnement et santé • Etat de santé • Handicap • Hôpital • Inégalités sociales de santé • Médicament • NTIC : Internet, open data • Politique de santé, politique sociale • Prévention • Psychiatrie • Réglementation • Soins de santé primaires • Sondages • Travail et santé • Vieillissement
La lettre de mission fixait plusieurs objectifs : établir un état des lieux de l'articulation entre AMO et AMC ; étudier la faisabilité et la pertinence d'évolutions de l'architecture AMO-AMC, en distinguant le cas échéant entre les ajustements de court terme et des scénarios d'évolution à moyen et long termes ; identifier des champs dans lesquels une meilleure coopération entre AMO et AMC pourrait générer des gains d'efficience, en particulier en matière de prévention, de gestion du risque, de lutte contre la fraude.
Les
auteurs concluent que le modèle français de couverture santé,
fondé sur la combinaison de l'assurance maladie obligatoire
(AMO) et des complémentaires santé (AMC), reste très protecteur
mais fait face à un risque croissant d'insoutenabilité
financière. Ils écartent les scénarios de rupture tels qu'une « Grande Sécurité sociale » ou une privatisation de l'Assurance
maladie. Ils proposent plutôt une évolution pragmatique fondée
sur une meilleure articulation entre l'AMO et les
complémentaires, rebaptisées « organismes d'assurance santé »
(Odas). Le rapport formule cinq orientations majeures :
clarifier le rôle des complémentaires santé et les associer
davantage aux décisions de gouvernance ; recentrer les
remboursements sur les soins dont l'efficacité scientifique est
démontrée et créer un « contrat essentiel » ; confier aux Odas
davantage de responsabilités en matière de prévention,
d'accompagnement des patients et de gestion de certains risques ; mieux protéger certaines populations, notamment les retraités
modestes et les salariés en matière de prévoyance.
> Site
du Ministère de la santé
L'écoanxiété n'est pas une pathologie, mais une détresse psychologique liée à la crise environnementale. Une échelle, développée par la recherche, permet désormais d'en évaluer l'intensité. En s'appuyant notamment sur cet outil, un rapport récent de l'Agence de la transition écologique (Ademe) dresse le profil des personnes les plus exposées à l'écoanxiété en France.
> The Conversation, 22 septembre 2026
La multiplication et intensification des canicules, inondations, feux de forêts, tempêtes ont des conséquences sur la population : santé fragilisée, augmentation de la mortalité, infrastructures sous tension, économie ralentie, conflits d'usage sur l'eau, habitat dégradé, tensions sociales, etc. Ces impacts posent la question d'une « transition juste et sécurisante ». À la demande de la DGCS, le Crédoc a interrogé un échantillon représentatif de 3 000 personnes en janvier 2026, avant les fortes canicules et méga-feux de l'été 2026. L'enquête révèle que sept personnes sur dix pensent être en mesure de protéger leur vie personnelle des conséquences du dérèglement climatique, et cela quelles que soient les catégories sociales, les territoires ou le statut d'occupation du logement. L'inquiétude de ne pas réussir à se protéger par soi-même est plus marquée parmi les catégories effectivement les plus exposées : bas revenus, femmes et personnes isolées socialement.
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie son étude annuelle sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France en y ajoutant les données 2025. Cette étude analyse l'évolution du nombre d'IVG depuis 1990, de la méthode utilisée, du lieu de recours et de l'âge des femmes concernées. Elle décrit les disparités territoriales en présentant les taux de recours par département. Les chiffres détaillés par département et région sont disponibles en série depuis 2016 en accès libre sur le site de la Drees.
Les résultats présentés dans ce rapport mettent en évidence deux constats majeurs. Le premier concerne l'importance des difficultés de santé psychologique au sein de la population étudiante. Le second porte sur le recours aux soins et révèle des situations contrastées. Certains étudiants restent éloignés des dispositifs publics de prévention ou de soins, par méconnaissance des ressources disponibles ou des enjeux liés à leur santé. D'autres étudiants, bien qu'inscrits dans des parcours de soins, renoncent à certains accompagnements ou traitements, en raison de contraintes financières, organisationnelles ou territoriales.
> Site du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche
Comment l'obligation d'apposer un Nutri-Score, une mesure soutenue par une écrasante majorité de Français, validée scientifiquement et recommandée par l'Organisation mondiale de la santé, peut-elle être bloquée par une minorité d'intérêts privés ? C'est sur cette bataille que revient cette étude collective, coordonnée par Camille Chaussinand. Désormais étendue à l'échelle européenne, cette lutte des industriels contre un outil de santé publique est devenue un cas d'école de la manière dont les intérêts économiques organisés neutralisent la décision démocratique dans nos sociétés.
> Fondation Jean-Jaurès, 16 septembre 2026
Ce point sur l'excès de mortalité toutes causes se concentre sur la période du 27 juillet au 20 août 2026. Au cours de cette période, 79 départements de l'ensemble des régions hexagonales ont été concernés par cet épisode de canicule, soit 89 % de la population hexagonale. Selon Météo France, cet épisode, à l'échelle nationale, a été particulièrement long et égale la plus longue vague de chaleur jamais observée (juillet 1983). Pour l'ensemble des 79 départements, en tenant compte des jours concernés par une canicule sur cette période pour chaque département, au moins 817 décès toutes causes en excès (+ 5,2 %) ont été estimés sur la base des 16 552 décès toutes causes observés et des 15 735 décès toutes causes attendus. Cet excès de mortalité toutes causes concerne quasi-exclusivement les personnes âgées de 75 ans et plus avec au moins 751 décès en excès (+ 6,7 %).
> Santé publique France, 16 septembre 2026
La conférence nationale du handicap du 26 avril 2023 a donné une impulsion forte à la politique nationale d'accès des personnes handicapées à leurs droits et au droit commun. Cette période a permis l'engagement de plusieurs réformes attendues de longue date et l'ouverture de nouveaux chantiers. Le CNCPH s'en félicite. Mais elle montre également que certaines mesures annoncées n'ont pas encore abouti, que plusieurs transformations demeurent incomplètes et que, surtout, les conditions de pilotage et de co-construction des politiques publiques doivent encore progresser. Le CNCPH appelle à faire la prochaine séquence triennale 2026-2029 celle de l'effectivité : effectivité des droits, effectivité de l'accessibilité, effectivité de la participation des personnes concernées et effectivité de la responsabilité de chaque acteur public.
> Site officiel du gouvernement
La FHP a dévoilé ses attentes en vue de deux échéances fortes pour les acteurs de santé. D'une part, ses revendications dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 attendu fin septembre et d'autre part, une plateforme à l'adresse des candidats à l'Élysée. Elle y détaille une quinzaine de propositions.
> FHF
> Hospimédia, 16 septembre 2026 (accès abonnés)
En 2025, 5 576 EIGS ont été déclarés par les professionnels de santé en France et transmis à la HAS, soit une hausse de 20 % par rapport à 2024. Cette progression ne signifie pas que les EIGS sont plus fréquents ; elle reflète vraisemblablement une meilleure connaissance du dispositif national de déclaration. Les déclarations reçues par la HAS proviennent principalement des établissements de santé (70 %), mais concernent également le secteur médico-social, ainsi que les prises en charge en ville. Malgré cette dynamique positive, les EIGS demeurent encore très sous-déclarés (cf. étude ENEIS 3) et des progrès restent nécessaires.
Les fumées de feux de forêt produisent des effets majeurs sur la santé des populations. Des données internationales montrent que les groupes sociaux les plus vulnérables sont particulièrement concernés. En Californie, on parle d'« injustice environnementale face aux feux ». Des travaux sont en cours pour documenter aussi ce risque en France.
> The Conversation, 15 septembre 2026
En 2024, la mission nationale Spares a analysé les consommations d'anti-infectieux des Ehpad disposant d'une pharmacie à usage intérieur (PUI). Cette surveillance repose sur les consommations de l'année 2024 recueillies rétrospectivement en 2025. Parmi les 470 Ehpad participants, la consommation moyenne était de 39,5 doses définies journalières pour 1 000 journées d'hébergement (DDJ/1 000 JHeb), avec des écarts selon le type de structure. L'amoxicilline-acide clavulanique représentait 36 % des DDJ, l'amoxicilline seule 26 % et la ceftriaxone 6 % : ces trois molécules totalisaient 68 % de la consommation. Par rapport à 2022, la consommation a augmenté, notamment pour les deux premières molécules, tandis que celle des fluoroquinolones a continué de diminuer. La part des antibiotiques à indication restreinte a reculé à 53,2 % et celle des formes injectables à 8,0 % des antibiotiques systémiques. Le rapport de consommation amoxicilline seule/amoxicilline-acide clavulanique était de 0,72.
> Santé publique France, 14 septembre 2026
Elle pointe notamment le système
des "coupe-files" payants, des options peu claires et une
navigation laborieuse. Le ministère de la Santé a parallèlement
demandé aux plateformes de téléconsultations de supprimer leurs
options payantes de rendez-vous prioritaires avant le 1er
octobre
> France
Assos Santé
>
Franceinfo.fr, 17 septembre 2026
L'Agence du numérique en Santé (ANS)
dévoile son contrat d'objectifs et de performance (Cop) pour la
période 2026-2028. Il va accompagner une nouvelle étape de la
transformation numérique du système de santé français. Après
plusieurs années marquées par les déploiements structurants du
Ségur du numérique en santé, l'enjeu est désormais de consolider
les acquis et d'en garantir la pleine appropriation par les
acteurs de terrain. Dans un environnement marqué par l'essor de
l'intelligence artificielle, l'intensification des menaces cyber
et le renforcement des exigences européennes en matière de
partage et de protection des données de santé, l'ambition n'est
plus seulement de déployer des solutions numériques, mais d'en
assurer la fiabilité, la durabilité et la valeur ajoutée au
service des professionnels de santé comme des usagers.
> ANS,
11 septembre 2026
L'agence de régulation des produits de santé a publié un document de recommandations relatif à l'évaluation des outils d'intelligence artificielle utilisés dans le secteur de la santé. Plusieurs recommandations diffèrent du cadre français.
> Agence anglaise de régulation des médicaments et des produits de santé
> Hospimédia, 18 septembre 2026 (accès abonnés)
Le Rapport 2026 sur les expérimentations innovantes en santé
"article 51" a été transmis au Parlement. Il fait le bilan du
dispositif qui a ciblé 1,5 millions de bénéficiaires depuis sa
création en 2018 et qui compte 166 projets autorisés.
> Site
du ministère de la santé
> Concours pluripro, 18 août 2026 (accès abonnés)
La maladie d'Alzheimer et les troubles cognitifs, psychologiques et du comportement qui y sont associés représentent un enjeu de santé publique majeur (1,2 million de personnes concernées). Des dispositifs spécialisés et originaux de prise en charge se sont développés peu à peu : pôles d'activité et de soins adaptés (Pasa), unités d'hébergement renforcé (UHR), unités cognitivo-comportementales (UCC), unités de vie Alzheimer (UVA) en établissements ainsi que les équipes spécialisées Alzheimer (Esa) auprès de personnes résidant à leur domicile. Ce rapport avance plusieurs recommandations afin d'améliorer les efforts de prévention et de prioriser les investissements en faveur d'une prise en charge accrue et améliorée en ville comme en établissements afin qu'ils soient mieux adaptés aux besoins des personnes accompagnées et accueillies.
Alors que les difficultés d'une partie de la population face à la dématérialisation des démarches administratives sont mises en lumière, l'Igas publie un rapport consacré aux accueils sociaux et à leur rôle dans l'accès aux droits sociaux. Fondées sur une méthodologie privilégiant l'observation de terrain et l'immersion dans les lieux d'accueil, les investigations ont porté sur les caisses de sécurité sociale, les collectivités locales (départements et communes) et les maisons France services. Elles mettent en lumière les profondes mutations intervenues ces dix dernières années, entre rationalisation des organisations, montée en puissance du numérique et retour d'une offre de proximité. Le rapport montre que l'expérience usager ne peut être réduite à la seule question de l'accompagnement à l'utilisation des outils numériques et que, la question clé reste celle de l'accès effectif aux droits sociaux. Il interroge les conditions concrètes d'un accueil accessible à tous et analyse les enjeux d'un paysage institutionnel complexe.
Les recherches les plus récentes nous ont appris que la santé se construit bien avant l'entrée dans le système de soin. Les comportements favorables à la santé s'acquièrent dans des endroits et des secteurs très divers : dans les familles, à l'école, dans les clubs sportifs, dans les collectivités, etc. Notre organisation institutionnelle doit être transformée pour tenir compte de l'évolution des connaissances scientifiques.
> The Conversation, 22 septembre 2026
Le 16 septembre 2026, a été présenté à l'Assemblée nationale les conclusions de la mission gouvernementale consacrée à la prévention en santé. Après six mois de travaux, 327 auditions, 15 déplacements et 147 contributions écrites, ce rapport propose de construire un véritable système national de prévention primordiale, en investissant dans la prévention autant que dans le soin. Le rapport s'organise autour de quatre axes : faire de la santé l'affaire de tous ; faire de nos lieux de vie des lieux de santé ; se fixer six priorités de prévention ; piloter la prévention par la donnée et la science.
Le Haut Conseil de santé publique (HCSP) propose une stratégie multimodale de prévention des accidents de la vie courante (AcVC). Ce rapport fait le point dans la première partie sur les accidents de la vie courante des enfants âgés de moins de 5 ans (chutes, étouffements, brûlures, électrisations), à l'exception des intoxications qui ont fait l'objet d'un avis du 01/09/2025. Le HCSP a analysé les facteurs de risques et les actions préventives efficaces selon les circonstances, l'environnement, la perception du risque et les conditions de vie des parents ainsi que les actions existantes en France. La deuxième partie de ce rapport fait le point sur les stratégies mises en place à l'international ayant fait la preuve de leur efficacité. Enfin, le HCSP propose une stratégie multimodale de prévention basée sur la stratégie des E (Education, Engineering, Enforcement, Environment, Empowerment, Equity, Economy), coordonnée au niveau national et accompagnée d'un système de surveillance et d'analyse économique (observatoire).
Alors que les taux d'hospitalisation en psychiatrie à temps complet se stabilisent depuis 2020 en s'établissant à 4,5 pour 1 000 habitants en 2025 ; les taux à temps partiel augmentent. Cette hausse est portée par l'accroissement du recours chez les femmes, en particulier les plus jeunes (13-24 ans). En 2025, le recours à l'hospitalisation à temps complet est 3 fois plus élevé chez les femmes âgées de 13 à 17 ans que chez les hommes du même âge.
Ce décret réduit à un an la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail des assurés qui en bénéficient et dont la participation aux frais de santé n'est pas limitée ou supprimée en application des 3o et 4o de l'article L. 160-14 du code de la sécurité sociale. En revanche, est maintenue à trois ans la durée maximale d'indemnisation des assurés atteints d'une affection de longue durée au sens des 3o et 4o de l'article L. 160-14 du code de la sécurité sociale. Le décret prévoit en outre la possibilité de pénaliser un assuré qui abuserait de sa qualité d'assuré social en vue d'obtenir de manière injustifiée des prescriptions d'arrêt de travail sans lien avec son état de santé.
> Légifrance, 18 septembre 2026
Ce décret tire les conséquences de la réforme réduisant à un an la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail des assurés qui en bénéficient et dont la participation aux frais de santé n'est pas limitée ou supprimée en application des 3° et 4° de l'article L. 160-14 du code de la sécurité sociale. Est maintenue à trois ans la durée maximale d'indemnisation des assurés atteints d'une affection de longue durée au sens des 3° et 4° de l'article L. 160-14 du code de la sécurité sociale.
> Légifrance, 18 septembre 2026
Le plafond annuel des franchises
médicales, qui restent à la charge des assurés, va passer de 100
à 140 € le 1er octobre. Le décret portant la mesure précise
également que ce plafond sera réévalué chaque année en fonction
de l'inflation. Cette mesure s'inscrit dans la continuité des
annonces du gouvernement qui souhaite réaliser des économies
pour réduire le déficit de la Sécurité sociale. L'exécutif
disait cibler "ceux qui achètent plus de 50 boîtes de
médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par
an", avait détaillé Sébastien Lecornu dans un entretien. Le
principe ne consiste pas à diminuer les remboursements
classiques, mais à augmenter des sommes restant systématiquement
à la charge des assurés.
> Légifrance,
12 septembre 2026
> JORF n° 0211 du 10 septembre 2026
Le Cadre d'action relatif au personnel de santé et de soins dans la Région européenne de l'OMS 2023-2030 appelle à des mesures concrètes pour éliminer les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, valoriser le travail de soins non rémunéré et promouvoir la parité hommes-femmes à tous les postes de décision dans la Région. Cette note d'information s'appuie sur le rapport 2022 de l'Organisation internationale du Travail et de l'OMS sur les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et propose une analyse actualisée pour la Région. Les conclusions confirment que, malgré sa forte féminisation, le secteur de la santé et des soins continue de présenter des écarts de rémunération importants et persistants entre les femmes et les hommes. Une grande partie de ces écarts demeure inexpliquée par des facteurs observables, ce qui indique l'existence d'une sous-évaluation et de biais systémiques.
> Organisation mondiale de la santé
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude documentant les déterminants structurels de l'évolution du revenu des médecins libéraux avant les dernières négociations conventionnelles de 2024. Les résultats de cette étude mobilisent les données de l'appariement Insee-Cnam-DGFiP, qui permet d'associer pour chaque professionnel de santé concerné des informations sur son activité et des données sur ses revenus d'activité. Les analyses sur les évolutions survenues entre 2021 et 2024 seront publiées en 2027.
Dans les suites du plan gouvernemental de réduction de l'absence au travail présenté le 9 avril dernier, la ministre Stéphanie Rist annonce le renforcement des parcours de santé des personnes en arrêt de travail de longue durée pour des troubles psychiques ou des troubles musculosquelettiques (TMS), ainsi que la mise en place de sanctions pour les assurés abusant du recours aux prescriptions d'arrêt de travail par du nomadisme médical.
> Site du ministère de la santé
En 2024, 45 % des entreprises de dix salariés ou plus du secteur privé non agricole, employant 66 % des salariés de ce champ, déclarent indemniser, en cas d'arrêt maladie, tout ou partie des trois premiers jours d'absence, non pris en charge par la Sécurité sociale. Dans neuf cas sur dix, les entreprises indemnisent les trois jours. Le fait d'indemniser les jours de carence est plus fréquent à mesure que s'accroît la taille de l'entreprise. Cela concerne quatre entreprises sur cinq de 500 salariés ou plus et seulement deux entreprises sur cinq parmi celles employant de 10 à 49 salariés. En 2024, 66 % des entreprises mettent en œuvre cette indemnisation dans le cadre d'un accord de branche ou d'une convention collective. La pratique d'indemnisation varie fortement selon la branche professionnelle à laquelle l'entreprise est rattachée. Cette pratique est la plus répandue dans les branches professionnelles de la métallurgie et sidérurgie (85 % des entreprises) et la moins commune dans celles de l'hôtellerie, restauration et tourisme (13 %). L'indemnisation des trois premiers jours d'arrêt maladie est plus fréquente dans les entreprises où se tiennent des négociations collectives (68 % vs 40 %), ou encore en présence d'instances représentatives du personnel, notamment syndicales (71 % vs 34 % en l'absence d'instance).
La Conférence est partie du constat que le travail, l'emploi et les retraites ne peuvent être durablement traités séparément. Les conditions de travail et la prévention de l'usure professionnelle déterminent la capacité à rester en emploi ; le niveau d'emploi et de productivité contribue au financement de notre modèle social ; les règles de retraite ont, en retour, des conséquences sur les parcours professionnels. Cette approche globale constituait l'une des singularités inédites de l'exercice.
> Ministère du Travail et des Solidarités, 16 septembre 2026
Douleurs imprévisibles, fatigue, rendez-vous médicaux… quand on souffre d'endométriose, celle-ci s'invite aussi au sein de l'entreprise. Une enquête conduite avec l'association EndoFrance montre que les possibilités d'adapter le poste de travail comptent pour faciliter la vie professionnelle. Mais un élément reste déterminant : bénéficier du soutien de son organisation.
> The Conversation, 17 septembre 2026
La ménopause agit comme un révélateur puissant d'inégalités sociales et professionnelles déjà existantes. Une étude menée dans plusieurs pays, sur trois continents, suggère que, loin d'être une simple transition biologique, elle met en lumière la manière dont le genre, la classe sociale, la culture et l'organisation du travail s'entrecroisent pour façonner les parcours professionnels des femmes.
> The Conversation, 17 septembre 2026
La Dares vient de publier une nouvelle édition de son enquête "Conditions de travail et risques psychosociaux", qui actualise les données de 2016 à partir d'un échantillon de 25 300 salariés interrogés entre juillet 2024 et avril 2025. Elle révèle, pour la première fois depuis le début de la mesure dans les années 1980, un recul de l'intensité du travail : la part des salariés soumis à au moins trois contraintes de rythme parmi huit passe de 43 % à 38 %. La pression temporelle diminue également, en particulier chez les cadres. Les contraintes physiques, en revanche, demeurent globalement stables et continuent de concerner quatre salariés sur dix. Cette moyenne masque cependant une hausse sensible chez les employés peu qualifiés, dont l'exposition progresse de sept points pour atteindre 61 %.
> Helloworkplace, 10 septembre 2026
À la suite de sa visite en France en juin, le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a adressé une lettre à la Ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, dans laquelle il encourage la mise en œuvre d'améliorations systémiques dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Pour la première fois dans notre histoire, les plus de 60 ans sont désormais plus nombreux en France que les moins de 18 ans et notre pays est aujourd'hui confronté à une augmentation de l'âge moyen de sa population. Or cette évolution démographique est marquée par une stagnation de l'espérance de vie en bonne santé et par la multiplication des situations de perte d'autonomie. L'augmentation considérable de la demande de prise en charge en santé met le système actuel sous tension et l'expose à une très forte augmentation des dépenses publiques d'autonomie. Alors que la transition démographique s'accélère, il est grand temps, à moins d'un an de l'élection présidentielle, de réinterroger les politiques de santé et du grand âge en France.
> Site de l'Institut Montaigne
Les Ehpad accueillent plus de 573 000 personnes âgées dépendantes en France, mais les évaluations de la HAS montrent que leur démarche qualité et leur gestion des risques restent perfectibles. Si l'organisation des procédures de signalement des événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) est globalement en place, leur mise en œuvre effective demeure insuffisante. Afin d'identifier les principales causes de ces événements et d'aider les établissements à améliorer la qualité et la sécurité des soins, la HAS publie une analyse des déclarations les concernant et formule des préconisations
La HAS a analysé les déclarations issues de la base nationale des EIGS survenus chez des patients en fin de vie depuis la création du dispositif national, en 2017. Cette analyse permet, d'une part, de mieux comprendre les circonstances dans lesquelles surviennent des événements graves au cours d'une période marquée par des enjeux cliniques, éthiques et organisationnelles majeurs. Elle permet, d'autre part, d'identifier des défaillances potentiellement évitables, des facteurs contributifs récurrents et des leviers d'amélioration susceptibles de renforcer la qualité et la sécurité des prises en charge, au bénéfice des patients, de leurs proches et des professionnels.
La population ne va pas s'effondrer, mais sa structure va profondément changer : moins de jeunes, davantage de personnes très âgées, et des besoins qui se recomposent selon les territoires. Derrière ces évolutions se pose une question centrale : comment adapter notre modèle social et nos solidarités à une France vieillissante ? Ce Focus montre que l'enjeu n'est pas seulement démographique : il tient au déplacement des besoins collectifs et aux nouveaux équilibres à trouver entre générations et territoires. Il met en lumière les choix à engager dès aujourd'hui pour préserver les solidarités dans une France plus âgée et plus diverse.
> Site du Haut Commissariat à la stratégie et au Plan
Le vieillissement réduit progressivement la contribution du travail à la croissance. Pour préserver leur niveau de vie et financer leurs systèmes sociaux, les économies concernées devront produire davantage avec moins d'actifs. L'intelligence artificielle peut devenir un puissant levier, mais la technologie ne produit des gains de productivité que si elle se diffuse réellement dans l'ensemble de l'économie.
> Cercle de l'épargne, 10 septembre 2026
> Cercle de l'épargne, 10 septembre 2026
Entre 2021 et 2022, 13,1 % des salariés du privé ont changé d'entreprise, mais cette mobilité diminue fortement avec l'âge. Les 55-59 ans sont ainsi beaucoup moins susceptibles de changer d'employeur que les salariés de 40 à 49 ans. Lorsqu'ils changent d'entreprise, les seniors obtiennent aussi des gains salariaux plus faibles, voire des pertes de salaire, particulièrement lorsque la mobilité s'accompagne d'un changement de profession. Avec l'avancée en âge, les reconversions professionnelles deviennent plus rares : les seniors conservent davantage leur métier ou s'orientent vers des professions proches de leurs compétences initiales plutôt que vers des emplois mieux rémunérés. Enfin, le travail à temps partiel est plus fréquent après 55 ans et concerne près de la moitié des salariés de 60 ans ou plus.
ISSN 2824-9658