Ce bulletin rassemble les résultats de la veille documentaire sur l'actualité en santé et domaines connexes. Cette veille se base sur la lecture de lettres d'actualités et de revues de presse en ligne, ainsi que sur le suivi de sites français et étrangers. Il est élaboré par les documentalistes de l'Irdes, Rouguiyatou Ndoye et Véronique Suhard.
De périodicité bimensuelle, ce bulletin de veille présente les nouveautés selon les thématiques suivantes :
• Assurance maladie • Economie de la santé • Environnement et santé • Géographie de la santé • Handicap • Hôpital • Inégalités sociales de santé • NTIC : Internet, open data • Politique de santé, politique sociale • Psychiatrie • Réglementation • Soins de santé primaires • Sondages • Système de santé • Travail et santé • Vieillissement • Nominations
Ce document de travail du think tank Lisa tire le bilan de la construction de l'articulation AMO/AMC, spécifique au système français et qui est la conséquence d'arbitrages législatifs successifs et d'évolutions des pratiques de soins et de remboursement plutôt que d'un schéma cible explicitement défini.
Le déficit des régimes de base de la Sécurité sociale et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) s'est établi à 21,6 milliards d'euros en 2025. Le solde est ainsi moins dégradé que ce qui était attendu dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui prévoyait un déficit de 23,0 milliards d'euros (contre 22,1 Md€ initialement prévus dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025). Cet écart de +1,4 milliard d'euros s'explique principalement par des dépenses inférieures à celles prévues. Les recettes se sont établies à un niveau globalement conforme à la prévision de la dernière LFSS, le coût plus élevé qu'anticipé des allègements généraux de cotisations ayant été compensé par davantage de recettes fiscales.
Face aux idées reçues sur la redistribution et les prestations sociales, la Drees, en collaboration avec les équipes de Datagora, actualise une précédente vidéo explicative dans le but de mieux comprendre comment sont réparties les différentes dépenses de protection sociale entre les risques sociaux que sont la vieillesse, la santé, la famille, l'emploi, la pauvreté et le logement. Elle apporte aussi un éclairage sur la position de la France en Europe en matière de dépenses et les évolutions récentes.
Les travaux publiés en 2026 par The Shift Project positionnent le système de santé français au cœur des défis climatiques et énergétiques avec la double contrainte de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de renforcement de la résilience face aux disruptions climatiques. Le rapport intermédiaire préconise une réflexion structurelle sur l'organisation des parcours de santé pour atteindre une baisse de 80 à 90 d'ici 2050 de l'intensité carbone du volume des soins. Baptiste Verneuil, au sein du Shift Project, résume cette réalité en qualifiant le secteur d'"acteur et victime" du dérèglement climatique, à la fois émetteur et exposé aux effets sanitaires croissants. Ce rapport intermédiaire est accompagné d'un guide méthodologique dédié aux calculs, d'une note sur la prévention des maladies et la promotion de la santé et d'une annexe méthodologique sur la chirurgie.
> Le Quotidien du médecin, 12 mars 2026 (réservé aux abonnés)
L'Agence européenne pour l'environnement (AEE) met en évidence des corrélations significatives entre plusieurs formes de pollution et l'augmentation des troubles de santé mentale en Europe. Elle rappelle qu'en 2023 ces troubles constituaient la sixième cause de morbidité et la huitième cause de mortalité dans l'Union, dans un contexte de hausse marquée depuis vingt-cinq ans. La pollution atmosphérique, en particulier l'exposition prolongée aux particules fines et au dioxyde d'azote lors de périodes critiques du développement cérébral, serait associée à des modifications du cerveau et à un risque accru de dépression, même si ces résultats demeurent essentiellement observationnels et ne permettent pas de conclure formellement à un lien de causalité.
> European environment Agency, 3 mars 2026
> Destination santé, 4 mars 2026
La situation des départements et régions d'outre-mer (DROM), de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie se caractérise en matière d'accès aux soins par une grande diversité et par des spécificités géographiques, démographiques et sociales qui la distinguent significativement de celle de la métropole, ainsi que par l'émergence de solutions innovantes visant à mieux répondre aux besoins des populations locales. Ce chapitre du rapport annuel de la Cour des comptes met en lumière, d'une part, les principaux obstacles structurels à une offre de soins équitable et de qualité (I), et, d'autre part, les réponses locales déjà engagées, qu'il s'agit de poursuivre et d'amplifier dans une logique de coordination à la fois territoriale et régionale (II).
Les enfants dits « à double vulnérabilité » (en situation de handicap et confiés à l'aide sociale à l'enfance) évoluent au croisement de plusieurs champs d'intervention - protection de l'enfance, médico-social, santé, éducation - souvent cloisonnés. S'ils occupent une place croissante dans les préoccupations des acteurs publics, associatifs et institutionnels, ils demeurent cependant confrontés à des parcours marqués par des ruptures répétées. Fondée sur une analyse approfondie d'une vingtaine de dispositifs sociaux et médico-sociaux répartis sur tout le territoire national, l'étude DéPASSE part résolument du terrain. Elle vise à comprendre en profondeur comment les acteurs construisent une offre de service pour ces enfants, et ce que cela révèle des limites et contradictions des cadres et ressources actuels.
La répartition territoriale des activités entre les hôpitaux doit évoluer pour mieux répondre aux besoins de santé, selon la Cour des comptes. Dans son rapport annuel, elle émet des recommandations pour réorganiser le maillage territorial et l'accès aux soins en outre-mer. Elle préconise aussi de redéfinir une nouvelle stratégie d'évolution de l'offre.
> Cour
des Comptes, 25 mars 2026
> Hospimédia,
25 mars 2026 (accès abonnés)
La réforme dite du « 100 % santé » ou « reste à charge zéro » appliquée aux soins dentaires vise à améliorer l'accès aux soins plus coûteux (couronnes, dentiers, bridges…). Mais l'analyse montre, à l'inverse, que cette réforme risque de renforcer les inégalités de prise en charge, car elle exclut celles et ceux qui n'ont pas de « mutuelles », mais aussi du fait des spécificités d'exercice des chirurgiens-dentistes (zones sous-dotées en praticiens, tarifs fixés librement…).
> The Conversation, 24 mars 2026
La crise de l'accès aux soins se traduit concrètement : près de trois Français sur quatre disent avoir déjà renoncé à un soin ces cinq dernières années. Elle pèse également fortement sur l'hôpital public, déjà largement en tension : un Français sur deux indiquant qu'il s'est déjà rendu aux urgences sans être en situation d'urgence médicale. Ce contexte appelle un débat public le plus large possible pour améliorer concrètement l'accès aux soins au bénéfice des Français.
> Site de la FHF, 17 mars 2026
Élaborée par la Délégation au numérique en santé (DNS), l'Agence du Numérique en Santé (ANS), l'Assurance maladie et le GIE Sesam-Vitale, cette nouvelle édition actualise le cadre de référence national qui structure le développement des services numériques en santé en France.
> Agence du numérique en santé, 13 mars 2026
Cette étude réalisée par des chercheurs français s'est intéressée aux préférences entre les consultations en présentiel et les soins à distance pour les patients atteints de maladies chroniques. Elle vise à comprendre dans quelles situations les patients privilégient la téléconsultation et s'ils seraient prêts à consulter un médecin à distance plus rapidement plutôt que d'attendre un rendez-vous physique avec leur médecin traitant.
> Post LinkedIn de Pierre Simon
Saisi par des associations et des particuliers, le Conseil d'État n'annule pas l'autorisation accordée à Health Data Hub d'extraire et de traiter des données de santé dans le cadre d'études sur la prévalence et l'incidence des pathologies dans la population française. Il juge que cette autorisation délivrée par la CNIL pour une durée de trois ans ne permet que le traitement automatisé des données et n'autorise pas leur transfert vers les Etats-Unis. Les seules données personnelles qui pourraient être éventuellement transférées sont liées aux utilisateurs de la plateforme Health Data Hub et le contrat avec la société d'hébergement prévoit pour cela des garanties conformes au RGPD.
> La Tribune, 20 mars 2026 (accès abonnés)
Les HCL, en partenariat avec la Direction générale de l'Offre de Soins (DGOS) et l'Agence de l'Innovation en Santé (AIS), lancent OSE 2050, un programme inédit pour imaginer ensemble le futur de notre système de santé. OSE 2050 repose sur une approche participative, associant experts, professionnels de santé et citoyens. L'objectif ? Explorer des scénarios plausibles pour mieux préparer les choix stratégiques de notre système de santé. Vos attentes, vos craintes et vos espoirs sont au cœur de cette réflexion collective.
> Site des Hospices civils de Lyon
Le Collège national des sages-femmes de France rend public son rapport sur la réorganisation de la périnatalité. Ce travail s'inscrit dans un contexte où la mortalité infantile ne diminue plus depuis 2015 en France et atteint 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2024. La moitié des décès survient au cours de la première semaine de vie. La mortalité maternelle, bien que rare, reste évitable dans 60 % des situations ; 272 décès maternels ont été recensés entre 2016 et 2018. Ces chiffres révèlent les limites d'une organisation qui peine encore à prévenir tôt, à repérer les vulnérabilités, à coordonner clairement les acteurs et à adapter les réponses aux besoins réels des co-parents.
En France comme à l'international, les troubles psychiques ont fortement augmenté au cours de la dernière décennie, avec une hausse marquée des états anxieux et dépressifs. Dans ce contexte, investiguer les comportements de recherche d'aide en santé mentale apparaît comme un enjeu crucial pour favoriser une prise en charge précoce. Cette étude parue dans le BEH a pour objectif d'identifier les principaux facteurs associés au fait de parler de son mal-être ou de ses difficultés psychologiques (ME-DP), à la lumière des types d'interlocuteurs sollicités.
Publiés au Journal officiel du 19 mars 2026, un décret et un arrêté viennent préciser le contenu et les modalités de pilotage et de mise en œuvre du programme Icope de dépistage précoce et de prévention de la perte d'autonomie des personnes âgées. Le déploiement de ce programme est inscrit dans la loi Bien vieillir du 8 avril 2024 et la généralisation de l'étape 1 d'Icope, celle du repérage, avait été annoncée en juillet dernier
> Site Legifrance (arrêté fixant le cahier des charges)
Ce décret fixe les modalités de sélection des psychologues assurant des séances d'accompagnement prises en charge par l'Assurance maladie en application de l'article L. 162-58 du code de la sécurité sociale. Il reconnaît également la qualité de collaborateur occasionnel du service public aux experts psychologues mobilisés par la Caisse nationale d'Assurance maladie dans le cadre de ce dispositif.
La médiation en santé, c'est une interface pour créer des liens entre des personnes vulnérables éloignées du système de santé et les professionnels qui interviennent dans leur parcours de soins. En 2025, avec le soutien de Santé publique France, l'Ansa a conduit un travail pour mieux comprendre l'ensemble des processus par lesquels des acteurs - qu'ils soient institutionnels (État, Agences régionales de santé (ARS), collectivités…), médicaux (centres hospitaliers, maisons de santé...), associatifs ou citoyens - pilotent les actions de médiation en santé, à la fois à l'échelle nationale mais aussi au niveau plus local sur les territoires.
Comment garantir l'accès aux soins partout, alors que les déserts médicaux s'étendent, que l'hôpital traverse une crise durable et que la population vieillit ? Depuis plus de vingt ans, le système de santé français se transforme. Au cœur de ce mouvement, un tournant territorial redéfinit les responsabilités, redistribue les marges d'action et reconfigure les relations entre l'État, les professionnels de santé et les élus locaux. Maisons de Santé pluriprofessionnelles, Communautés professionnelles territoriales de Santé, Dispositifs d'appui à la coordination, contrats locaux de Santé… Ces dispositifs incarnent une nouvelle ambition : décloisonner la médecine de ville et l'hôpital, renforcer la prévention, structurer les parcours et organiser une véritable coordination des soins à l'échelle des territoires. Au-delà des réformes techniques, ces dynamiques concourent à remodeler la gouvernance du système de santé. Cette recomposition ne se déploie pourtant pas sans tensions : inégalités territoriales persistantes, pénurie de médecins, difficultés de régulation de la médecine libérale, incertitudes sur les financements, etc. Les actes du séminaire 2024 de la Chaire santé de Sciences Po proposent d'explorer ces enjeux. À partir d'enquêtes de terrain et de regards croisés d'une quinzaine de chercheurs, cette publication éclaire la mise en œuvre concrète des dynamiques de coordination, leurs effets sur les pratiques professionnelles et les nouvelles formes de relations entre institutions, élus et soignants
> Toluna/ Harris interactive, mars 2026
> Ipsos BVA en partenariat avec Relyens, 24 février 2026
La deuxième enquête menée par Ipsos bva pour la Fédération hospitalière de France (FHF) sur la santé des femmes met en évidence le rôle central des femmes dans la gestion de la santé du foyer, un recours insuffisant à certains dépistages et la persistance de biais dans la prise en charge médicale, notamment en matière de douleur et de santé reproductive.
> Assurance maladie, 10 mars 2026
En Belgique, dans sa dernière édition du "Focus sur les chiffres", le SPF Sécurité sociale (Service public fédéral Sécurité sociale) analyse les dépenses de santé restant à charge des ménages. Cette analyse repose sur les données du système de comptabilité de la santé (SHA) et compare la situation belge à celle d'autres pays européens.
> SPF Sécurité sociale, 13 mars 2026
Dans cette nouvelle étude, Eurogip explore les statistiques d'accidents du travail de six pays (Allemagne, Danemark, Espagne, France, Italie et Luxembourg) identifiés comme relativement comparables au sein de l'Union européenne. La qualité des données et la disponibilité d'éléments méthodologiques permettent une analyse approfondie de ces statistiques.
L'innovation est un déterminant essentiel de la qualité de tout système de santé. L'Igas s'est attachée à étudier particulièrement la situation des services de prévention et de santé au travail (SPST) au regard de l'objectif d'innovation. Si ces services se modernisent rapidement sous l'effet de la réforme de 2021, des freins institutionnels et pratiques demeurent. La mission préconise d'apporter certaines modifications aux conditions de régulation du secteur, et de dynamiser l'innovation en s'appuyant sur l'expérience du monde de la santé publique.
Santé publique France publie les résultats de la surveillance de la fragilité, initiée à travers l'élaboration d'un algorithme de repérage dans les données médico-administratives du Système national des Données de Santé (SNDS). La fragilité est un état gériatrique de vulnérabilité accrue, caractérisée par une diminution des réserves physiologiques, compromettant la capacité à faire face aux facteurs de stress quotidiens ou aigus. Ce bulletin décrit la prévalence de la fragilité en France hexagonale chez les 55 ans et plus et ses disparités territoriales à l'échelle départementale en 2022, ainsi que son évolution entre 2013 et 2022.
> Site de Santé publique France
La Direction de la recherche des études de l'évaluation et des statistiques (Drees) présente, pour la première fois, une analyse de la variation du niveau de vie au moment du départ à la retraite. Elle mobilise une source statistique inédite issue du croisement de l'échantillon inter-régimes de retraités (EIR) avec l'échantillon démographique permanent (EDP) de l'Insee.
La question de reculer, ou non, l'âge de la retraite fait débat en France. Dans ce cadre, une étude qui a mobilisé des données dans 14 pays européens montre que rester plus longtemps en emploi peut nuire à la santé mentale après 50 ans… sauf si ces personnes bénéficient de bonnes conditions de travail.
> The Conversation, 18 mars 2026
Régulièrement, l'existence d'une opposition irréconciliable entre les seniors et les plus jeunes est mise en avant. Pour payer les retraites de premiers, on sacrifierait l'avenir de la jeunesse. Cette opinion régulièrement reprise ne résiste pas à l'examen des faits, estime l'économiste Hippolyte d'Albis.
> The Conversation, 17 mars 2026
En 2024, les chutes chez les personnes de 65 ans et plus ont entraîné environ 175 000 hospitalisations et plus de 20 000 décès en France, avec une forte augmentation depuis 2019 (+20,5 % pour les hospitalisations et +18 % pour les décès). Les femmes sont plus souvent hospitalisées après une chute, mais les hommes en meurent davantage. Le risque augmente fortement avec l'âge : les personnes de 85 ans et plus sont beaucoup plus touchées, notamment pour la mortalité. Les chutes sont plus fréquentes en hiver et varient selon les régions, avec des taux plus élevés dans le Grand Est, la Normandie, la Bretagne et l'Auvergne-Rhône-Alpes.
> Santé publique France, 12 mars 2026
L'Observatoire du Bien-être, en partenariat avec l'EN3S, a enquêté sur l'écart entre la perception sociale très positive de la retraite en France et la réalité vécue par les nouveaux retraités. Elle s'appuie sur des données longitudinales pour suivre l'évolution du bien-être subjectif (satisfaction de vie en général et déclinée selon divers critères) lors de la transition entre activité et retraite. L'étude révèle que, contrairement aux attentes, le passage à la retraite n'entraîne pas de rupture majeure dans la qualité de vie ressentie. Ce constat de neutralité est universel : il s'applique aux deux genres ainsi qu'à l'ensemble des catégories socio-professionnelles, la satisfaction à l'égard du temps libre restant la seule dimension en nette progression.
> Parlons peu, parlons Sécu - EN3S, 9 mars 2026
ISSN 2824-9658