QUESTIONS D'ÉCONOMIE DE LA SANTÉ : 2012

Toutes les éditions de l'Irdes suivent un processus de validation. Elles sont relues par des chercheurs et des spécialistes des sujets traités (institutionnels et acteurs de terrain). Présentées lors de séminaires et colloques de recherche français et internationaux, elles sont discutées pour être enrichies.

Les Questions d'économie de la santé font l'objet d'une présentation systématique lors du séminaire interne pouvant réunir tous ces acteurs : les « Mardis de l'Irdes ».

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QUESTIONS D'ÉCONOMIE DE LA SANTÉ : 2012


QES n° 182
2012/12



L'effet des interventions contre la consommation de tabac : une revue des revues de littérature
Grignon M. (Centre for Health Economics and Policy Analysis, McMaster University ; Irdes), Reddock J. (McMaster University)

Cette synthèse de revues de littérature systématiques fait le point des connaissances sur l'efficacité des politiques publiques ou interventions visant à réduire le tabagisme. Sont questionnés les effets des interventions auprès des collégiens et lycéens les prévenant des méfaits du tabac et de son caractère addictif, les hausses de prix dues à la taxe sur les cigarettes, ou encore les effets des traitements et interventions pour aider les fumeurs à arrêter de fumer. Parmi les soixante-quatre revues de littérature identifiées, une majorité porte sur l'arrêt du tabac. Les interventions en la matière sont plus efficaces menées par des professionnels de santé qui fixent une date d'arrêt de fumer et qui prescrivent des substituts nicotiniques. L'aide par téléphone portable ou Internet est également efficace. Par ailleurs, toutes les formes d'aide au sevrage semblent très efficaces en termes de coût. Les hausses de prix supérieures à l'augmentation des revenus moyens diminuent la consommation totale de tabac sans pour autant dissuader fortement l'initiation tabagique. En revanche, les interventions communautaires auprès des jeunes semblent y parvenir et réduire la proportion des fumeurs réguliers.



QES n° 182
2012/12

The Effect of Interventions Targeting Tobacco Consumption: a Review of Literature Reviews
Grignon M. (Centre for Health Economics and Policy Analysis, McMaster University ; Irdes), Reddock J. (McMaster University)

This synthesis of systematic literature reviews provides an update of current knowledge on the effectiveness of public policies or interventions targeting tobacco consumption. The effect of interventions warning secondary school pupils about the harmful effects and addictive nature of smoking, price increases due to cigarette tax increases and the various therapies designed to help smokers stop smoking will be examined more particularly.
Among the sixty four literature reviews identified, the majority deal with smoking cessation. Related interventions are more effective when carried out by health professionals who set a 'quit date' for smoking cessation and prescribe nicotine replacement products. Support for quitting smoking via interventions delivered by mobile phone or the Internet are also effective. Furthermore, all forms of support for cessation of tobacco use appear to be cost effective. Price increases set above average income increases reduce overall tobacco consumption but fail to completely dissuade smoking initiation. By contrast, community youth intervention initiatives appear to be more effective in reducing the percentage of regular smokers.



QES n° 181
2012/11





Panorama de la complémentaire santé collective en France en 2009 et opinions des salariés sur le dispositif
Perronnin M. (Irdes), Pierre A. (Irdes), Rochereau T. (Irdes)

La deuxième édition de l'enquête Protection sociale complémentaire d'entreprise, PSCE 2009, s'inscrit dans un contexte différent de la précédente, réalisée en 2003. Elle dresse un panorama de l'offre de complémentaire santé d'entreprise après la mise en œuvre de la loi Fillon au 1er janvier 2009. Cette loi conditionne les exonérations de charges notamment à la mise en place de contrats obligatoires. PSCE 2009 s'est aussi enrichie d'un questionnaire auprès des salariés recueillant leurs opinions sur cette couverture.
La proportion d'établissements offrant une complémentaire santé collective est passée de 40 % en 2003 à 44 % en 2009. Même si elle enregistre une légère hausse, la diffusion de la complémentaire santé collective reste inégale. Ce sont toujours les établissements de grande taille, ceux employant surtout des cadres, et le secteur de l'industrie qui la proposent le plus souvent.
En ce qui concerne les salariés, 98 % déclarent avoir une complémentaire santé en 2009. Ils sont par ailleurs 74 % à déclarer avoir accès à une complémentaire santé par le biais de leur établissement et 60 % à en bénéficier. Parmi ceux qui en bénéficient, 75 % préfèreraient la conserver plutôt que lui substituer une augmentation de salaire. Les salariés déclarant n'avoir pas accès à une complémentaire santé collective sont majoritairement des salariés à faibles niveaux de salaires, en contrat à durée déterminée ou à temps partiel et des jeunes.



QES n° 181
2012/11



An Overview of Employer-provided Complementary Health Insurance in France in 2009 and Employee Opinions of the Scheme.
Perronnin M. (Irdes), Pierre A. (Irdes), Rochereau T. (Irdes)

The second edition of the Employer-provided Complementary Health Insurance Survey (PSCE 2009) was embedded in a different context than the previous edition conducted in 2003. It provides an overview of complementary health insurance (CHI) offered by companies following the implementation of the Fillon Law on January 1st 2009. With this Law, tax and social security deductions became conditional on the compulsory enrolment of employees on the CHI benefits scheme. PSCE 2009 was also enriched by a questionnaire collecting employees’ opinions on the insurance cover provided.
The percentage of companies offering group CHI contracts increased from 40% in 2003 to 44% in 2009. Even if a slight increase was recorded, the provision of employer-sponsored CHI remained unevenly distributed with a higher percentage of offers in large firms, notably in the industrial sector, and companies employing a high percentage of executives.
In 2009, 98% of employees reported benefitting from CHI in general, and 74% reported having access to employer-provided CHI of which 60% benefitted from it. Of these beneficiaries, 75% preferred to keep it rather than substitute it for a wage rise. Employees reporting not having access to employer-provided CHI were in the majority in the lower age and wage brackets, or on temporary or part-time contracts.



QES n° 180
2012/10





L'évolution des dispositifs de soins psychiatriques en Allemagne, Angleterre, France et Italie : similitudes et divergences.
Coldefy M. (Irdes)

La prise en charge des troubles psychiques, qui concernent un individu sur quatre en Europe, est devenue une priorité des politiques de santé après l'impulsion donnée en 2005 par le plan d'action en santé mentale en Europe de l'Organisation mondiale de la santé. Ce plan encourage un meilleur équilibre entre prise en charge ambulatoire et hospitalière, et le développement des services de proximité.
Depuis les années 1970, la plupart des pays européens sont passés d'une prise en charge dans de grandes institutions à l'intégration du patient dans son environnement à l'aide de soins et de services de proximité. Après avoir montré comment le processus de désinstitutionnalisation des soins psychiatriques s'est opéré à des vitesses et modalités distinctes en Allemagne, Angleterre, France et Italie, sont étudiés l'offre de services, les structures et modes de prise en charge actuels dans ces quatre pays. Ces premiers éléments de comparaison mettent en évidence, outre la difficulté de disposer de données de qualité comparables entre les pays, l'inégal achèvement des politiques de désinstitutionnalisation psychiatrique. Ils pointent également le retard de la France en matière d'intégration de la psychiatrie à l'hôpital général, mais aussi de développement des structures et services d'accompagnement des personnes à l'extérieur de l'hôpital.



QES n° 180
2012/10



The Evolution of Psychiatric Care Systems in Germany, England, France and Italy: Similarities and Differences
Coldefy M. (Irdes)

The treatment of mental illness, affecting one in four Europeans, became a health policy priority under the impetus of the World Health Organisation Mental Health Plan for Europe elaborated in 2005. This plan promoted a more effective balance between inpatient hospital care and outpatient care through the development of community mental healthcare services. Since the 1970’s, the majority of European countries have shifted away from institutionalised care in large mental hospitals to the integration of patients in their living environment through the provision of home and community care services.
After outlining the differences in the speed and scale of deinstitutionalisation of mental health care in Germany, England, France and Italy, we examine the current delivery and structure of mental health services in the same four countries.
Other than the difficulty of obtaining high quality data that are comparable across countries, the first elements of comparison reveal that the pace, scale and completeness of deinstitutionalisation has been uneven. They also point to the fact that France is lagging behind in the integration of psychiatric care in general hospitals and also in the development of mental health facilities and support services for persons treated outside the hospital context.



QES n° 179
2012/09



Comment les soins primaires peuvent-ils contribuer à réduire les inégalités de santé ? Revue de littérature
Bourgueil Y. (Irdes ; Prospere), Jusot F. (Université de Rouen ; Irdes ; Leda-Legos), Leleu H. (Irdes) et le groupe AIR Project

Après avoir rappelé la définition des soins primaires et expliqué leur rôle en tant que principes organisateurs des systèmes de soins pour réduire les inégalités sociales de santé, nous présentons une revue de littérature ciblée sur les interventions efficaces dans ce domaine. Cette revue de littérature a été réalisée dans le cadre du projet européen AIR (Addressing Inequalities Interventions in Regions). Trois champs d'intervention en soins primaires ont été distingués : le premier concerne le développement de la prévention de la santé ; le second, l'amélioration de l'accès financier aux soins en direction de populations spécifiques ; et le troisième, les pratiques qui visent à améliorer la qualité des soins, pour l'ensemble de la population, dans le cadre d'un réaménagement de l'organisation du système de soins.



QES n° 179
2012/09

In What Way Can Primary Care Contribute to Reducing Health Inequalities? A Review of Research Literature
Bourgueil Y. (Irdes ; Prospere), Jusot F. (Université de Rouen ; Irdes ; Leda-Legos), Leleu H. (Irdes) and the AIR project group

After defining primary healthcare and explaining its role as an organisational principal in an integrated health system in reducing social inequalities in health, we present a review of current research literature with a focus on effective initiatives in this domain. This review was carried out within the framework of the European project AIR (Addressing Inequalities Interventions in Regions). Three areas of intervention in the primary care sector were distinguished. The first concerns the development of disease prevention programmes, the second, measures aimed at improving specific populations’ financial access to healthcare, and the third, the introduction of best practice protocols aimed at improving the quality of care for the population as a whole within a framework of health system reorganisation.



QES n° 178
2012/07-08





Comment expliquer les écarts de prix des médicaments similaires ? Une analyse en données de panel 2001-2009
Bergua L. (CHU de Rouen), Cartier T. (Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, Irdes), Célant N. (Irdes), Pichetti S. (Irdes), Sermet C. (Irdes), Sorasith C. (Irdes)

Le débat autour des médicaments similaires, bien que datant des années 1960, reste d'actualité au regard de leur prolifération sur le marché. Ces médicaments - qui ont une structure chimique, un mode d'action thérapeutique et des indications proches du premier entrant de la classe thérapeutique à laquelle ils appartiennent - sont pour certains équivalents sur le plan clinique en raison de l'effet de classe qui les lie alors que d'autres justifient leur présence sur le marché par l'innovation même faible qu'ils contiennent. Si les médicaments similaires sont suffisamment proches du médicament original, leurs prix ne devraient théoriquement pas différer dès lors que l'un des objectifs du régulateur est de rémunérer prioritairement l'innovation thérapeutique. Or qu'en est-il ?
À partir d'une sélection de 31 groupes de médicaments similaires, élaborée et validée par un médecin clinicien, le médecin responsable de l'étude et un pharmacologue hospitalier indépendant de l'étude, il s'agit ici d'étudier et de chercher à expliquer les écarts de prix existant, sur la période 2001-2009, entre le premier entrant dans une classe thérapeutique et les entrants successifs. Les résultats montrent des écarts de prix significatifs entre similaires, avec un écart moyen par groupe de 59 % par rapport au premier entrant. Parmi les facteurs qui influencent le plus les écarts de prix, notons, ce qui est conforme aux règles de fixation du prix du médicament en France, l'innovation thérapeutique. Mais l'ampleur des écarts de prix due à cette innovation souvent minime (+ 16 % pour un degré d'innovation, + 43 % pour deux degrés ou plus) interroge. Par ailleurs, la tarification proportionnelle au dosage accroît fortement les écarts de prix, ce qui se révèle inéquitable pour les patients dont l'état de santé justifie de plus fortes doses. Au vu des expériences étrangères, la question de la gestion des flux d'entrées et de sorties des médicaments similaires pris en charge par la collectivité mérite d'être posée.



QES n° 178
2012/07-08



How to Explain Price Gaps between Me-too Drugs? A 2001-2009 Panel-data Analysis
Bergua L. (CHU de Rouen), Cartier T. (Paris Diderot University, Sorbonne Paris Cité, Irdes), Célant N. (Irdes), Pichetti S. (Irdes), Sermet C. (Irdes), Sorasith C. (Irdes)

Although dating back to the 1960’s, the debate surrounding me-too drugs is still valid today given the continuing proliferation of these drugs on the market. Similar to the originator drug in a given therapeutic class in terms of chemical structure and mechanism of action, some consider these drugs to be therapeutically equivalent due to a ‘class effect’, whereas others justify their presence on the market in terms of innovative content, even minor. If me-too drugs are effectively close to the originator, then theoretically there should be no difference in price between the first-in-class and follow-on drugs given that one of the regulator’s primary objectives is to reward innovation. How do things actually stand?
The aim of this study is to explain price differences between the originator drug and successive follow-on drugs in a given therapeutic class over the period between 2001 and 2009. With an average price gap of 59% per drug group, our results reveal significant price differences between the originator and successive follow-on drugs. In conformity with French drug pricing regulations, one of the main factors determining price gap is therapeutic innovation. Yet, the size of the price gap resulting from even minimal innovation (+ 16% for one degree of innovation, + 43 % for two degrees or more) raises questions. Furthermore, monotonic pricing significantly widens the price gap proving inequitable for patients whose health status justifies stronger doses. In the light of foreign experience, the question of controlling me-too drugs to be included or excluded from the reimbursed drugs basket also deserves being raised.



QES n° 177
2012/06





Arrêts maladie : comment expliquer les disparités départementales ?
Premières exploitations de la base Hygie

Ben Halima M.A., Debrand T., Regaert C. (Irdes)

En 2008, le montant des indemnités journalières versées par l'Assurance maladie obligatoire aux salariés en arrêts maladie s'élevait à 11,3 milliards d'euros, soit plus de 5 % des dépenses de santé en France. Depuis, leur montant a tendance à croître. Par ailleurs, la proportion d'arrêts maladie est très variable selon les départements, passant du simple au double : 13 % dans les Hautes-Alpes à 29 % dans les Ardennes, pour une moyenne de 23 %.
Cette étude cherche à comprendre les raisons de cette variabilité départementale du nombre d'arrêts maladie en utilisant la base de données Hygie. Construite par l'Irdes à partir de la fusion des fichiers de l'Assurance maladie (Cnam) et de l'Assurance vieillesse (Cnav) sur les salariés du secteur privé en France en 2005, cette base permet de croiser des informations jusqu'à présent non disponibles conjointement sur les salariés (carrière professionnelle, consommation médicale, arrêts maladie…) et les établissements qui les emploient (secteur, taille de l'entreprise…).
Après avoir décrit les caractéristiques des salariés ayant pris des arrêts maladie et les différentes causes de ces arrêts, une analyse économétrique est menée afin d'expliquer les principaux déterminants de ces disparités départementales en matière d'arrêts de travail à partir de deux types de variables : les variables de composition, constituées des caractéristiques individuelles des salariés et de l'établissement qui les emploie ainsi que du régime assurantiel dont ils bénéficient ; et les variables de contexte décrivant le département (taux de chômage, offre médicale) et le contexte de chaque établissement au sein d'un même département (salaire relatif et conditions de travail).



QES n° 177
2012/06



Sick Leave: What Explanation for Disparities between French Departments?
First exploitation of the Hygie database

Ben Halima M.A., Debrand T., Regaert C. (Irdes)

In 2008, the amount paid out by statutory National Health Insurance for daily sick leave benefits in France totalled 11.3 billion Euros representing over 5% of total health expenditures. Since 2008, these expenditures have shown an upward trend. Furthermore, the proportion of employees on sick leave varies considerably from one department to the next: from 13% in the Hautes-Alpes to 29% in the Ardennes, for an average of 23%.
This study attempts to shed light on the reasons for inter-departmental differences in sick leave rates using the HYGIE database. Constructed by IRDES from the merger of Health Insurance (CNAMTS) data and Pension Fund (CNAV) data for private sector employees in France in 2005, this database enables cross-referencing data never previously available conjointly on both employees (professional career, medical consumption, sick leave…) and the firms employing them (sector of activity, company size…).
Following a description of employee characteristics and their different motives for taking sick leave, an econometric analysis is carried out to explain the key determinants of inter-departmental disparities in sick leave rates using two types of variable: composition variables made up of employees’ individual characteristics, those of the firms employing them and the insurance regime from which they benefit, and context variables providing departmental characteristics (unemployment rate, medical services supply) and the environment in which each firm operates within a same department (relative salary and working conditions).



QES n° 176
2012/05



Comment pérenniser une ressource en voie de raréfaction ? Enseignements d'une comparaison des politiques d'aide aux aidants des personnes âgées dépendantes en Europe
Naiditch M. (Irdes)

La délivrance de l'aide et l'accompagnement des personnes âgées en perte d'autonomie, bien que différant d'un pays européen à l'autre, ont un point commun : les aidants (familiaux ou proches) y occupent une place prépondérante. S'assurer de façon pérenne de leur présence constitue un enjeu majeur notamment du fait qu'ils contribuent à atténuer le montant du financement de la dépendance. La mise en place d'une politique d'aide aux aidants en Europe est donc considérée comme une des composantes essentielles de la politique de prise en charge des personnes âgées dépendantes.
Dans le cadre du programme de recherche européen Interlinks, un groupe de travail s'est interrogé sur la possibilité d'isoler et de décrire un ensemble de mesures qui dessinerait l'ossature d'une politique spécifique « d'aide aux aidants ». Comment évaluer l'impact de cette politique sur ses destinataires ? Comment juger de sa capacité à s'intégrer de façon synergique à celle destinée aux personnes âgées en perte d'autonomie ? Afin de répondre à ces questions, un cadre conceptuel a été élaboré. Il a abouti à une classification originale des différents types de mesures de support à partir de critères dont le principal distingue les mesures dites spécifiques, ciblant uniquement les aidants, de celles dites non spécifiques, visant simultanément aidants et aidés.
Les premiers résultats montrent qu'à l'exception des pays scandinaves et des Pays-Bas, il n'y a pas de véritable politique d'aide aux aidants répondant aux besoins et attentes des aidants tout en s'insérant dans la politique globale d'aide aux personnes âgées en perte d'autonomie.



QES n° 176
2012/05

Protecting an Endangered Resource? Lessons from a European Cross-Country Comparison of Support Policies for Informal Carers of Elderly Dependent Persons
Naiditch M. (Irdes)

Although important inter-country differences exist in organisations for the delivery of care and support to dependent elderly people, the contribution of informal carers (family or friends) predominates everywhere. LTC policies focusing on the disabled older population are thus facing a major challenge in how to ensure their continued contribution over the long term. This is particularly crucial because of the role informal carers play in reducing the costs of LTC. The implementation of policy measures addressing the needs of informal carers in Europe is therefore considered a major component of policies focused on meeting the needs of dependent older persons.
Within the framework of the European research programme INTERLINKS, a working group examined the possibility of identifying and describing a series of measures that would constitute the backbone of a specific policy for supporting informal carers. How does one evaluate the impact of such a policy on its beneficiaries? How does one judge its capacity to act synergistically with policies addressing the needs of elderly people in need of care? To answer these questions, a conceptual framework was created for the classification of measures intended at supporting informal carers. It was based on several criteria – the primary distinguishing criterion being defined as measures targeting only informal carers (specific measures) on the one hand, and measures targeting both carers and care recipients (non-specific measures) on the other.



QES n° 175
2012/04



Le territoire, un outil d'organisation des soins et des politiques de santé ? Évolution de 2003 à 2011
Coldefy M. (Irdes), Lucas-Gabrielli V. (Irdes)

En 2003, lors de l'élaboration des Schémas régionaux d'organisation des soins de troisième génération (Sros 3), le territoire de santé devient le cadre réglementaire de l'organisation des soins, se substituant à la carte sanitaire créée en 1970. Le territoire de santé est pensé comme un élément structurant de l'organisation des soins encadré par des objectifs quantifiés de l'offre de soins et un projet médical de territoire ; il est également un espace de concertation entre acteurs de santé à travers les conférences sanitaires de territoire.
Dans ce nouveau contexte, les régions sont incitées à repenser le territoire et son découpage. D'abord centré sur l'hôpital avec les agences régionales de l'hospitalisation (ARH), le territoire est ensuite élargi à des activités de santé publique et d'accompagnement médico-social dans le cadre de la loi Hôpital, santé et territoires (HPST) de 2009, avec les Agences régionales de santé (ARS). Comment les régions ont-elles fait évoluer ce maillage ? Un panorama de la territorialisation en santé de 2003 à 2011.



QES n° 175
2012/04

The Health Area, a Planning Tool for the Organisation of Care Supply and Health Policy? Evolutions from 2003 to 2011.
Coldefy M. (Irdes), Lucas-Gabrielli V. (Irdes)

In 2003, during the preparation of the third generation Regional Strategic Health Plan (SROS 3), the Health Area was established as the regulatory framework for the organisation of healthcare, replacing the Health Map created in 1970. The health area is conceived as the key component in the organisational structure of healthcare framed by quantified care supply objectives, an area medical project, and Regional Health Conferences created to provide a consultative space promoting cooperation between different health sector players.
In this new context, regions are incited to rethink the geographical zoning of health areas. Initially centred on hospital facilities with the creation of the Regional Hospital Agency (ARH), the health area concept was then extended to include other public health and medico- social services within the framework of the 2009 Hospital, Patients, Health and Territories Act, and the creation of Regional Health Agencies (ARS). In what way have regions developed this care supply network? A panoramic view of the regionalisation of health services from 2003 to 2011.



QES n° 174
2012/03





L'Accessibilité potentielle localisée (APL) : une nouvelle mesure de l'accessibilité aux médecins généralistes libéraux
Barlet M. (Drees), Coldefy M. (Irdes), Collin C. (Drees), Lucas-Gabrielli V. (Irdes)

Cette étude propose un indicateur original et enrichi de mesure de l'accessibilité spatiale aux soins, appliqué ici aux médecins généralistes libéraux. Cet indicateur, l'Accessibilité potentielle localisée (APL), tient compte du niveau d'activité des médecins pour mesurer l'offre et du taux de recours différencié par âge des habitants pour mesurer la demande. Il s'agit d'un indicateur local, calculé au niveau de chaque commune mais qui considère également l'offre de médecins et la demande des communes environnantes.
L'indicateur d'Accessibilité potentielle localisée (APL) aux médecins généralistes libéraux présente une plus grande variabilité que les indicateurs d'accessibilité habituellement utilisés (temps d'accès, densité par bassin de vie…). En 2010, l'Accessibilité potentielle localisée (APL) est, en moyenne, de 71 équivalents temps plein (ETP) de médecins généralistes médicaux pour 100 000 habitants en France, mais elle est inférieure à 31 ETP pour 100 000 habitants pour les 5 % d'habitants ayant l'accessibilité la plus faible et supérieure à 111 pour les 5 % d'habitants ayant l'accessibilité la plus élevée.
L'Accessibilité potentielle localisée (APL) aux médecins généralistes libéraux est, en moyenne, plus élevée pour les habitants des communes urbaines. Au sein de ces communes, les habitants des moyens ou petits pôles ont une meilleure accessibilité (81 ETP pour 100 000 habitants) que ceux des grands pôles (75 ETP pour 100 000 habitants). Au sein des communes rurales, les communes rurales isolées ont une accessibilité plus élevée (63 ETP pour 100 000 habitants) que les communes rurales situées en périphérie des pôles (52 ETP pour 100 000 habitants).



QES n° 174
2012/03



Local Potential Accessibility (LPA): A New Measure of Accessibility to Private General Practitioners
Barlet M. (Drees), Coldefy M. (Irdes), Collin C. (Drees), Lucas-Gabrielli V. (Irdes)

This study proposes an innovative and enriched indicator to measure spatial accessibility to healthcare, in this case applied to private general practitioners. The Local Potential Accessibility (LPA) indicator measures the supply of and demand for general practice (GP) services by taking into account practitioners’ volume of activity on the one hand, and service use rates differentiated by population age structure on the other. Although this is a local indicator calculated at municipal level, it also takes into consideration supply and demand factors in neighbouring municipalities.
The Local Potential Accessibility (LPA) to private GPs indicator reveals a greater degree of variability than the traditionally used accessibility indicators (travel time, level of GP density in living areas…). In 2010, the LPA indicated an average 71 full-time equivalent (FTE) GPs per 100,000 inhabitants in France, but less than 31 FTE per 100,000 inhabitants for the 5% of the population with the lowest accessibility to GPs, and over 111 FTE for the 5% of the population with the highest accessibility.
The Local Potential Accessibility (LPA) to private GPs indicator is on average higher for populations living in urban municipalities. Within these municipalities, the inhabitants of small or average urban centres have better accessibility (81 FTE per 100,000 inhabitants) than those living in large urban centres (75 FTE per 100,000 inhabitants). Among rural municipalities, those ‘isolated’ have higher accessibility (63 FTE per 100,000 inhabitants) than outer suburb municipalities (52 FTE per 100,000 inhabitants).



QES n° 173
2012/02





Les bénéficiaires de la CMU-C déclarent plus de pathologies que le reste de la population.
Résultats des enquêtes ESPS 2006-2008

Allonier C. (Irdes), Boisguérin B. (Drees), Le Fur P. (Irdes)

Les bénéficiaires de la CMU-C, plus jeunes et plus souvent des femmes, se déclarent en moins bonne santé que le reste de la population selon les résultats des Enquêtes santé et protection sociale 2006 et 2008. À âge et sexe équivalents, ils mentionnent plus de pathologies que le reste de la population, jusqu'à deux fois plus pour certaines affections comme la dépression et le diabète. L'exposition aux facteurs de risque comme le tabac et l'obésité est également plus élevée au sein de cette population, 1,6 fois supérieure au reste de la population pour le tabac et 1,7 fois pour l'obésité, en lien avec les affections digestives hautes et maladies cardiovasculaires qu'ils déclarent davantage.
Parmi les principaux motifs de la dernière consultation chez un médecin généraliste ou spécialiste, les maux de dos, la dépression, les problèmes respiratoires, digestifs et hépatiques sont plus fréquemment évoqués par les bénéficiaires de la CMU-C, conformément aux pathologies déclarées. En revanche, alors qu'ils déclarent davantage souffrir de maladies de l'oreille et des dents, ils invoquent moins que les autres ces motifs de recours.



QES n° 173
2012/02



CMU-C Beneficiaries Self-report more Illness than the Rest of the Population
Results of the ESPS 2006-2008 surveys

Allonier C. (Irdes), Boisguérin B. (Drees), Le Fur P. (Irdes)

The results of the 2006 and 2008 Health, Healthcare and Insurance surveys reveal that CMU-C beneficiaries, who tend to be younger and count a higher percentage of women, self-report a poorer health status than the rest of the population. At equivalent age and gender, the incidence rate of self-reported illnesses is higher among CMU-C beneficiaries than among rest of the population, which for certain disorders such as depression and diabetes can be twice as high. Exposure to health risk factors such as tobacco consumption and obesity is also higher among CMU-C beneficiaries than the rest of the population: 1.6 times higher for tobacco consumption and 1.7 for obesity, in accordance with the higher self-reported incidence rate of upper digestive tract disorders and cardiovascular diseases.
Among the motives for their last consultation with a general practitioner or specialist, backache, depression, respiratory, digestive and hepatic disorders are more frequently evoked by CMU-C beneficiaries, in accordance with the self-reported diseases. On the contrary, whereas they more frequently declare suffering from illnesses of the ear and teeth, they are less frequently evoked as motives for consulting a GP.



QES n° 172
2012/01



État de santé et recours aux soins des immigrés : une synthèse des travaux français
Berchet C., Jusot F. (Leda-Legos, Université Paris-Dauphine ; Irdes)

Cette étude propose une synthèse des travaux français portant sur l'état de santé et le recours aux soins des migrants depuis une trentaine d'années. Malgré la divergence des résultats de la littérature - due notamment à la diversité des indicateurs utilisés et des périodes considérées -, cette synthèse souligne l'existence de disparités entre les populations française et immigrée. De meilleur, l'état de santé des immigrés est devenu moins bon que celui des Français de naissance. Ces différences sont plus marquées chez les immigrés de première génération, les femmes, et varient selon le pays d'origine. Un moindre recours aux soins de ville et à la prévention a également été constaté.
Si des phénomènes de sélection liés à la migration permettent d'expliquer le meilleur état de santé initial des immigrés, leur situation économique fragilisée dans le pays d'accueil ainsi que la détérioration du lien social contribuent notamment à la dégradation de leur état de santé et à leur moindre recours aux soins.
Ce constat appelle la mise en œuvre de politiques de santé publique adaptées visant à améliorer l'état de santé et l'accès aux soins des populations d'origine étrangère, notamment à travers la prévention, le développement d'actions de proximité et de simplification de l'accès à certains droits et dispositifs tels que la Couverture maladie universelle ou l'Aide médicale d'État.



QES n° 172
2012/01

Immigrants' Health Status and Use of Healthcare Services: A Review of French Research
Berchet C., Jusot F. (Leda-Legos, Paris-Dauphine University; Irdes)

This study presents a review of French research on immigrants’ health status and use of healthcare services over the last thirty years. Despite diverging results, notably due to the diversity of indictors used and the periods considered by the literature, this review reveals a number of disparities between the French and immigrant populations. Compared with the native French population, immigrants’ health status has deteriorated over the last thirty years and disparities seem to be more important among first generation immigrants and women but also tend to vary according to country of origin. Likewise, a lower rate of use to office-based medical practices and prevention services among immigrants is noted.
Although the migration selection effect explains the better initial health status of immigrants, their more disadvantaged economic situation and loss of social connections in the host country contribute to their health status deterioration and their lower use of healthcare services.
These conclusions call for the implementation of adapted health policies aimed at improving access to healthcare for foreign born population, notably through prevention, the development of community actions, and the simplification of access to certain rights such as Universal Health Insurance (CMU) or State Medical Assistance (AME).