L’enquête Protection sociale complémentaire d’entreprise 2017

Perronnin M. (Irdes)

Rapport n° 572 - Novembre 2019


RÉSUMÉ

Cette nouvelle édition de l’enquête Protection sociale complémentaire d’entreprise (PSCE), réalisée en 2017, s’inscrit dans le contexte de la généralisation de la couverture santé d’entreprise suite à l'Accord national interprofessionnel (Ani) du 11 janvier 2013, auquel les établissements du secteur privé devaient se conformer avant le 1er janvier 2016. Les données de l’enquête PSCE 2017, recueillies auprès des établissements et de leurs salariés, permettent ainsi de dresser un panorama de la complémentaire santé d’entreprise, d’évaluer l’effet de l’Ani sur l’offre de couverture santé et de décrire l’offre de garanties de prévoyance. En plus des informations collectées dans les éditions précédentes, PSCE 2017 renseigne sur le coût des contrats de complémentaire santé et sur la nature des changements liés à l’Ani. Les individus ayant connu une période de chômage sont en outre interrogés sur le maintien du contrat de leur ancienne entreprise. En 2017, 84 % des établissements regroupant 96 % des salariés offrent une couverture complémentaire santé contre la moitié des établissements avant l'Ani. 82 % des salariés déclarent bénéficier de la couverture de leur entreprise, 15 % être dispensés d’adhésion et moins de 3 % n’en pas bénéficier. L’employeur finance en moyenne 60 % du coût de la formule de base, proportion restée stable par rapport à 2009, année de la précédente édition de PSCE. L’accès à la complémentaire santé a le plus progressé parmi les salariés des très petites entreprises ou ayant un faible salaire. Néanmoins, ces mêmes salariés se voient offrir des niveaux de couverture plus faibles et sont plus souvent dispensés d’adhésion. Enfin, trois quarts des établissements employant 91 % des salariés proposent un contrat de prévoyance. Près de 10 % des établissements (15 % des nouvellement couverts) déclarent avoir mis en place un contrat de prévoyance en lien avec l’Ani. Ainsi, malgré l’absence d’obligation, l’Ani de 2013 semble avoir indirectement favorisé la diffusion de ce type de couverture.

ABSTRACT

This new edition of the Employer-provided Complementary Health Insurance Survey (PSCE), conducted in 2017, is part of the generalisation of employer-provided complementary health insurance in France, following the implementation of the 2013 National Interprofessional Agreement (ANI, Accord national interprofessionnel), with which private sector employers had to comply before 1 January 2016. The data from the PSCE 2017 survey, collected from establishments and their employees, thus make it possible to draw up an overview of employer-provided complementary health insurance, to assess the effect of the ANI on the provision of health coverage and to describe the provision of provident benefits. In addition to the information collected in previous editions, PSCE 2017 provides information on the cost of complementary health insurance contracts and on the nature of changes related to the ANI. Individuals who have experienced a period of unemployment are also questioned about the continuation of their former company's contract. In 2017, 84% of establishments representing 96% of employees offer complementary health insurance, compared to half of establishments before the implementation of the ANI. 82% of employees declare that they benefit from their company's coverage, 15% are exempt from membership and less than 3% were not offered any contract from their establishment. The employer finances on average 60% of the cost of the basic formula, a proportion that remained stable compared to 2009, the year of the previous PSCE edition. Access to employer-provided complementary health insurance has increased most among employees in very small companies or those with low wages. However, these same employees are offered lower levels of coverage and are more often exempt from membership. Finally, three quarters of the establishments employing 91% of employees offer provident contracts that pay income compensation in case of sickness, disability or death. Nearly 10% of establishments (15% of newly covered) declare that they have set up a provident contract in connection with the ANI. Thus, despite the lack of any obligation, the 2013 ANI seems to have indirectly promoted the dissemination of this type of coverage.